mercredi 16 mars 2016

Abd Ar-Razzâq Yahyâ (Ch.A.Gilis) - La Géométrie mystérieuse des Grands Architectes - Mâ al-Bannâ' ?





"Paru dans la Règle d'Abraham num . 1 en 1996


MÂ AL- BANNÂ ?

Cette expression arabe est l'équivalent de l'hébreu Ma-Haboneh dont la formule maçonnique Mac-Benac est une déformation tardive.(NDLR).


Dans le numéro 218 des Études Traditionnelles , René Guénon, critiquant sévèrement un ouvrage d'Alfred Dodd intitulé Shakespeare Creator of Freemasonry dans lequel l'auteur s'efforçait de montrer que celui-ci était le fondateur de la Maçonnerie moderne, terminait son compte-rendu par ces mots :"Que penser du sérieux d'une organisation qui n'aurait pas d'autre grand secret à garder que celui de l'identité de son fondateur ? Ce n'est certes pas par le nom d'une individualité quelconque, quand bien même ce serait celui d'un "grand homme", qu'on répondra jamais valablement à la question posée par un mot qui a été déformé de tant de façons diverses, question qui d'ailleurs, chose curieuse, se lit en arabe encore plus clairement qu'en hébreu : Mâ el-Bannâ". Cette question présente pour la Maçonnerie un intérêt évident puisqu'elle porte, ainsi que le suggère le texte où elle figure, sur l'identité véritable de son fondateur. D'autre part, il n'est pas indifférent qu'elle ait été effectivement formulée en arabe, langue de la révélation coranique, car cette particularité permet d'éclairer sous un jour nouveau les rapports complexes entre l'ésotérisme islamique et l'Ordre maçonnique qui, à diverses époques, et notamment depuis le siècle dernier jusqu'à nos jours, ont joué, pour ce qui regarde le sort et le statut traditionnel de l'Occident, le rôle majeur que l'on sait. Sans doute est-ce uniquement par un souci de discrétion que René Guénon présente l'indication qu'il donne comme une simple curiosité alors qu'elle renferme, comme nous espérons le montrer, un enseignement particulièrement significatif. Nous commencerons par examiner les termes dans lesquels la question est formulée. Mâ (quoi?) est un pronom interrogatif qui s'emploie habituellement pour les choses alors que man (qui?) s'emploie exclusivement pour les personnes. Il est admis toutefois, que dans la langue ancienne, mâ était utilisé pour interroger sur l'identité de ces dernières. Dans le Coran, il existe un verset où , pronom relatif, est considéré comme une désignation de la fonction divine de "création" qui est rapporté à man dans d'autres passages : wa mâ khalaqa adh-dhakara wa-l-unthâ " et par Ce qui a créé le mâle et la femelle" (Cor.92,3). On peut donc comprendre, soit que la question posée vise en fait l'identité du "fondateur" réel de la Maçonnerie : "Qui est al-Bannâ ?"; soit qu'elle porte plutôt sur la nature de la fonction correspondante :"Qu'est-ce donc al-Bannâ ? en quoi consiste exactement sa qualification ?" La première interprétation est plus conforme au contexte, c'est à dire à ce que René Guénon donne à entendre; la seconde convient davantage au sens habituel de la particule interrogative mâ en langue arabe. Le vocable bannâ' mérite, davantage encore de retenir l'attention, tant par sa racine que par sa "forme nominale". La racine dont il est tiré est b-n-î qui signifie, d'une façon tout à fait générale, "édifier", "bâtir". Sa forme nominale, qui est fa' ' âl, est utilisée pour la dérivation des noms de métier ainsi que pour celle de certains Noms divins. La première de ces deux utilisations s'applique tout naturellement au métier de maçon, ce qui explique dans l'arabe moderne, l'expression bannâ 'hurr (littéralement "bâtisseur libre") soit employée pour désigner un Franc-Maçon ; la seconde comporte une nuance d'excellence et d'universalité, et s'applique notamment au Nom de Majesté "Allâh" qui, au point de vue morphologique, est la forme fa' 'âl de la racine '-l-h qui signifie "divinité". Le Témoignage de la Foi Lâ ilâha illa Allâh peut donc être compris dans le sens : "il n'y a pas d'autre Divinité que la Divinité par excellence, la Divinité universelle". Un petit nombre d'autres Noms divins expriment des Attributs essentiels avec la même nuance: par exemple al-Ghaffâr (Celui qui pardonne universellement), al-Wahhâb (le Donateur universel), ar-Razzâq ( le Nourricier universel), etc. On soulignera que ces deux utilisations sont exclusives l'une de l'autre : la forme bannâ' servant déjà à désigner celui dont le métier est de construire ne peut évidemment pas être utilisée une seconde fois pour désigner le Très-Haut en tant que " Bâtisseur par excellence" ou " Constructeur universel" compris dans le sens de "quel que soit le constructeur, ce constructeur n'est autre qu'al-Bannâ". On peut tirer de là une conséquence très importante, à savoir que le terme auquel René Guénon fait référence ne peut en aucune façon être considéré en arabe comme un Nom divin. Si maintenant on revient au sens du pronom interrogatif , et si, en outre, on considère le terme bannâ' comme désignant celui qui exerce le métier de maçon, il est évident que la question posée ne porte pas, et ne peut pas porter, sur l'identité du constructeur et qu'elle vise uniquement sa qualification : il n'y aurait aucun sens doctrinal à rechercher l'identité d'un Franc-Maçon quelconque. Mâ al-Bannâ' peut effectivement se comprendre dans le sens de "Qu'est le (Franc) Maçon ?" mais sûrement pas dans celui de "Qui est le Maçon ?" Dans ces conditions, quel rapport peut-il y avoir entre "l'identité du fondateur" de la Maçonnerie et l'interrogation en langue arabe mentionnée par René Guénon à la fin de son compte-rendu ? La réponse est que , s'agissant de l'art de bâtir, le terme bannâ' ne désigne pas seulement l'artisan (as-sâni') mais aussi celui qui ordonne (al-muddabir) l'ensemble de la construction, autrement dit l'architecte. A ce degré, la notion d'excellence est indiquée par l'article al de sorte que le pronom mâ peut parfaitement être compris avec les deux sens fondamentaux qu'il comporte en principe. La question Mâ al-Bannâ' ? signifie donc à la fois "Qui est l'Architecte ( par excellence) ? et "Qu'est le (Grand) Architecte ?, qu'est la nature de sa fonction ?" (.............)



cliquer sur ce lien 




5 commentaires:

  1. Barak Allahu fik,
    et pour le reste aussi... (Safi al-Din, E.T., La Voie...)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Salâm 'alaykum , de rien, avec grand plaisir,ainsi je peux observer si ça fonctionne bien . Pour les E.T. , il va y avoir de l'extra prochainement...Bonne lecture et à bientôt wa Bismillah wa-s-salât wa-s-salâm 'alâ rasulillah
      wa salâm 'alaykum

      Supprimer
  2. salam si on pouvait avoir plus d'extraits de gilis, ce serait vraiment super. d'ici hélas (en afrique) nous avons peu de sources. Et c'est à la votre que nous nous abreuvons. encore Merci.
    Dis: Allah!

    RépondreSupprimer
  3. Salâmou 'alaykoum,

    Auriez-vous l'article de Max Giraud "Rencontre avec al Khidr" du n°24 de la Règle d'Abraham (Décembre 2007) ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Alaykoum salam,
      Non malheureusement, désolé .
      Il y a pas mal d'articles de cet auteur dans la revue "Science sacrée"

      Cordialement

      Supprimer

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...