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samedi 31 octobre 2020

L'invocation qui stupéfia Ali Ibn Abi Talib - Mohamed Saïd Ramadhan Al-Bouti

 




 “Invoque Allâh à travers cette invocation après chaque prière, par Celui qui détient l’âme d’Al-Khadiri entre Ses mains, personne n’invoque Allâh par cette invocation sans voir tous ses péchés expiés . »

Apprenez donc ces quelques mots et récitez-les après chaque prière .

« Ô Allâh, Celui qu’une demande ne peut Le détourner d’une autre demande, et Celui dont la multitude des sollicitations ne peut L’induire en erreur, et Celui qui n’est pas lassé par l’insistance appuyée de Ses serviteurs, permets-moi de savourer la grâce de Ta bienfaisance et la générosité de Ton acceptation. »

En arabe : اللهم يا من لا يشغله سمع عن سمع ويامن لا تغلطه كثرة المسائل ويامن لا يتبرم بإلحاح عباده الملحين عليه، أذقني برد رحمتك وكرم استجابتك

 L'invocation en phonétique : Allahouma ya man la yachghalouhou sam’oun ‘an sam’, wa ya man la toughlitouhou kathratou al massaaïl, wa ya man la yatabaram bi-i al-haha ‘ibadihi al-moulihina ‘alayhi, adhiqni barda rahmatik wa karama istijabatik.

dimanche 18 juin 2017

Cheikh Mohammed Sa’îd Ramadhân al-Bûtî - Le mystère de la nuit du destin…

http://www.cheikh-bouti.fr/



Son mystère entoure ses manifestations, et non pas sa date !



Qu’ils soient de bonne ou de mauvaise foi, certains polémiquent autour de la véracité des vertus énoncées dans le Coran au sujet d’une nuit particulière de l’année, qu’elle soit fixe ou variable, nuit appelée par le Coran « la nuit du destin ». Cela sous-entendrait que son heure est la même partout dans le monde ce qui prête à confusion. En effet, chacun sait que l’horaire des nuits et des jours se décalent à mesure que la terre tourne… La levée du jour ici correspond à la tombée de la nuit à l’autre bout du monde. Ceci ne pourrait-il pas représenter une faille dans le propos Coranique si l’on se réfère aux nombreux principes scientifiques de base?


A propos de la notion de temps…


En supposant qu’ils soient de bonne foi, je dirais ceci à ces polémistes incapables de trouver la solution : Il n’y a pas de désaccord au sujet du principe des fuseaux horaires dont le décalage n’offre aucun avantage particulier. Intrinsèquement, le temps présente le même intérêt aussi bien suivant l’orbite terrestre qu’en termes métaphysiques qui le définissent comme étant inintelligible voire inexistant. Le savoir ancestral tout comme les sciences modernes accordent au temps la quatrième dimension d’un objet tridimensionnel en mouvement, le déplacement faisant appel à la notion du temps.


Quelle que soit la notion retenue, la première ou la deuxième, le temps n’existe pas d’une manière autonome et indépendante, il permet juste de jauger un mouvement tel qu’un déplacement orbital ou celui d’un corps tridimensionnel. Car le mouvement ainsi que sa dimension temporelle n’existent qu’à travers l’existence de l’objet en mouvement. Le temps est donc un instrument virtuel de mesure de mouvement d’objets existants.


Par conséquent, la nuit du destin, la nuit du vendredi, le jour d’Arafat et les jours de Ramadan ont intrinsèquement et temporellement une valeur unique quand elle existe.

 Il en est de même avec les lieux… il n’y a pas de différence entre un endroit et un autre en termes de valeur ou de vertu, la terre d’Arafat, le sol de la Mecque, la dernière demeure du Messager d’Allah et les autres terres sont semblables en terme géotechnique, si l’on fait abstraction des considérations agricoles et minières.



En quoi la nuit du destin est-elle supérieure aux autres nuits ?


Sa valeur provient des signes d’Allah envers ses serviteurs à cette occasion, qui sont porteurs du pardon, de la miséricorde, de l’exaucement de vœux et du remède contre le mal-être, ainsi en mérite-t-elle exclusivement sa fortuite vertu.


D’après la révélation du Messager d’Allah, la nuit du destin change de date du mois de Ramadan d’une année à la suivante. Cela confirme que sa vertu, telle que louée par Allah, n’est pas liée au fait qu’elle soit à une date donnée, sans quoi une telle nuit aurait été fixée jusqu’au jour du jugement dernier.


Comme la nuit du destin change entre les nuits de Ramadan d’une année à l’autre, elle change également d’un lieu à un autre sur terre à mesure que nuits et jours se succèdent.


La vertu de la nuit du destin est de même nature que celle de la dernière tranche de la nuit [entre le tiers et le quart]. En effet, de nombreux hadiths authentiques confirment qu’Allah se rapproche de ses serviteurs à cet instant, peu importe qui ils sont et où ils sont, et Il dit: « Y a-t-il quelqu’un voulant se repentir pour que Je le pardonne, y a-t-il quelqu’un sollicitant une grâce pour que Je la lui donne, y a-t-il quelqu’un voulant M’implorer pour que J’y réponde favorablement ?… » Cela signifie que quelle que soit l’heure de la nuit ou du jour, Allah aborde un groupe de Ses serviteurs par ses affabilités attachantes… Car à n’importe quelle heure correspond une heure de la dernière tranche de la nuit d’un endroit donné de l’étendue terrestre créée par Allah.


Certes, c’est la merveilleuse grâce d’Allah qui se répand et qui se distribue d’un endroit à l’autre sur Terre, mouvant à travers le temps. Lieu après lieu, elle rend visite aux gens là où ils sont et elle les aborde à des horaires distincts. Ainsi le gens partagent-ils tous l’opportunité de capter les affabilités et les signes d’Allah, à des horaires successifs, sans nul besoin de leur part d’y consacrer du temps ni de se détourner de leurs activités.


Voilà cette notion mieux appréhendée bien qu’elle ne mérite pas un tel développement compte-tenu de sa nature évidente. La vertu de la nuit du destin, telle qu’évoquée dans le Coran, n’émane pas de la nature intrinsèque du temps, ce qui aurait autrement justifié la confusion que soulèvent ceux qui polémiquent à son sujet, comment pourrait-elle émaner de ce qu’on appelle le temps sachant que celui-ci est une illusion, un indicateur de mouvement. La vertu est plutôt une qualité fortuite liée à un instant donné connu par Allah, c’est un instant que partage le mouvement céleste dont la Terre fait partie, il se répète à longueur de journées et de nuits. Cette vertu descend de la Haute Divinité, elle n’est pas liée à une qualité intrinsèque issue de ce qu’on appelle le temps.


Par conséquent, quand la nuit du destin correspond à la nuit du vingt et un du mois de Ramadan aux Emirats par exemple, son heure correspond à la nuit suivante ou à la journée d’après dans un autre endroit. Dans tous les cas, elle s’articule autour des signes d’Allah et de Ses affabilités plutôt qu’autour de la nature temporelle dont nous avions indiqué qu’il s’agit d’un simple indicateur illusoire.
* * *
Néanmoins, le polémiste pourrait poursuivre sa controverse en disant : mais le Coran stipule : « Nous l’avons certes, fait descendre (le Coran) pendant la nuit du destin ». Cela signifie qu’à l’origine la transmission du Coran correspond à une nuit singulière, c’est-à-dire une nuit particulière parmi les nombreuses nuits du destin partagées à travers la Terre, comme nous l’avons expliqué. A quelle nuit correspond alors le début de transmission du Coran ?


En réponse à cette question, le Messager d’Allah – paix et salut sur Lui – apprenait par cœur le Coran qui lui est transmis. Du fait que Mohamed – paix et salut sur Lui – était à ce moment là à La Mecque, la nuit du destin, date à laquelle le Coran commençait à parvenir, correspondait à celle liée à l’une des nuits du mois du Ramadan dans la péninsule arabique.


La concomitance de la nuit du destin avec les horaires d’autres lieux terrestres, cette année-là, ne compromet en rien la réalité et ne pose aucune contradiction avec la parole d’Allah : « Nous l’avons certes, fait descendre pendant la nuit du destin ».
* * *
Maintenant, cette explication parviendra-t-elle à convaincre ces frères qui ont accueilli les termes du Coran, concernant la nuit du destin, avec un esprit critique et polémiste ?


Sachant qu’Il est Le Créateur de l’Univers, Le Concepteur de sa parfaite organisation et Le Metteur en mouvement des corps célestes, la confiance en la parole d’Allah n’est-elle pas préférable à son examen et à sa mise à l’épreuve de la recherche et de l’évaluation, bien que l’investigateur ou le polémiste ait du mal à percevoir ce qui le guide vers la solution ou vers la réponse ?


D’après les récits et les nombreuses références, le Messager d’Allah dit : (Certes, votre Seigneur émet tout au long des jours que vous vivez des signes, assurez-vous bien de les percevoir), c’est-à-dire le chemin que vous empruntez pour vous rendre inévitablement entre les mains d’Allah, est jalonné d’absolution et de pardon divin vous invitant à vous délester de vos fardeaux en vous réconciliant avec Allah, en Lui prêtant à nouveau allégeance, les anciens méfaits se transforment aussitôt en bienfaits et le registre noirci par les péchés redevient subitement d’un blanc immaculé.


Du point de vue logique et rationnel, une interaction positive avec ces jalons n’est-elle pas préférable à une approche exploratoire et critique à la manière d’un touriste en voyage qui s’arrêterait devant des bâtiments et des édifices dont il ne comprend pas le sens ?
S’avérerait-il que nous soyons étrangers à l’histoire de notre périple en cette vie ou que celle-ci nous soit étrangère, tel un touriste étranger au pays qu’il sillonne, découvrant ses points de repère ? S’avérerait-il que nous ne connaissions rien aux repères d’absolution qui nous sont destinés par Allah, avec condescendance et bienfaisance, le long du chemin qui nous mène vers Lui après avoir glissé sur le flanc du fleuve des désobéissances et des péchés ?


En effet, il s’agit de repères spatiaux-temporels du pardon émis vers quiconque voulant se délester de ses fardeaux et gagner la merveilleuse absolution auprès d’Allah, sans nul besoin de sa part de payer ni compensation ni charge, seule comptant la sincère orientation vers Lui et la soumission liée à la servitude à Son égard.


Et voici la nuit du destin enfouie au cœur de ce mois béni que le Messager d’Allah t’incite à solliciter chaque nuit, la solliciter avec sincérité et repentance en annonçant ta soumission en tant que serviteur d’Allah, Il t’écrira certainement un nouvel acte de naissance démarrant une vie nouvelle non ternie par les péchés.
La vie est assurément courte, l’opportunité est certes disponible mais le temps dont tu disposes est trop court pour pouvoir te permettre l’examen critique et l’interrogation des perceptibles repères du pardon divin qui t’interpellent le long du parcourt, en particulier celui de la nuit du destin, tu t’affaire à les discuter et tu passes ton précieux temps dans les rumeurs à son sujet, jusqu’à ce que tu rate finalement l’opportunité qui t’était disponible et que la porte divine se referme devant le signe annonciateur, le temps que ton esprit s’éveille il ne te reste plus que les remords.


Pourtant, tu connaissais bien la réponse à ta question et tu disposais bien de la solution à ta problématique. Saisissons donc, ensemble, l’opportunité avant qu’il ne soit trop tard, et recueillons à temps les signes d’Allah. Se détourner des occasions qui se présentent est un mauvais présage frappant celui qui s’en détourne notamment par orgueil et dédain.


Qu’Allah nous en préserve et qu’Il nous attache à la vérité là où elle est.


Mohammad Saïd Ramadân al-Bouti


Source : journal Al-khalij (Le golfe)

vendredi 9 décembre 2016

Cheikh Mohammed Sa’îd Ramadhân al-Bûtî - La célébration du Mawlid (vidéo)







Traduction

Un discours de bienvenue à notre Prophète bien aimé Muhammad, que la Paix et la Bénédiction soient sur lui . L' anniversaire

Son éminence le Professeur Mohammad Said Ramadan Al-Bouti .Directeur du département des Croyances et Religions de la Faculté de la Sharî`ah, à l' Université de Damas


Le 12 e de Rabi' Al-awwwal 1433H


Au Nom d'Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux .


Toutes les louanges reviennent à Allah le Seigneur des Mondes


Que la Paix la plus parfaite et les bénédictions soient sur notre Seigneur Muhammad ainsi que sur toute sa Famille et ses Compagnons .


Le mois de  Rabi' Al-awwwal nous rappelle la célébration du noble anniversaire du Messager (PBsl) .


Il est rapporté, dans les  deux Sahîh qu'il jeûnait chaque Lundi .


Quand on lui demanda la raison derrière cela, il dit : "c'est mon anniversaire" .


C'est une preuve manifeste qu'il était en train de célébrer le jour de sa naissance, plutôt que le mois .


Le Prophète (PBsl) exprime concrètement à travers la célébration de son anniversaire, sa gratitude et le remerciement envers Allâh qui l'a anobli en lui conférant  la mission d'être le dernier Messager et Prophète pour le monde entier .


Ce que je veux qu'on saisisse (appréhende), c'est que la nation du Prophète Muhammad, que la Paix soit sur lui, devrait se presser à commémorer son anniversaire,  plus qu'il ne le fit lui-même .


Je pense que c'est un point incontestable . 


Cependant, je veux faire valoir que ce qui encourage le musulman à cette occasion sur l'avènement du mois de Rabi' ou des jours du lundi : c'est en fait   l'amour qui agite celui qui le commémore, que la Paix soit sur lui .


Plus il y a de l'amour qui fleurit dans le coeur du croyant, plus cela éveille l'aspiration pour lui, que la Paix soit sur lui, à chaque fois que l'anniversaire de sa naissance se reproduit (se répète) .


Il n'y a pas de différence entre le moment et l'endroit qui nous le rappellent .


Quand nous sommes honorés à visiter son Sanctuaire, que la Paix soit sur lui, que ressentons-nous ?


Cet endroit allume dans nos coeurs les émotions pour l'anniversaire de sa naissance .


Par conséquent, la valeur du moment est similaire à celle de l'endroit . Le moment qui revient à nouveau coincide avec le jour ou le mois de sa naissance .


Le parfum agréable du souvenir de sa naissance, que la Paix soit sur lui, doit susciter en nous une sensation d'aspiration (désir ardent) vers lui .


Cela nous invite à lire sa biographie et à connaître ses nobles manières .


Je rassure que celui dont le coeur est vidé d'amour pour le Messager d'Allâh, que la Paix soit sur lui, n'est pas affecté par mes paroles .


Il peut sainement admettre, cependant, qu'il ne puisse interagir  émotionnellement (affectivement) .


Lorsque nous constatons (percevons) les gens dont les coeurs sont inondés d'amour pour le Prophète, que la Paix soit sur lui, nous trouvons qu'aucune chose même minime ne stimule (provoque) en eux le souvenir (la commémoration) du Messager d'Allâh, que la Paix soit sur lui .


Quand un chanteur fait l'éloge du Prophète, que la Paix soit sur lui, nous aspirons à lui .


Quand nous avons lu les différentes situations au cours de son existence, les sentiments d'amour attisent vivement  nos coeurs .


Nous pouvons rencontrer  des musulmans novices, ayant embrassés l'Islam, parler de leur amour qu'ils éprouvent pour le Prophète, que la Paix soit sur lui, bien qu'ils ne le connaissaient pas auparavant, mais Allâh les a honoré en leur faisant connaître (le Prophète PBsl), après leur foi en Allâh .


Les sentiments d'amour fleurissent aussi dans leurs coeurs . C'est quelque chose de normal .


Je reprends que les gens dont les coeurs sont remplis d'amour pour les mondanités et les désirs, ne comprennent pas mon discours parce qu'il n'y a pas de place pour aimer le Prophète, que la Paix soit sur lui .   


Je demande à Allâh de leur allouer la douceur de l'amour du Messager d'Allâh, que la Paix soit sur lui .


Cet amour est lié à l'amour qu'on éprouve pour Allâh, Le Tout-Puissant .


Quiconque aime Allâh, doit aimer aussi Son Messager, que la Paix et la Bénédiction soient sur lui .


Celui qui aime Allâh ; doit aimer l'homme à qui Allâh fait l'éloge .

Allâh dit : "En vérité, tu (Ô Muhammad SAW) es un niveau exalté de moralité " .

Comment se fait-il que l'on ne puisse aimer l'homme loué par Allâh pour son noble comportement ?!


Je demande à Allâh de nous ennoblir à le suivre .


Je demande à Allâh de manifester notre commémoration à travers ceci .


Et pour être loin de commettre des choses qui déplaisent à Allâh et Son Messager .


Et toutes les louanges reviennent à Allah le Seigneur des Mondes .

dimanche 5 mai 2013

Syrie - Appel des Imams de Jérusalem - La différence entre les prêches wahhabites et ceux du martyr Mohammed Sa’îd Ramadhân al-Bûtî (qu 'Allâh l'agrée)











Un comité d'imams dont Salahuddin bin Ibrahim appelle à une prise de conscience en Syrie et à cesser le combat fratricide.


                                                            Publiée le 16 sept. 2012

                                                       



Voir ici une autre vidéo dans laquelle on remarquera, au début,   le discours habituel des wahhabites surexcités appelant aux meurtres de nos frères Syriens , dont le "Al Qaradawi "[président de l'Union Internationale des Savants Musulmans (oulémas), membre de la confrérie des frères musulmans ainsi que du Conseil Européen pour la Recherche et la Fatwa] et,  à la fin, les invocations poignantes du martyr, le Cheikh Mohammed Sa’îd Ramadhân al-Bûtî (que Dieu l'agrée) qui contrastent à des années lumières du venin de ces soit-disant savants de la haine et de la discorde (Fitna)  . Vidéo publiée en avril 2013 . Cliquer sur le texte pour y accéder

dimanche 31 mars 2013

Itinéraire d'un savant digne d'Al-Ghazali: Muhammad Saïd-Ramadan Al-Bouti










Ali El Hadj Tahar



Le grand savant syrien, Muhammad Saïd-Ramadan Al-Bouti, a été tué le 21 mars 2013 dans un attentat-suicide qui a provoqué la mort de 48 autres personnes dont son petit-fils. 84 personnes ont été blessées lors de l’attentat.

Le cheikh délivrait à ce moment-là un cours de religion à des fidèles dans la mosquée Al-Imane, au nord de Damas. Alors âgé de 84 ans, Al-Bouti était l’un des savants les plus prestigieux du monde musulman, sinon le plus prestigieux, en tout cas le plus écouté et le plus lu des théologiens et des imams de l’Islam médian et tolérant. 

  Dans sa jeunesse, Al-Bouti était un membre influent de la confrérie des Frères musulmans, branche syrienne, avant de la quitter et se consacrer à la science et à l’exégèse coranique et de la sunna. Après avoir compris le danger de la fitna issu de l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques, il combattra ces dérives de toutes ses forces en enseignant que si l’Islam est une religion de tous les lieux et tous les temps, c’est parce qu’il est intrinsèquement et fondamentalement moderne et qu’il ne peut être monopolisé par un pouvoir temporel. Afin d’éviter ce monopole de la religion par le pouvoir, le théologien, le mufti et l’imam doivent être indépendants et libres, dans le sens gramscien du terme, selon Al-Bouti, qui énonce que le penseur musulman doit être un intellectuel non organique afin que la religion ne soit pas instrumentalisée par les politiques ni par la politique. La religion est supposée unir alors que la politique et les idéologies divisent parfois, d’où la nécessité de mettre le culte, le théologien et l’imam au-dessus de ces clivages. L'imam et le mufti ne peuvent s'ingérer dans les affaires politiques que si la nation est menacée de division ou de fitna qui mettrait en danger son existence et des vies humaines. Al-Bouti disait qu’un homme de religion ne peut pas gouverner un État contemporain dans la mesure où il ne maîtrise ni l’économie ni les sciences de la politique et que sa compétence se limite à faire de la théologie s’il en a les compétences, ou bien à diriger une mosquée ou une école s’il n’a que cette capacité-là. Pour lui, en terre d’Islam, l’État doit représenter toutes les religions et toutes les confessions et sensibilités cultuelles et culturelles, dans le respect des lois internationales. La force attestée de l’Islam réside en la tolérance qui a participé de son rayonnement, alors que la violence et l’exclusion actuelles participent du noircissement de son image. Rejoignant le mufti de la République syrienne, cheikh Al-Hassoun, Al-Bouti dit qu’en terre musulmane, il doit y avoir une séparation entre l’État et la religion afin que les faux imams n’accèdent au pouvoir et n’usurpent le pouvoir temporel, comme c’est le cas dans certains pays où des rois et des émirs se disent les élus d’Allah et ses représentants sur terre, et comme le prétendent ceux qui se disent “islamistes”, frères musulmans et salafistes et prétendent pouvoir gouverner au nom de Dieu. Pour Al-Bouti, le mufti habilité à promulguer des fetwas doit être un savant, pas un politique improvisé en homme de religion. Considérant l'Islam politique comme une imposture responsable de la fitna, sa principale bataille, il l’a donc livrée contre les usurpateurs du titre d’imam et de mufti qui foisonnent aujourd’hui et qui ont réussi à répandre une “pensée” ignorante, archaïque, intolérante et extrémiste au service des régimes les plus rétrogrades.

  Al-Bouti a obtenu le plus haut diplôme de l’université d’Al-Azhar en 1955, avant de commencer sa carrière d’enseignant, en 1960, à l’université de Damas. Dans la cacophonie actuelle du monde musulman où l’ignorance est instrumentalisée, voire institutionnalisée, Al-Bouti a vite compris l’urgence d’élever la voix de la sagesse, bien que le résultat ne soit pas certain car l’auteur de quarante livres a finalement pu être assassiné par un salafisme et un wahhabisme qui manipulent des millions de cerveaux par le biais de plus de 80 chaînes de télévision et de millions d’ouvrages qui sèment le poison de l’intolérance et sapent la foi authentique. Son assassinat s’inscrit donc dans la logique de l’extrémisme qui a eu raison de Boukhobza, Boucebci, Alloula, Abderrahmani, Djaout, Sebti et autres intellectuels dont l’écrivain égyptien Farag Foda. Les extrémistes se sont vengés sur lui non seulement pour avoir dénoncé leurs crimes en Syrie, mais pour avoir déjà dénoncé le GIA et autres MIA et AIS en Algérie, en les exhortant à la raison car l’Islam réfute toute forme de violence non prescrite dans la légitime défense et dans un cadre très strict et précis. Si Al-Bouti a été ciblé, ce n’est donc pas uniquement parce qu’il s’est aligné sur la défense de son pays face à une agression internationale menée par les USA, mais surtout parce qu’il est le phare de l’Islam opposé au wahhabisme utilisé comme cheval de Troie par l’impérialisme et le néocolonialisme pour asservir les nations islamiques.

  En 1994, au moment où le wahhabite Al-Albani a fait une fetwa ordonnant aux musulmans de quitter la Palestine pour la laisser aux sionistes, Al-Bouti a publié Le Djihad en Islam qui replaçait le combat armé à la juste place que lui accorde la religion, refusant de laisser les “théologiens” de la fitna créer de nouveaux Afghanistan pour détourner les peuples du combat pour la restitution de la terre usurpée par le sionisme. Le 13 juin 2011, au début du “printemps arabe syrien”, il a publié une fetwa interdisant aux militaires de tuer des civils, mais les wahhabites l’accusent toujours de soutenir le régime, alors qu’il a soutenu l’État de droit et le droit à la légitime-défense d’un État agressé par l’Occident et ses valets du Golfe. En 2012, le royaume d’Arabie Saoudite lui a refusé le visa pour faire une omra avant d’interdire à tous les Syriens de faire le pèlerinage ! Puis Yousef Al-Qardaoui a lancé sa fetwa pour l’assassinat de soldats, de civils et de savants syriens qui soutiennent leur président, comme si l’appel au meurtre était devenu une normalité. Aujourd’hui, un immense savant est tué et l’événement passe comme un fait divers dans une nation frappée d’amnésie et d’inconscience pendant que ses peuples se déchirent et ses valeurs se délitent.

  L’Union mondiale des ulémas musulmans est toujours parrainée par Al-Qardaoui, le porte-voix et soutien actif des groupes terroristes !

L’esprit de la tolérance contre l’esprit assassin

Al-Bouti est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages traitant des sciences de la religion, de littérature, philosophie, d’histoire, de théologie et de sociologie. Il parlait couramment le turc, le kurde et l'anglais. Sa connaissance des langues a enrichi son savoir et aux civilisations mondiales pendant que des ignorants faisant encore office de muftis disent que la terre est plate et tenue sur les cornes d’un taureau. Beaucoup de ses ouvrages ont été traduits dans une quinzaine de langues, dont certains d’ordre purement philosophique et d’autres sur des questions du quotidien, notamment la capacité de l’Islam à répondre aux besoins des sociétés modernes, la femme et l’égalité entre les sexes, en présentant l’Islam comme une religion du juste milieu, et la foi comme une source de bonheur, pas comme une source de contraintes et encore moins de malheur et d’épreuves. Al-Bouti est aussi l’auteur d’un livre qui fait grincer les dents des wahhabites : La Salafiyyah, une époque bénie et non une méthodologie islamique. Sous ce titre programme, il démantèle la doctrine wahhabite qui divise les musulmans alors que l’Islam est déjà riche de quatre écoles de jurisprudence (madhahib). La cacophonie actuelle est issue de la destruction des bases de l’Islam sous prétexte d’un retour au salaf, à “l’Islam juste” des origines, ce qui ouvre la voie à des interprétations excommunicatrices, takfiristes. À ce motif et bien d’autres, le djihad est brandi par les théoriciens de la violence, et toutes sortes de mercenaires et de putschistes instrumentalisés par les régimes de la péninsule arabique qui ont amené la société musulmane à se comporter de manière primitive en brandissant des Kalachnikov et des bombes au lieu de brandir des livres.

  Pour Al-Bouti, le seul et unique message de l’Islam est celui de la tolérance et du dialogue spirituel qui unit les communautés et les peuples, et non pas le wahhabisme et le salafisme qui offrent à l’impérialisme et aux ultralibéraux de la Maison-Blanche la chance de sévir et qui, d’ailleurs, brandissent le “clash des civilisations” huttingtonien pour exciter les conflits et les guerres. La lecture du Coran d’Al-Bouti vise à l’émancipation des sociétés, à les dynamiser, unir et propulser de l’avant. Elle s’oppose à celle des wahhabites qui brandissent la violence comme méthode et argument pour éloigner les musulmans les uns des autres et des autres peuples, en en faisant des terroristes potentiels. Al-Bouti rappelle que le concept de djihad évoque d’abord et avant tout un effort spirituel et intellectuel, avant d’être physique ou militaire et encore moins avoir une visée belliqueuse. Il prouve que la déclaration du djihad armé appartient au seul chef de l’État et aucun mufti, savant ou chef politique n’a le droit de la faire à sa place. À ce sujet, il écrit que la portée belliqueuse du djihad “a eu pour conséquence d'en exclure bon nombre de ses formes et indubitablement les plus importantes parce qu'elles prévalaient dès les débuts de la prédication islamique à La Mecque, constituant ainsi l'essence même du djihad et donnant naissance à d'autres formes dictées par les circonstances”. Al-Bouti était dépité que chez les musulmans, les muscles aient remplacé le cerveau, le langage belliqueux, la sagesse. Il ne cessait de rappeler que le djihad armé “n’a été prescrit qu'après l'exode du Prophète vers Médine”, à la deuxième année de l’Hégire, soit après 14 années de patience et de résistance pacifique face à des ennemis hostiles. Il ajoutait souvent que Dieu n’a ordonné ni à Moïse ni à Jésus de prendre les armes et qu’il n’a ordonné à Mohamed de se défendre que lorsque sa vie était en danger et que l’Islam était menacé dans son existence même alors que le message divin n’avait pas été entièrement révélé. Ghandi a appris sa sagesse à travers l’exemple des prophètes qui ont tous fait preuve d’une résistance pacifique. Al-Bouti était un fervent admirateur d’Abu Hamid Al-Ghazali, l’illustre juriste, théologien, philosophe et mystique du XIIe siècle. Esprit encyclopédique comme lui, il n’entendait pas de pratique cultuelle sans sagesse ni science, et encore moins de recherche du savoir et d’humilité. L'influence d'Al-Ghazali s'est étendue au-delà du monde islamique pour s'exercer jusque sur la pensée chrétienne et juive, notamment sur Maïmonide ; et c’est cette exigence qui faisait la force de la pensée islamique que prône Al-Bouti. C’est un retour à cet ijtihad qu’aspirait le savant syrien qui ne ménageait pas ses forces pour transmettre son savoir, et c’est sa transmission comme sa science que les sicaires visaient. Dans un siècle qui s’annonce chaud avec des conflits à la pelle au centre desquels l’Islam, l’affrontement des théoriciens de la tolérance et ceux du wahhabisme a fini par le bain de sang d’un savant ainsi que quarante de ses étudiants. Al-Qardaoui, le ténor du wahhabisme takfisite, l’esprit le plus sectaire d’un “Islam” à la solde du sioniste et de l’impérialisme, a eu raison d’Al-Bouti, physiquement parlant, par la violence qu’il prône. Al-Bouti, l’esprit vivant d’un Islam tolérant, ouvert et moderne dans des États-nations souverains et indépendants reflète-t-il la pensée juste mais néanmoins minoritaire dans une nation livrée à elle-même, divisée, morcelée, si ce n’est prête à une fitna sans fin ou à de longues guerres fratricides ?

samedi 23 mars 2013

Cheikh Mohammed Sa’îd Ramadhân al-Bûtî

 
 
 
Qu'Allah fasse miséricorde au Cheikh al-Bouti pour toute sa science et ses efforts pour la transmettre dans la crainte de son Seigneur.
 
 




http://www.lexpressiondz.com/ (Algérie)

 
Un attentat suicide a été commis jeudi soir contre la mosquée El Iman à Damas qui a occasionné la mort de 49 personnes dont celle du théologien Said Ramadhan Al Bouti.

L'éminent théologien Cheikh Mohamed Saïd Ramadhan Al-Bouti et plus de 40 autres fidèles ont été tués dans un lâche attentat suicide en Syrie. Le crime abominable a été perpétré par un kamikaze à l'intérieur de la mosquée El Iman à Damas peu avant la prière d'El Icha. «Le grand savant, Dr Mohammad Saïd Al-Bouti, est tombé en martyr dans un attentat suicide terroriste commis à l'intérieur de la mosquée El Iman, dans le quartier Mazraa à Damas» indiquaient, hier les télévisions et médias syriens.

Ce grand savant connu de tous les musulmans du monde entier dénonçait souvent, dans ses interventions, les courants salafistes et wahhabites, rappelant à ceux qui ont pris les armes de revenir à la raison. Tout en restant modeste, Al Bouti n'a jamais cessé de prévenir le monde sur les sectes criminelles de certaines monarchies du Golfe, et était l'ennemi juré de «l'Union mondiale des ouléma musulmans», parrainée par Yousef Al-Qaradhaoui, porte-voix de la mouvance intégriste dans le monde arabe et soutien actif des groupes terroristes en Syrie. Les Algériens se rappelleront longtemps de ses discours du temps de la «tragédie nationale» qui a endeuillé notre société. Il ne manquait jamais l'occasion pour lancer un appel à l'égard des terroristes ayant sévi en Algérie de déposer les armes dénonçant le faux Jihad proclamé par certains prétendus «spécialistes» de l'Islam. De l'Algérie où il avait séjourné, notamment en 2006 à Constantine, il avait déclaré, «Le Jihad désigne en son sens exact, la lutte pour la cause de Dieu... le Jihad, comme nous l'avons vu, était au début de l'ère islamique, un appel à l'Islam impliquant la nécessité de résister aux difficultés et aux épreuves par la voie pacifique...». Il dira aussi à ceux qui souhaitent comprendre «les gens du Livre, peuvent coexister avec les musulmans».

Un homme de paix et de tolérance, a été assassiné car il a refusé l'argent des pétromonarchies. Cela ramène à notre esprit la question de savoir s'il faut tuer tous ceux qui soutiennent le régime syrien? Al Qaradhaoui avait répondu oui. Qu'ils soient civils ou militaires, tous ceux qui luttent pour que la Syrie ne tombe pas entre les mains des sectes criminelles armées et soutenues par Israël, la Turquie, Qatar, l'Arabie Saoudite et les USA, et cheikh Ramadhan Saïd Al Bouti était , selon le prédicateur attitré d'Al Jazeera, des cibles à abattre quelles que soient les circonstances. Le 21 mars, la «sentence» fut exécutée par un kamikaze tuant près d'une cinquantaine de personnes. Moralement, Al Qaradhaoui, qui avait autorisé et légitimé les crimes en Algérie, pourrait être considéré comme un des principaux commanditaires de ce crime odieux ciblant un homme qui a toujours constitué un rempart contre les sectes wahhabites et leurs relais. A l'inverse du planqué de Doha, Al Bouti s'est distingué de façon éclatante et courageuse en dénonçant le terrorisme. Il avait apporté son soutien à l'Algérie et aux Algériens dans la dure épreuve qui leur avait été imposée par les tueurs de bébés. Connu pour son immense savoir et son extraordinaire humilité, Al Bouti a toujours été un savant libre qui maîtrisait parfaitement son sujet. Contrairement aux pseudo-ouléma, il n'avait jamais dissocié le nationalisme et le patriotisme du dogme «al Aquida» islamique. Sa conception du Jihad n'était pas celle de ceux qui veulent mettre les pays arabes à feu et à sang. Son élimination physique révèle aujourd'hui la véritable nature de ces hordes armées financées par le Qatar et manipulées par le Mossad, qui ne reculent devant rien pour la destruction des pays musulmans encore debout. Cheikh Mohamed Saïd Ramadhan Al-Bouti avait 84 ans en même temps que son petit-fils. Al-Bouti né en 1929, est titulaire d'un doctorat de sciences islamiques obtenu à la célèbre université Al-Azhar du Caire. Il était à la tête du département des Croyances et Religions de la Faculté de la Charia à Damas.

Il prêche régulièrement dans les mosquées de Damas, mais souvent aussi dans d'autres villes de la Syrie. Le défunt est l'auteur de plus d'une quarantaine d'ouvrages dont beaucoup sont traduits en plusieurs langues dont le français. Il arrive à la 23e position du classement des 500 musulmans les plus influents. Il est originaire du village de Jilka situé sur l'île de Buthan en Turquie. Il obtient en 1955, «Al-Alamiyyah», le plus haut diplôme délivré par Al-Azhar à cette époque. En 1960, il enseigne à la Faculté de la Religion à l'Université de Damas où il a occupé plusieurs postes hiérarchiques. Il a de son vivant participé à de nombreuses conférences et colloques à travers le monde, en France notamment. Il a été membre de la Société royale de recherche en civilisation islamique du Haut conseil de l'Université d'Oxford en Grande-Bretagne. Il est apprécié pour son épistémologie et sa modération. Al-Bouti s'est toujours opposé aux fondamentalistes d'Arabie Saoudite. Dans un de ses livres, il accuse les salafistes de manipuler le terme «Jihad» à des fins d'intérêt. D'ailleurs dans son ouvrage «Djihad en Islam», il s'oppose à la fetwa controversée d'Al Albani ordonnant aux musulmans de quitter la Palestine. Sa droiture lui a coûté la vie jeudi soir.





Biographie : Voir ici


Introduction à la traduction française du commentaire des Hikam d’Ibn ‘Atâ’ Allâh par le cheikh Muhammad Sa‘îd Ramadân al-Bûtî


Le véritable guide (murchîd haqqan) – Cheikh Mohammed Sa’îd Ramadhân al-Bûtî


La Syrie entre Al-Bouti et Al-Qaradhaoui!, par Mohamed Bouhamidi

Les menaces d’el Qaradaoui mises en exécution.

 

 

vendredi 24 août 2012

Introduction à la traduction française du commentaire des Hikam d’Ibn ‘Atâ’ Allâh par le cheikh Muhammad Sa‘îd Ramadân al-Bûtî

http://www.eric-geoffroy.net/




                                               Auteur ; Mohammad Said Ramadan Al Bouti
                                 Traduction : Abdallah Dominique Penot, Idris Devos, Samia Touati .


Introduction (extraits) d’Eric Geoffroy à la traduction française du commentaire des Hikam d’Ibn ‘Atâ’ Allâh par le cheikh Muhammad Sa‘îd Ramadân al-Bûtî, Paroles Sublimes, éd. Sagesse d’Orient, Paris, 2011.

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