lundi 19 septembre 2011

Fusus al-Hikam : Le chaton d’une sagesse de l’âme dans un verbe de Yûnus (Jonas)





1. Sache que cette constitution humaine dans sa perfection : esprit, corps et âme (2), Allâh l’a créée selon Sa Forme. Le pouvoir de « dénouer » cet ensemble (3) appartient uniquement à Celui qui l’a créé (4) ; soit (qu’il fasse mourir) de Sa propre Main – ce qui est toujours le cas en réalité (5) – soit (que la mort donnée) en vertu de Son Ordre. Celui qui s’attribue ce pouvoir sans en avoir reçu l’ordre d’Allâh se fait tort à lui-même (6), transgresse la limite qu’Allâh a fixée à son sujet (7), et entreprend de détruire (8) celui (9) qu’Allâh a ordonné d’édifier (10).
Sache que cette clémence à l’égard des serviteurs d’Allâh est plus digne de celui qui a la charge de les garder qu’un zèle Allâh (11).


2. Dâwûd – sur lui la Paix ! – voulut construire le Temple de Jérusalem (12) et entreprit sa construction à maintes reprises, mais chaque fois qu’il était sur le point de l’achever, celui-ci s’écroulait. Il s’en plaignit auprès d’Allâh qui lui répondit par voie d’inspiration : « Cette Maison qui est Mienne ne sera pas érigée par les mains de quelqu’un qui a versé le sang. » Dâwûd dit alors : « O Seigneur, cela n’a-t-il pas été fait pour toi ? (13) » (Allâh) répondit : « Certes ! Mais ceux (que tu as tués) n’étaient-ils pas Mes serviteurs ? » (Dâwûd) reprit : O Seigneur, fais-la construire alors par quelqu’un de ma descendance ». Allâh lui révéla par voie d’inspiration : « C’est ton fils Sulaymân qui la construira. »
Le but de cette histoire est de montrer les égards qu’il faut avoir pour la (14) constitution humaine ; il est préférable de maintenir son existence que de la détruire.

3. Considère les ennemis de la religion : Allâh les a soumis à l’impôt (islamique) et a prescrit la conciliation afin de les épargner en disant : Et s’ils s’inclinent vers la paix, fais de même et remets (l’affaire) à Allâh (15).
Considère celui contre lequel on est en droit d’exiger le talion : il est prescrit à qui a la charge de venger le sang (16) d’accepter une rançon ou d’effacer (17) ; c’est (uniquement) s’il refuse (une de ces deux solutions) que la sentence sera exécutée.
Considère (Dieu) – gloire à Sa transcendance !- dans le cas où ils sont plusieurs à avoir cette charge et que l’un deux se satisfait du prix et efface, alors que les autres ne veulent rien que la mise à mort, comme Il marque Sa considération pour le premier et lui donne la prépondérance sur ceux qui ne pardonnent pas, de sorte que le talion n’est pas infligé.
Considère (le Prophète) – sur lui la Paix !- qui a dit au sujet de celui qui était en possession de la ceinture (18) : « S’il le tue, il est pareil à lui ! » (19)
Considère (Dieu) disant : La compensation d’une mauvaise action est une mauvaise action semblable à elle… (20). Il a défini le talion comme une mauvaise action (21) ; autrement dit : un tel acte est un mal, bien qu’il soit légal… tandis que celui qui efface et amende (22) son salaire est à la charge d’Allâh. En effet, celui qui bénéficie (de ce pardon) (23) est selon « Sa Forme ». Le salaire de celui qui l’accorde et renonce à mettre à mort est à la charge de Celui selon la Forme duquel est le bénéficiaire, et qui a plus de droit (au pardon) que celui-ci puisqu’Il l’a constitué (tel qu’il est) pour Lui : Il ne peut Se manifester par le Nom « l’Extérieur » qu’au moyen de la réalité actuelle de l’homme (24). Celui qui a des égards pour l’homme n’a en réalité d’égards que pour Dieu.

4. Ce qui est blâmable dans l’homme n’est pas son être (25) mais les actes qu’il commet ; ses actes ne sont pas son être, et c’est de son être que nous parlons.
Aucun acte qui n’appartienne à Allâh ; néanmoins certains sont blâmés (26), d’autre sont loués. Le langage du blâme qui procède des motifs individuels (27) est lui-même blâmé auprès d’Allâh. Le seul blâme (légitime) est celui que la Loi sacré prononce, car il est motivé par une sagesse connue d’Allâh et à ceux à qui Allâh l’a fait connaître. Ainsi, il a prescrit le talion en vue d’un double avantage : maintenir le genre humain et retenir ceux qui voudraient transgresser les limites fixées par Allâh à son sujet (28) ; Et il y a pour vous dans le talion une vie, ô vous qui êtes doués de moëlle, (29) (c’est-à-dire) ceux qui connaissent la moëlle des choses (30) et qui ont trouvé le secret des Lois (31) divines et humaines (32).

5. Si tu possèdes la science des égards qu’Allâh a pour cette constitution humaine et pour son maintien (33), à plus forte raison dois-tu en avoir, toi aussi, car c’est en cela que réside ta propre félicité. Tant que l’homme demeure en vie, on peut espérer de lui l’obtention de la perfection (34) pour laquelle il a été créé ; celui qui entreprend de le détruire l’empêche d’obtenir ce pour quoi il a été créé.

6. Comme est admirable cette parole de l’Envoyé d’Allâh – qu’Allâh répande sur lui Sa grâce et Sa Paix ! - : « Ne vais-je pas vous apprendre ce qui est meilleur et préférable pour vous que d’aller à la rencontre de vos ennemis pour les massacrer et qu’ils vous massacrent ? L’invocation d’Allâh ! » En effet, seul celui qui pratique l’invocation d’Allâh telle qu’elle est requise de lui connaît la valeur de la (35) constitution humaine car le Très-Haut « est le Compagnon » (36) de celui qui l’invoque ». Le Compagnon est contemplé (directement) par celui qui pratique l’invocation ; tant qu’il ne contemple pas Dieu qui est son Compagnon, il ne la pratique pas (véritablement), car l’invocation d’Allâh (est celle qui) pénètre le serviteur dans sa totalité (37). (Ce hadîth ne concerne donc) pas celui qui L’invoque uniquement par sa langue, car, à ce moment, Dieu est uniquement le « Compagnon de sa langue » : la langue le voit, mais l’homme ne Le voit pas par le moyen (habituel) de la vue, qui est le regard. (38)

Comprend donc ce secret relatif à l’invocation de ceux qui sont distraits. Ce qui, chez le distrait, pratique l’invocation est « présent » (39) sans aucun doute ; et l’objet de son invocation est son Compagnon, de sorte qu’il Le contemple ; mais le distrait en tant que tel, ne pratique pas l’invocation : (Allâh) (40) n’est pas le Compagnon du distrait.

L’homme est multiple ; son être n’est pas un. Dieu est Un dans Son Etre et multiple par Ses Noms comme l’homme l’est par ses membres. L’invocation d’une partie n’implique pas celle des autres (41). Dieu est le Compagnon de la partie de l’homme qui pratique effectivement l’invocation, tandis que les autres demeurent qualifiées par la distraction. (42) Du reste, il faut nécessairement qu’il y ait dans l’homme une partie qui pratique l’invocation (d’Allâh) ; et que Dieu soit le Compagnon de cette partie de sorte qu’Il puisse accorder aux parties restantes une sauvegarde providentielle.

7. Dieu n’assume (en rien) la destruction de la constitution (humaine) au moyen de ce qu’on appelle « mort » (43) Celle-ci n’est pas un anéantissement mais uniquement une séparation (44) (par laquelle Dieu) le (45) ramène à Lui ; c’est uniquement cela qui est voulu (46) : …et vers Lui retourne l’Ordre tout entier (47). Quand Il le ramène à Lui, Il « dispose harmonieusement » (48) pour lui (un corps) composé (49) différent de celui-ci, approprié à la Demeure vers laquelle il se dirige, et qui est celle de la permanence. La présence de l’équilibre (au sein de cette condition nouvelle) empêche toute séparation des parties (entrant dans sa composition), de sorte que (l’être) ne meurt plus jamais.

8. Quant aux « Gens du feu » (50), le terme auquel ils aboutissent est la félicité, mais à l’intérieur du feu ; car celui-ci, lorsque la durée du châtiment se sera écoulée, prendra nécessairement la forme de la fraîcheur et du salut (51) pour ceux qui y seront plongés ; telle est, en effet, la félicité qui leur est propre.

La félicité des « Gens du feu » après l’exécution complète des peines légales est celle de l’Ami-intime d’Allâh (52). Lorsqu’il fut jeté dans le feu, sa seule souffrance – sur lui la Paix !- fut de le voir, car il partageait la science et la conviction habituelles selon lesquelles le feu est une cause de douleur (53) pour les êtres du règne animal qui s’en approchent ; il ignorait ce qu’Allâh voulait pour lui dans le feu et grâce à lui (54). Après les souffrances initiales (55), il le trouva « frais et salutaire », bien qu’il vit encore sa forme rougeoyante (56). Cela (uniquement) pour lui, car le feu demeure tel (57) aux yeux des (autres) hommes. Une chose unique peut prendre des apparences différentes pour ceux qui la regardent.

9. Il en est ainsi de la Théophanie (58). Dès lors, tu peux dire, si tu veux : « Allâh Se manifeste théophaniquement d’une manière semblable (à ce feu) » (59) ; et, si tu veux, tu peux dire aussi : « Le monde, lorsqu’on le regarde tel qu’il paraît et tel qu’il est (60), est semblable à ce qu’est Dieu dans la Théophanie » (61) (Autrement dit : )ou bien le monde se diversifie aux yeux de ceux qui (le) regardent (62) en fonction de leurs natures propres (63) ; ou bien ce sont ces natures mêmes qui se diversifient en fonction des théophanies. Tous ces points de vues sont légitimes au regard des réalités principielles (64).

10. Si celui qui meurt ou qui est tué – quels qu’ils soient l’un ou l’autre – ne « retournait pas à Allâh » (65), Allâh ne déciderait ni ne prescrirait légalement la mort de personne. Le tout est dans Sa possession (66). Personne n’est perdu pour ce qui Le concerne. S’Il prescrit ou décide la mort, c’est parce qu’il sait que Son serviteur ne Lui manquera pas et reviendra vers Lui conformément à Sa parole : « et c’est à Lui que revient l’ordre tout entier » (67) ; c’est-à-dire : c’est sur Lui (68) que s’exerce le gouvernement ésotérique et ce n’est que Lui (69) qui gouverne. Rien ne sort de Lui qui ne soit Son Etre (70) ; ou plutôt c’est Son Ipséité (71) qui est l’être de cette chose. Tel est le sens que le dévoilement initiatique confère à Sa parole : « et c’est à Lui que revient l’ordre tout entier » (72).






(1) âme : selon la lecture nafs, généralement adoptée ; mais on peut lire aussi nafas (souffle, respiration). Jâmî indique que cette seconde lecture est celle d’un manuscrit vérifié par Ibn Arabî.
(2) Nafs. La présence de ce terme au début du texte confirme la signification retenue pour le titre. L’âme est intermédiaire entre le corps et l’esprit tout comme l’homme primordial l’est entre l’état d’existence dont il est le centre et l’Esprit divin.
(3) Nizâm ; littéralement : « composition, structure ». Allusion à la mort qui peut être envisagée comme un dénouement du « nœud vital » ; cf. René Guénon, Symboles fondamentaux de la Science sacrée, chap. LXVIII.
(4) Littéralement : « qui l’a créée » (sous-entendu : cette constitution).
(5) Littéralement : « et il n’y a que cela ». Allusion à Cor.39.42 : Allâh reprend les âmes au moment de leur mort.
(6) Allusion à Cor.65.1 : Celui qui transgresse les limites fixées par Allâh en vérité se fait tort à lui-même.
(7) Les commentateurs comprennent : « au sujet de cette constitution », seul Nâbulsî comprend : « au sujet de cette manière d’agir ».
(8) Allusion à Cor.2.114 : Qui est plus injuste que celui qui empêche que Son Nom soit invoqué dans les Mosquées d’Allâh, et qui entreprend de les détruire. Cette allusion est particulièrement significative car elle confirme la présence ici d’un symbolisme constructif, évoqué aussi par le terme ’imâra (édification) et par le contenu du paragraphe 2.
(9) oc « ce » selon Bâlî qui lit mâ plutôt que man.
(10) Littéralement : « dont Allâh a ordonné la construction » ; on pourrait comprendre aussi : « dont Il a ordonné la prospérité », si on lit ‘amâra au lieu de ‘imâra.
(11) Sous entendu : qui conduirait à les mettre à mort.



(12) Al-bayt al-muqaddas ; littéralement : « la maison sanctifiée ».
(13) Littéralement : dans Ta voie.
(14) Littéralement : cette.

(15) Cor.8.61.
(16) Walî ad-dam.
(17) Sous-entendu : le châtiment de la peine capitale.
(18) Nis’a ; il s’agit d’un lien fait d’une pièce de cuir assez large.
(19) Quelqu’un avait été tué au moyen d’une ceinture qu’il possédait et qui fut trouvée dans la main d’un homme que le Walî ad-dam voulut mettre à mort. Le Prophète – sur lui la Grâce et la Paix ! – dit alors : « S’il le tue, il est pareil à lui » (sous-entendu : dans l’injustice, car il met à mort sans preuve légale).
(20) Cor.42.40.
(21) Semblable à celle qu’il est censé compenser.
(22) Aslaha ; c’est-à-dire en réprimandant celui qui est sous une menace de mort.
(23) Grammaticalement, on pourrait comprendre aussi que c’est celui qui pardonne qui est selon la Forme divine, mais le contexte désigne indubitablement le bénéficiaire du pardon.
(24) Littéralement : de sa réalité actuelle.
(25) Li-‘ayni-hi.
(26) Nâbulusî considère que le verbe est l’actif : « néanmoins Allâh en blâme certains ».
(27) ‘Alâ jihati-l-gharad.
(28) Au sujet du genre humain ou au sujet du talion.
(29) Cor.2.179.
(30) Littéralement : « les Gens de la moëlle ».
(31) Nawâmîs. Les commentateurs y voient un simple équivalent de sharâ’i’.
(32) Hikmiyya ; littéralement : « sapientiales ». Les premières sont réalisées en vertu d’une inspiration directe « au moyen d’un organe prophétique d’élection providentielle » (cf. l’introduction de Michel Vâlsan au Livre de l’Extinction) ; les secondes qui contiennent un élément de spéculation et de sagesse « humaine », n’ont pas la même pureté traditionnelle.
(33) Ce paragraphe apparaît comme une conclusion des trois premiers, et le paragraphe 4 comme une incidente
(34) Littéralement : « de l’attribut (sifa) de la perfection ».
(35) Littéralement : « de cette constitution humaine (qui est la nôtre) ».
(36) Jâlis : référence au hadîth qudsî « Je suis le Compagnon de celui qui pratique Mon invocation » ; cf. La Niche des Lumières, p.76, le 3ème khabar.
(37) Par l’invocation véritable, qui actualise la Présence divine dans toutes les parties de son être, l’homme prend conscience du fait qu’il est constitué et manifesté selon la Forme divine, et il obtient par là la Béatitude suprême. Cette excellence totalisatrice ne s’acquiert que « dans » et « par » la constitution humaine synthétique car, après la mort, seuls subsistent, pour ceux qui n’ont pas atteint la Délivrance, les délices paradisiaques qui sont limités et conditionnés.
(38) Bi-mâ huwa râ’in wa huwa-l-basar. Selon cette interprétation, le premier huwa se rapporte à celui qui pratique le dhikr « partie » et imparfait, et le second à mâ : ce par quoi l’homme voit (de manière habituelle), c’est-à-dire le regard. Toutefois, les mots wa huwa-l-basar sont absents de certains manuscrits, ce qui permet de rapporter le premier huwa au mot lisân (langue) ; on traduit alors : « La langue Le voit là ou l’homme ne le voit pas, par le regard qui lui est propre ». Cette version est présentée par Bâlî comme une alternative à la première qui est généralement adoptée.
(39) C’est-à-dire « contemplant », non « distrait » ; en l’occurrence la langue.
(40) Littéralement : « Il », mais il faut comprendre « Allâh » puisqu’il est question de l’invocation d’ « Allâh », le Nom totalisateur et universel. Rappelons les « Mosquées d’Allâh où Son Nom est invoqué » qui ont été mentionnées supra, note 8.
(41) Littéralement : d’une autre.
(42) Littéralement : « par l’oubli de l’invocation ».
(43) Ce paragraphe et ceux qui suivent répondent à une objection sous-entendue.
(44) C’est-à-dire une séparation des parties entrant dans la composition de l’être humain, telles qu’elles ont été énumérées au début du texte.
(45) Le serviteur ; ou le défunt.
(46) On peut sous-entendre « pour le serviteur » ou au « moyen de la mort ».
(47) Cor.11.123.
(48) Sawwâ : c’est le vocable coranique utilisé à propos de la constitution originelle de l’homme.
(49) C’est la lecture « murakkab », terme répété deux fois : à propos de la composition de l’être en ce monde et à propos de cette « composition » nouvelle opérée pour lui dans la vie future. Nâbulusî propose la variante markab « vaisseau », ou même « monture », par référence implicite à la baleine de Yûnus.
(50) C’est-à-dire les damnés.
(51) Allusion à Cor.21.69.
(52) C’est-à-dire Ibrâhîm.
(53) Littéralement une forme qui fait souffrir.
(54) Il ignorerait, avant d’y être jeté, que le feu lui paraîtrait froid et qu’il tirerait de lui une science nouvelle.
(55) Souffrances qui n’étaient dues qu’à sa propre ignorance.
(56) Littéralement : « colorée » (lawniyya). Qâchânî, Nâbulsî et Jâmî adoptent la variante kawniyya (existentielle).
(57) C’est-à-dire brûlant et destructeur.
(58) Al-tajallî al-ilâhî. Ce paragraphe est une incidente à l’intérieur du développement qui débute au paragraphe 7.
(59) C’est-à-dire qu’à une théophanie unique correspondent des perceptions diverses.
(60) Fi-n-nazar ilay-hi wa fî-hi. Selon Bâlî, le premier terme (“tel qu’il paraît ») se rapporte au degré des attributs divins, et le second (« tel qu’il est ») au degré de l’Essence.
(61) Selon cette perspective, les théophanies sont multiples, leur diversité correspondant à celle des « réceptacles » ou des « natures propres » des êtres qui entrent dans la composition du monde.
(62) Le texte est au singulier : « pour l’œil de celui qui le regarde ».
(63) Alors que, selon la réalité véritable, il est le support d’une théophanie unique qui est celle d’al-wujûd.
(64) Seul le cœur de l’Homme Parfait les réunit tous, car les modifications constantes de sa forme en fonction des théophanies dont il est le support n’affectent pas son unité essentielle (cf. chap 12, §3).
(65) Le texte ajoute : « lorsqu’il meurt ou lorsqu’il est tué ».
(66) Fî qabdati-Hi ; littéralement : « dans Sa prise ou dans Sa poignée ».
(67) C’est la reprise, à titre de conclusion, du verset cité au §7.
(68) En tant qu’il s’identifie à l’Ordre, autrement dit à la Réalité actuelle.
(69) Huwa.
(70) ‘Aynu-Hu.
(71) Huwwiyatu-Hu.
(72) Toute chose retourne à Lui car toute chose procède de Lui et ne cesse jamais de Lui appartenir dans son essence.




(Ibn Arabî - Le Livre des chatons des sagesses – traduction, notes et commentaires de Charles-André Gilis ; p.505-512).

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