jeudi 26 janvier 2017

S.Amanoullah de Vos - Dhikr Khafi - Invocation du coeur - Inde - Chine (Partie II)

Pic d’Adam à Sri Lanka





Bismillah ar-Rahmân ar-Rahim

Suite à des réactions positives et certaines demandes, il m’a semblé devoir donner un peu plus d ‘éléments sur la circulation du souffle interne telle que transmise par les maîtres de sagesse de l’Asie Centrale, les khawajagan.

Il s’agit de mesurer tout d’abord l’importance de l’Asie Centrale en tant que « Milieu des Empires » (Voir le livre qui porte ce titre écrit sur 20 ans par deux sociologues).

Creuset de rassemblement des influences spirituelles de L’Iran, L’Inde, La Russie, La Chine, L’Arabie, Il n’est donc pas étonnant de retrouver cette circulation du souffle appelée « respiration embryonnaire » puis à un deuxième degré « circulation céleste » en Chine pratiquée par les taoïstes dans ce qu‘ils appellent la « voie des immortels ».

J’ai constaté les similitudes étonnantes entre cette pratique de L’Asie Centrale et celles de L’inde ou de la Chine durant quelques 8 voyages en Chine et 10 en Inde ces dernières années.

Ceci n’est pas si étonnant si l’on perçoit qu‘il s’agit du « RUH », de la circulation de « l’Esprit Universel, » en nous et dans le monde, Celui qui nous guide vers la contemplation Suprême.

En Inde le fameux BabaJi, le Yogi millénaire enseigna le Kriya yoga qui consiste aussi en cette circulation interne du souffle selon une similitude frappante avec le « dhikr khafi » et la respiration taoïste.

Le lieu de retraite de ce Yogi légendaire qui traverse les siècles, là même où se fit son enseignement, est le même lieu que l’emplacement de la « Khalwa », retraite de Sayyidina l Khidr , à Katarâgama dans le sud du Tamil Nadu. C’est là où Mawlana Sheikh Nazim me conduisit dans un
compagnonnage à la suite duquel il me transmit sa propre «  Juba », celle  qu’il avait utilisée pendant tout notre voyage ainsi que sa propre bague (provenant de Sri Lanka). (Voir film Inde Sri-lanka sur notre site : http://www.naqshbandi-rabbani.fr/voyages ).

Babaji, ce yogi séculaire, dont nous parlons fut enseigné lui-même à cet endroit par le grand Rishi Agastyar, l’un des «18 Siddha » considérés en Inde comme l’un des plus grands sages porteurs de l’héritage du cycle précédent.

Notons par ailleurs qu’ Agastyar le premier d’entre eux, eut comme mission de faire l’équilibre entre les influences spirituelles de l’Inde du Sud et l’Inde du Nord.

En relation à cela, il faut prendre conscience du fait que les Aryens envahisseurs de l’Inde, plus de 2000 ans avant JC, vont s’établir plus tard dans l’Inde du Nord ! Or ils arrivent d ‘où ?
de l’Asie Centrale.

A cela, s’ajoute le fait que c’est de l’Asie Centrale qu‘est originaire le grand Bodhidharma qui apportera le « Bouddhisme Chan, le Zen en Chine. Il sera aussi celui qui confirmera la science de cette respiration interne du souffle, la reconnaissant comme universelle. Ceci entre le 3e et 4e siècle après JC.

En contrepartie entre le 3e et 4e siècle avant JC, c’est le Siddha BOGAR qui vint de l’Inde du Sud apporter en Chine les premiers éléments du
NEI-DAN l’alchimie interne (voie du souffle en tant que « RUH »). Or cette date est aussi celle de l’apparition du fameux Lao Tzeu, fondateur du Taoïsme.

Certains considèrent même que ces deux personnages sont une seule et même personne.

Swami Lakshmanacharya Alias sheikh Nour Mohammad m’a confirmé la similitude entre cette voie de l’alchimie interne de l’Inde et celle de la Chine.

Ce sage de L’inde que je viens de nommer accepta aussi la voie soufie , or il est d’autant crédible qu’il resta 92 jours enfermé dans une tombe scellée à l’Ile Maurice, sans respirer en utilisant cette connaissance du souffle originel des « hommes véritables » (comme on les appelle en Chine).

J’ai toutes les preuves et les témoins de cette expérience à la suite de laquelle il demanda que l’armée elle-même construise un hôpital à Maurice, selon la médecine   « Ayurvédique », soins et lits, entièrement gratuit. Il fonctionne à ce jour ainsi.

C’est donc cette science de l’alchimie interne transmise par Khidr-Babaji qui circula aussi à travers la confrérie naqshbandi.

En parler n’est pas divulguer un secret car aucun écrit ne peut en transmettre l’enseignement.

Il se donne aux personnes prédisposées, de façon orale, dans le compagnonnage et à ceux qui cherchent intensément cette connaissance de l’Homme Originel que Dieu créa à son image.

Notons enfin que nous avons trouvé des preuves montrant que l’Imam Ali ‘alayhi salam, connaissait, pratiquait et transmettait cette science. Elle n’est pas sans rapport avec ce« ‘ilm al Huruf » sciences des Lettres, animé par le « RUH » dont L’Imam Mahdi manifestera toute la magnificence quand le moment sera venu.

Ce qu’il me paraît important de souligner pour finir c’est la rigueur quasi « scientifique » de cette pratique. Cela rejoint ce que disait Sheikh Abdel Wahid Yahya, René Guénon, sur la voie initiatique qui est une science rigoureuse par opposition aux états mystiques incontrôlés.

C’est en effet une « science », une science transmise par Dieu (‘ilm billah) qui nous met en accord avec ce que le Coran appelle : «Sunnat Allah », «  la coutume de Dieu »,  celle qui ne change pas quelque soit les époques et les lieux. Nous parlons de la Loi Eternelle de l’Univers qui s’applique aussi en nous si on l’observe avec clarté.

J’ai pu vérifier comment le fonctionnement du souffle interne, en tant qu‘alchimie spirituelle par exemple, était en accord avec les grandes lois de la médecine telle que comprise en Chine ou en Inde ou selon la médecine prophétique. Le processus de transformation du corps, du psychisme, de l’âme toute entière suit des règles claires.

Peut-être, pourrais-je donner ultérieurement des exemples pratiques qui l’illustrent mais rien ne vaut l’expérience dans les bonnes conditions de la retraite spirituelle.

Tout cela se retrouve inclus dans le célèbre hadith qui dit « Man ‘arafa nafssahu faqad ‘arafa rabbahu », Celui qui connaîtra son âme connaîtra son Seigneur. Connaître les règles de la théologie peut nous aider à connaître les barrières de protection pour ne pas glisser, mais il restera ensuite à se connaître Soi-même et découvrir notre Rabb al Murrabbi dans son éducation extrêmement précise et pédagogique.

Que Dieu nous inspire l’attitude du cœur qui permet de recevoir les enseignements de cette Voie immuable et éternelle dans le
compagnonnage de notre famille spirituelle.


Devant ces lois de la création, à la fois sciences rigoureuses et poésie d’une vie en perpétuel renouvellement, nous ne pouvons que rester un humble chercheur reconnaissant. 








mercredi 25 janvier 2017

Études Traditionnelles n° 417 à 422 (1970)













GRISON Jean-louis//las principes et leurs manifestations cher les Mayas et les Incas(1) /1970/1-2

SCHUON Frithjof//Comprendre et croire/1970/1-7

GRISON Pierre//Introduction au symbolisme des sociétés secrètes chinoises/1970/3-4

IBN ARABI Mohyiddîn /VALSAN Michel/Épître sur les Facettes du Coeur/1970/3-4

SCHUON Frithjof//En marge des improvisations liturgiques/1970/3-4

GEORGE! Gaston//De quelques erreurs relatives à la doctrine,.,des Cycles cosmiques /1970/5-8

GRISON Jean-Louis//le Centre et les quatre directions dans les traditions de l'Amérique/1970/5-8

GRISON Pierre//Notes sur l'iconographie d'Angkor (1) : le linga et le culte royal/1970/5-8

HASSAN ASKARI Mohammad//Tradition et modernisme dans le monde indo-pakistanais/1970/5-8

ROMAN Denys//Maçonnerie templière, Maçonnerie jacobite et Maçonnerie écossaise/1970/5-8

BENOIST Luc//Le retour aux cycles/1970/9-17

GRISON Jean-Louis//les états posthumes cher les Indiens d'Amérique/1970/9-12

GRISON Pierre//Notes sur l'iconographie d'Angkor : Garuda et nâga/1970/9-12

LINGS Martin//Le symbolisme coranique de l'eau/1970/9-17

SCHUON Frithjof//la marge humaine (1)/1970/9-12


SCHUON Frithjof//Logique et Transcendance/1970/9-17






jeudi 19 janvier 2017

S.Amanoullah de Vos - Dhikr Khafi - Invocation du coeur






Bismillah Ar-Rahman ar-Rahim


La question souvent posée aux pratiquants de la voie naqshbandi est : quelle est sa spécificité par rapport aux autres confréries ?

Dernièrement,  j’ai même vu une interview où cette question était posée à un élève se réclamant haut et fort naqshbandi , qui répondit : «c’est le dhikr khafi », « L’invocation intérieure » sans pouvoir expliquer plus, ce qu‘il ne connaissait visiblement pas.

En effet, si l’on développe uniquement l’invocation de façon extérieure dans des réunions festives on se prive de la disposition intérieure nécessaire à l’invocation intérieure.

La pratique du « dhikr khafi »  commence  en effet par une « prédisposition »  qui conduit à une « configuration » du cœur progressive afin de le « prédisposer » à recevoir ces grâces spécifiques du souffle interne.

Il est bien entendu qu‘il existe des moments de célébration ou la joie de louange  demande que se manifestent les chants et les invocations de façon extérieure mais ceci est précisément une « célébration », un état d’extériorisation de notre sentiment de  louange.

Ceci n’est pas spécifique à la voie naqshbandi mais commun à toutes les confréries et à tous les musulmans

En ce sens Sheikh Nazim (qad) permit à un certain moment de développer cette forme d’extériorisation  car les disciples n’étaient plus disposés à recevoir l’enseignement du dhikr khafi. Il m’expliqua cela un jour quand je m’étonnais devant lui qu’il n’enseigne plus aux autres ce que j’avais reçu de lui : les « Lataif » les centres subtils, support de la circulation du souffle interne selon le « dhikr khafi ».

Il me dit,  « les  élèves ne cherchent plus cela ils ne parlent que de mariage, de travail, de projets,  choses extérieures... »
Bien sur les anciens élèves naqshbandis ont gardé cette pratique mais maintenant on voit que cela n’est presque plus transmis et que les réunions de dhikr sont juste des moments de fête entre frères, à  grand renfort de publicité, de film et de communication à outrance. Evidemment cela montre au moins une image de l’Islam  festive et paisible - ce qui est déjà quelque chose je le reconnais bien volontiers.

Mais cela n’est pas la Voie intérieure, celle de l’initiation... de l’excellence !

Aperçus sur Dhikr Khafi pour éviter les contrefaçons grossières

A titre personnel et en accord avec Sheikh Nazim,  j’ai choisi d’enseigner  ce dhikr Khafi dans les retraites ou « khalwa » car ce n’est pas une simple technique mais aussi une transmission qui doit s’accompagner d’un suivi avec une « prédisposition intérieure »  de tout l’Etre.


Pour en donner simplement une indication et  pour ouvrir à son goût je peux néanmoins ici donner quelques aperçus ce qui permettra au moins d’éviter à certains de tomber dans des contrefaçons grossières.

Tout d’abord il est important de prendre conscience  que ce dhikr fut enseigné par Sayyidina l-Khidr (saw) le prophète vivant depuis plus de mille ans qui fait le lien entre la Tradition Primordiale et les différentes traditions. Ce que Sheikh Muhhyyi d-din  confirme. C’est en ce sens qu’il intervient par exemple auprès de Sayyidina Moussa (Moïse) «saw» dans le Coran au chapitre 18.

Or,  le premier Prophète vivant  avant le déluge,  est Idris- Enoch et c’est lui qui est représenté par deux hommes complémentaires (toujours  selon l’enseignement de Sheikh Muhyyî d-din ) : Ylias (dans son aspect Jalal) qui travaille avec le feu du ciel et Khidr (dans son aspect Jamal)  qui travaille avec l’eau.

Ces deux prophètes sont  les enseignants des « sciences de la Vie » (dont le souffle est l’essence).

C’est ainsi que sayyidina l-Khidr enseigna le « dhikr Khafi », sous l’eau à Sheikh ‘Abd al Khâlik al-Khudjuwani (co-fondateur de la voie naqshbandi) .
Ceci est un point important pour prendre conscience du niveau où l’on se situe.
Car il s’agit en fait de la science du souffle interne dont l’un des effets de confirmation est la capacité de rester sous l’eau plusieurs

heures jusqu’à ce que le souffle devienne uniquement intérieur et permette ensuite des états extatiques contemplatifs.  Dans cet état non seulement le souffle s’arrête mais le cœur aussi.

Il est bien connu dans la vie de Sheikh Abdallah al Fâiz Ad-Daghestani «qad» qu’il restait des jours voir des semaines dans un état où son cœur s’arrêtait.

La première fois que sa femme le découvrit ainsi elle se précipita vers Sheikh Sharafu-din (son Sheikh) pour lui dire « mon époux est mort ! »…mais Sheikh Sharafu-d-din (qad) se mit à rire et lui dit : « non !  Ce n’est pas ce que tu crois…il est en contemplation».

En lisant ces lignes certains vont dire : cela est un cas particulier,  c’est un chemin inaccessible. !

Faux ! Ceci est le chemin naqshbandi véritable et à toutes époques il existe des grâces qui conduisent à cet état.  A ce jour j’ai connu d’autres cas similaires toujours vivants dans différents pays du monde.

Bien sûr,  il existe différents degrés de contemplation mais comme dit un proverbe chinois « mille kilomètres commencent par un pas ».

Dès les premiers pas, il y a une extraordinaire joie à percevoir le souffle interne comme manifestation de Ruh Ilahiyya (Esprit divin).

S’il existe une chaine de transmission c’est pour que la grâce divine  nous conduise sur ce chemin -à condition- que nous nous prédisposions  convenablement à la recevoir avec les prérequis.

Il s’agit : d’une attitude conduisant le regard à l’intérieur (incompatible avec les extériorisations bruyantes, tapageuses et narcissiques).
 il s’agit d’une prédisposition à la retraite dans le jeûne et le silence, il s’agit enfin d’être dans le compagnonnage de ceux qui en ont reçu l’enseignement et qui acceptent de le transmettre (à ceux qui sont mûrs)
L’enseignant est là non pour devenir une idole que l’on craint à cause d’une fonction (souvent abusivement créée)  mais pour aider l’élève à se libérer des conditions d’emprisonnements créées par son âme. Il aide à « tazkiyat an naffs » cette purification de l’âme qui est le premier pas.  Puis il  le conduit  à « la mise sur orbite »

Ceci n’est pas une simple image mais  une expérience très pratique et réelle. En effet au début l’élève est guidé à travers une circulation du souffle externe en relation avec les centres subtils qui sont les lieux d’ouvertures et de stockage de l’Energie-lumière.

On se souvient sans doute comment Khawja Baha ud-din Naqshband (qad) transpirait en hiver quand il pratiquait le « dhikr khafi ». Ceci est un phénomène bien connu des pratiquants du souffle interne.  C’est une phase de la pratique qui donne une indication sur la circulation de l’Energie-lumière interne.

Car il s’agit bien d’un mouvement de cette Energie-lumière circulant à travers les centres subtils d’une façon continue jusqu’à faire naître l’embryon d ‘or.


Le grand Sheikh Azizan Ali Ramitani (qad) qui vécut jusqu’à 130 ans (ce qui est significatif de cette technique de longue vie)  fut lui aussi enseigné par Sayyidina l- Khidr (saw) et il disait que c’était dans « le secret du cœur » alors ceux qui se réclamaient du  « dhikr khafi » (khafi voulant  dire caché) et qui ne cherchait qu’à être connu, n’était pas vraiment représentant de cette voie…. « khafi ». !

Il s’agit d’une voie subtile (latif)  tant qu’il y a un son, la respiration est grossière. Quand la subtilité du centre de l’être devient consciente, la respiration commence à devenir très subtile jusqu‘au point  de s‘arrêter. Alors le souffle entre dans l’espace intérieur.

Ceci est le  « wuqquf », la garde du cœur. Le début du chemin.

Parler de la technique plus en avant ne serait d’aucune utilité car la technique sans transmission et sans compagnonnage ne conduirait qu‘à des déviations.

Je souligne simplement  que c’est exactement comme une mise sur orbite avec des étapes bien précises de préparation.

Il s’agit d’une science de l’alchimie interne en accord avec la Loi universelle, celle dont parla Idris-Enoch avant le déluge, celle qui se retrouve au cœur de toutes les initiations véritables en accord avec la VOIE éternelle, celle dont sayyidina l- Khidr (saw) est le maître et notre enseignant dans cette Chaine d’Or.

Que Dieu nous aide à en rester dignes au lieu d’en défigurer la forme par des extériorisations abusives.