dimanche 19 février 2012

La Mecque






La Mecque (Makkah)






La Mecque est le lieu le plus sacré du monde. C’est le lieu de la naissance du prophète Muhammad pssl et le lieu où est descendu le Saint Coran, une révélation du Maître de l’Univers adressé à tous les êtres humains aussi bien qu’aux autres créatures, les génies par exemple.






Berceau du monothéisme et capitale spirituelle du monde musulman, la Mecque est située à la   latitude 21°30 Nord et longitude 40°20 Est dans la province de Hijaz en Arabie Saoudite, péninsule de 2,240,000 km carrée.

Ville montagneuse entourée par la Vallée d’Abraham (Wadie-Ibrahim), elle s’étend sur un ensemble de monts et de vallées et est enchâssée par deux chaines de montagnes prestigieuses, au nord par le mont Al Falq et Kaeyqan, au sud par les monts Kandamah et Abu-Qubaïs, le mont qui abrita la Pierre Noire à l’époque de Noé as et qui la restitua à Abraham as et à partir duquel le prophète Muhammad a fendu la Lune en deux.



                                                  Jabal an Noor

 La Mecque a pour voisin deux autres montagnes non moins célèbres : à trois kilomètres le Jabal an Noor, mont qui abrite la Caverne Hira où le Prophète pssl avait reçu la première révélation et à sept kilomètres le mont Shawr, dans la caverne duquel le Prophète pssl accompagné d’Abu Bakr ra s’étaient réfugiés durant leur émigration vers Yathrib (Médine). Charé Shawr est aussi la caverne où Allah érigea un mur impénétrable avec du fil d’araignée pour protéger son Envoyé pssl contre les armées des polythéistes.




                                                  La Révélation sur le mont Hira


La Mecque est cette ville sans aucun attrait touristique que tous, même des personnes âgées, malades et handicapées veulent visiter quand bien même une visite comporterait un risque de non-retour. Elle n’a pas de rivière, de cascade. Elle est un endroit très désertique et est recouverte de sables, de pierres et de collines. Elle a une température avoisinante de 48° Celsius en été.



 La Mecque est identifiée par le Saint Coran comme « la Mère des Cités » (Umm al Qorah) et comme « La Cité de la Paix » (Al Balal al Amin) également connue sous les noms de la « Source de la Miséricorde » (Umm ar Rahma), de « l’origine » (Al Ras) et de la « sacro-sainte » (Al Muqaddasah).


C’est la Mecque qui possède la Maison Honorée (Kabaa Sharif) vers laquelle un milliard de personnes se tournent pour l’accomplissement de leurs prières quotidiennes. Elle possède aussi la source miraculeuse de Zam Zam, l’eau de laquelle le mourant aspire à boire avant sa fin.









La Mecque abrite aussi la Mosquée Al haram (Masjid-ul-Haram), mosquée pouvant accueillir à l’intérieur plus d’un million de prieurs avec sa superficie de 356 000 mètres carrés et à l’extérieur, sur l’esplanade, 500 000  prieurs. Le prieur y reçoit 99,999 récompenses supplémentaires par prière, donc 100,000 de bénédictions.


Par ailleurs, se trouve à la Mecque la Mosquée des Génies (Masjidul-Jinn) où les génies faisaient allégeance (Bay’at) au Prophète pssl.


  Intérieur de la Mosquée Al haram



   Egalement, elle abrite la maison de Khatijaea ra, la première musulmane. Y naquit Fatima ra, la perle précieuse qui embellira le Paradis par sa présence.





La Mecque a trois entrées principales : Al Maala au nord de la région haute et Al Masfalh au sud de la région base et As Sabeikah à l’ouest. Ses périmètres sont sacrés, ses habitants sont les voisins de Dieu. Ils ne sont autorisés à couper des arbres, de chasser les animaux, de verser le sang et en contre partie ils ont l’assurance de vivre en sécurité.





Selon un récit transmis par Abu Sharif Al Khuzai, le Prophète pssl a émis les propos suivants au moment de la prise de la Mecque : « Certes, Allah a rendu sacrée la Mecque le jour où il créa les cieux et la terre. Aussi est-elle sacrée par le caractère sacré d’Allah. Jusqu’au jour de la résurrection, il n’est alors licite à personne ayant foi en Allah d’y répandre le sang et d’y abattre les arbres ».





Aujourd’hui la Mecque est une cité très moderne. Il y existe de grand centres commerciaux, de grand établissements d’enseignements supérieurs etc.





Dans le domaine de la médecine, la Mecque devance toutes les villes voisines par l’existence de multiples hôpitaux, de cliniques mobiles, de laboratoires, de banques d’organes et par l’existence du service du Croissant Rouge destiné au secours urgent. Ce service dispose de moyens très modernes, dont par exemple des avions d’évacuation médicale comportant un bloc opératoire pour fonctionner en plein vol.
                                                                  





La Mecque est un centre d’information. Elle dispose des stations de télévisions modernes. La Mosquée al Haram est elle-même dotée d’une station propre diffusant en direct les rituels du pèlerinage et des prières par satellite et sur internet.





La Mecque abrite des musées islamiques, des bibliothèques spécialisées en matière religieuse et générales.





Bien que la Mecque soit un lieu aride, elle a une surabondance de toutes sortes de nourriture. D’ailleurs Abraham as n’avait-il pas invoqué Dieu en ces termes : « Accorde-leur des fruits en nourriture, peut-être Te seront-ils reconnaissants ..(Le Saint Coran, chapitre 14, verset 37.)



La Kaaba, son histoire 


 











La Kaaba (Maison Honorée) est symboliquement le centre et le cœur du monde terrestre. Elle se trouve géographiquement au milieu des cinq continents et est perpendiculaire à la Maison Illuminée (Baïtul Mamur), la Maison du septième ciel. Elle est donc bien évidemment le siège de l’autorité spirituelle. La Maison de Dieu est celle qui est la plus honorée du monde. Aucun lieu sur terre ne commande autant de respect. La Maison Honorée est respectée par les humains, les djinns, les anges et les animaux. Elle est couverte d’une toile de soie noire (Kiswa) qui contient des motifs coranique brodés en or pur. C’est une couverture très couteuse et est renouvelée tous les ans.







                                                 

Elle est le seul lieu au monde qui n’est jamais déserté car jour et nuit une foule de personnes très compacte tourne autour d’elle, et tourneront certes sans arrêt jusqu’au jugement dernier.


L’histoire de la Maison Honorée date d’avant celle de l’humanité et probablement précède l’ère géologique. La Maison Honorée fut construite pour être le centre du pèlerinage des anges. Elle fut créée par le verbe divin (Sois et c’est) depuis des temps immémoriaux bien avant l’avènement de l’homme sur terre. Ibn Abbas rapporte que : « Allah fit connaître à Adam (as) l’existence de la Maison Honorée avant qu’il n’y eût été descendu ».

La Kaaba Adamique

Quand Adam as partit pour le pèlerinage à la Mecque, il était très nostalgique et larmoyant car il fut descendu sur terre. Pour le consoler, Dieu lui envoya une construction du paradis qui contenait des lampes faites d’une lumière céleste. Elle était circulaire avec une coupole (Qubba) et quatre colonnes en pierre précieuse taillées magistralement d’une seule pierre. Elle contenait quatre portes, une pour chacun des prophètes suivants : Adam as, Abraham as, Ismaël as et Muhammad (pssl). Ces derniers devinrent ultérieurement ceux qui avaient participé aux réformes du culte lié à la Maison Honorée.

En faisant descendre Adam as sur terre, Dieu lui avait dit, d’après un récit rapporté par Addallah Ibn Amru : « Avec toi, je vais faire descendre un temple (Bayt) autour duquel on circulera comme on le fait autour de mon trône et auprès duquel on fera des actions de grâce ».

A ce moment là, Dieu avait convoqué toute la postérité d’Adam as et leur avait demandé : « Ne suis-je pas votre Seigneur ? Elle avait répondu : Certainement et nous en sommes témoins. (Le Saint Coran, chapitre 7, verset 172.)

Ce témoignage fut divinement enregistré sur pierre précieuse très blanche. Plus tard, cette pierre fut connue sous le nom de la « pierre noire » (Hajar-Aswad) puisqu’elle devint noire par les attouchements des polythéistes.





Après sa descente sur terre, cette pierre fut encastrée dans la première Maison de Dieu. Elle était tellement brillante que ses rayons illuminèrent la Mecque toute entière, sa banlieue et d’autres régions plus lointaines moins brillamment. L’espace illuminé intensément s’appelle « espace très sacré » (Haram Sharif) et l’espace qui a été illuminé moins brillamment s’appelle « espace sacré » (Hil) et l’extérieur de ces deux espaces a pour nom les « Miquats ».

C’est une limite que les non-croyants ne doivent pas franchir sous peine de sanction. Les croyants ne sont autorisés à y pénétrer qu’avec l’habit de pèlerin (Ihram) et en état de sacralisation totale. Il est surveillé avec grande vigilance par un groupe d’anges qui forme un cercle face à la Maison. Ils se tiennent debout à la limite du territoire sacré, et ce en permanence. Ce poste angélique de surveillance a rendu le territoire sacré inviolable. Les croyants ont pu tourner autour de la Maison Honorée Adamique jusqu’au déluge du temps de Noé as.

La Kaaba Abrahamique

Après le déluge, l’homme devenait un peu plus adulte et Abraham (as) prouva sa maturité. Dieu lui avait demandé d’inaugurer un nouveau cycle humain en lui confiant la construction de la Maison Honorée sur le même site de l’ancien Temple Adamique d’après un plan établi par l’ange Gabriel (as) avec le concours du fils d’Abraham (as) qui agissait comme géomètre. L’édifice prit la forme d’un rectangle arrondi sur le côté nord-ouest en maintenant la forme circulaire de la Kaba Adamique et en contenant seulement deux portes .( Il y a lieu de noter que le mot de Maison Honorée dérive des alphabètes K et B et qui signifient carré et cube en arabe.)

Lorsque la construction arriva à un stade avancé, le mont Adu Qubais qui entoura le chantier demanda à Dieu : « Seigneur autorise-moi à remettre le dépôt à ton ami très proche (Khaliullah) ».

L’autorisation fut accordée. Le mont dit alors à Abraham (as) : « Je renferme un dépôt qui t’est destiné. C’est une pierre que ton ancêtre Noé as m’a confiée au moment du déluge ».

L’ange Gabriel (as) se chargea de la livraison. Abraham (as) en personne l’encastra sur le côté est de l’édifice. Cette pierre noire déposée à la Maison Honorée est le signe du pacte divin.

La pierre noire a pour fonction d’être témoin de ceux qui ont tourné autour de la Maison Honorée. D’après une tradition, le prophète Muhammad (pssl) a dit : « En vérité, la pierre noire est une des hyacinthes du paradis. Elle se ressuscitera le jour du jugement. Elle a deux yeux et une langue. Elle parlera et témoignera en faveur de tous ceux qui l’ont touchée réellement. »




                                               Maqam d' Ibrahim


La Kaaba préislamique

Peu après le départ d’Abraham (as) de ce monde, l’homme de nouveau trébucha dans sa marche vers l’Eternel. Certes, l’homme est convaincu que l’essence de sa vie est de s’approcher de Dieu, mais il est dans sa nature très faible et est vulnérable à l’influence diabolique de Satan. Ainsi, il s’éloigna de Dieu et revint à la case de départ. Il oublia le principe fondamental de l’unicité de Dieu enseigné par Abraham (as). Il devint polythéiste et idolâtre. Il adora 360 idoles au premier plan desquelles se trouvaient Hubal, Lat et Uzza. Cependant, les idôlatres n’avaient pas complètement oublié le nom de Dieu unique (Ilah). Ils avaient aussi préservé la tradition d’accomplir les tournées rituelles (tawaaf) mais ils les effectuèrent désormais d’une façon malsaine et démoniaque. La Kaaba était transformée en camp de naturistes. En effet, les idolâtres considéraient qu’ils devaient accomplir le rite sacré tout nus car, selon leur raisonnement, l’homme est né nu et il doit donc se présenter devant les divinités dans une condition semblable.

Hubal




Dans ces circonstances, les tournées rituelles (tawaaf) avaient pris une allure de fête accompagnée de réjouissances. Une foule immense était toujours présente à la Kaaba. Certains faisaient les tournées rituelles, d’autres entreprenaient des activités commerciales. Des foires furent organisées. On y vendait un peu de tout, notamment les boissons, les épices, les parfums, les divinités et les femmes et celles-ci parfois au rabais. Le vœu de Satan était semble-t-il comblé.

Par ailleurs, deux habitant de Yémen, Asaf Ibn Baghi et Na’ila Bint Dik furent maudits pas Dieu. Ils étaient partis faire le pèlerinage selon les rites de l’époque. Mais ils étaient tellement emportés par l’ambiance qui régnait autour de la Kaaba, les chants, les danses érotiques et les boissons alcooliques qu’ils décidèrent de pénétrer à l’intérieur de la Maison de Dieu pour se retirer de la foule et se retrouver en privé. Profitant de l’intimité, ils se comportèrent comme des conjoints. Leur conduite malsaine attira la colère de Dieu. Le Tout-Puissant les paralysa et les transforma en pierre.

Ils devinrent deux statues de grande qualité. Mais les idolâtres sont tellement pervers qu’ils crurent fermement qu’une manne céleste s’était produite. Ils divinisèrent les deux statues. Ils les placèrent devant la porte de la Kaaba mais les transférèrent ensuite aux collines Safa et Marwa. La coutume de l’époque consistât à les toucher pour avoir leur bénédiction ! La décadence de l’homme était totale.



La Kaaba Muhammadienne

Peut-on dire que l’œuvre d’Abraham (as) a été anéantie ? La réponse doit être négative. Dieu veille sur la Kaaba depuis toujours. Abraham (as) Lui avait invoqué en ces termes : « Notre Seigneur, envoie aussi parmi eux un messager issu d’eux-mêmes qui récite tes signes, qui leur enseigne le livre et la sagesse et qui les purifie. En vérité, Tu es le Fort et le Sage .(Le Saint Coran, chapitre 2, verset 129.)

Cette prière fut exaucée quelques 25000 ans plus tard par Muhammad (pssl) alors qu’il était âgé de 35 ans seulement. Il n’était pas encore formellement inspiré par Dieu. Il inaugura le troisième cycle définitif de l’histoire de la Kaaba. Pendant une période de 23 années, il changea le cours de l’histoire de la Kaaba post-abrahamique. Tous les idolâtres de l’Arabie devinrent des croyants en un Dieu Unique. Ceux-ci influencèrent l’évolution de la Maison Sacrée de leur façon.

La Kaaba était vieille de 25000 ans et ne pouvait résister aux intempéries. Avec la dernière grande inondation ses murs commençaient à s’écrouler. Les Quraychites, les descendants d’Ismaël (as), voulaient la reconstruire, mais ils étaient réticents puisqu’ils avaient encore en mémoire l’épisode d’Abraha.

Trente cinq ans auparavant en l’an 570, environs deux mois avant la naissance du prophète Muhammad (as), Abraha Ashram, le gouverneur Abyssin du Yémen était venu à la Mecque avec une grande armée d’éléphants pour démolir la Kaaba et pour ensuite la reconstruire au Yémen afin de profiter commercialement du pèlerinage, qui était plutôt la plus grande foire de l’époque en cette partie du monde. Aussitôt arrivés dans les faubourgs de la Mecque, ils avaient confisqué tous les chameaux. Les mecquois ne pouvaient résister à une si puissante armée des abyssins. Ils avaient tous évadés la Mecque pour aller se réfugier sur les montagnes avoisinantes, à l’exception d’un de leur chef, Addul Mutallib, qui deviendra le grand-père du prophète Muhammad pssl. Abdul Mutallib alla à la rencontre d’Abraha dans la banlieue de la Mecque. En le voyant, Abraha croyait qu’il était venu implorer sa clémence pour ne pas détruire la Kaba. Tel ne fut pas le cas. Abdul Mutallib était venu seulement pour demander la restitution des chameaux pillés.

Le voyant perplexe, Abdul Mutallib lui dit : « Les chameaux nous appartiennent. Quant à la Kaaba, elle a son Maître qui s’en occupera ».

La grande armée d’Abraha avait déjà pénétré l’espace sacré de la Kaaba. Elle avait dû faire une escale forcée dans une vallée (Wadi e Muhassar) à Mina puisque les éléphants ne voulaient plus bouger. Puis Dieu, le garant de la Kaaba, envoya une armée d’oiseaux qui laissèrent tomber sur eux de petites pierres de Sijjil. Abraha et son armée furent tous anéantis.

« N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l’éléphant ? N’a-t-il pas rendu leur ruse complètement vaine. Et a envoyé sur eux des oiseaux par volées qui lançaient des pierres d’argile. Et il les a rendu semblables à une paille mâchée .(Le Saint Coran, chapitre 105.)

Ces pierres contenaient-elles des éléments radioactifs ? Peut-être pas, mais seul Dieu en connait les secrets. En tout cas, elles avaient une puissance considérable.

C’est bien pour cette raison que les Quraychites hésitèrent à démolir la Kaaba.

Finalement, un de leur chefs, Walid Bin Mughira leur dit : « Notre intention n’est pas comme Abraha. Nous autres, nous voulons seulement reconstruire l’édifice que l’inondation a endommagée ».

Convaincus, ils décidèrent de la reconstruire. Ils organisèrent une collecte d’argent pour financer le projet mais ils n’acceptèrent pas l’argent provenant d’une transaction interdite.

Cette attitude est fort louable et représente bien le changement qui allait s’opérer.

A cette époque, la Kaaba était construite de pierres entassées les unes sur les autres sans chaux ou ciment pour les lier. De plus, elle n’avait pas de plafond.

Par coïncidence, un navire romain dirigé par un dénommé Bakum échoua tout près du port de Jedda, à 75 km de la Mecque. Les mecquois envoyèrent le même Walid Bin Mughira à Jedda pour acheter du bois du navire naufragé de Bakum. Walid Bin Mughira acheta les débris du navire et retourna à la Mecque accompagné de Bakum, l’ingénieur romain.

Ils ont pu aussi avoir l’aide d’un égyptien dénommé Hanna qui était un maître charpentier.

L’heure de vérité fut arrivée. Il fallait absolument démolir la Kaaba pour la reconstruire. Mais personne ne voulait faire le premier pas. C’est bien encore lui, Walid Bin Mughira, qui avec l’aide de sa hache enleva quelques pierre. Mais comme rien de mal n’advint à Walid, ils étaient certains maintenant que Dieu était satisfait par les actions de Walid. Ils étaient maintenant tous bien disposés à démolir la Kaaba et participer à sa reconstruction.

Muhammad pssl, citoyen modèle, participa activement à la construction de la Maison Sacrée. Il transportait de grosses pierres sur sa nuque du mont Abu Qubays. La construction fut rapide.

Cependant, la polémique prit naissance quand il fut question de placer la Pierre Noire. Les différentes tribus se disputaient entre elles. Chaque groupe voulait avoir l’honneur de pouvoir soulever et déplacer la Pierre Noire dans le coin où elle devait y être. La querelle fut sans merci et les dirigeants de chaque tribu étaient sur le point de s’entre-tuer.

Ce désaccord continua pendant quelques jours et aucune solution ne fut trouvée. Finalement Abu Omayya al Makhzumi, un de leur chefs très âgé suggéra : « O mes frères ! Vous voulez plaire à vos dieux, mais en même temps vous voulez vous entre-tuer. La première personne qui entra par la porte d’As-Safa trancherait le litige ».

Tous acceptèrent cette proposition et ils attendirent. Le suspense fut très grand. Tout à coup quelqu’un y entra. Tous ensembles crièrent Muhammad Al Amine (pssl), l’homme de confiance. Tous étaient satisfaits et soulagés en le voyant. Informé de la querelle, Muhammad (pssl) satisfit tout le monde à la fois. Il leur demanda d’apporter un grand tissu sur lequel il plaça la Pierre Noire et demanda à un représentant de chaque tribu de tenir un bout de tissu par le bord afin de transporter ladite pierre. Tous ensembles soulevèrent le tissu jusqu’à la hauteur où la pierre devait être déposée. Muhammad (pssl) la prît pour la placer lui-même. Le principe pur d’Abraham as reprit naissance.

Ce geste de Muhammad (pssl) ressemble à celui effectué par Abraham as et ceci est la preuve de la continuité et la synthèse de la mission prophétique.

Un autre évènement est aussi très significatif. Par manque de fond licite, les Quraychites décidèrent de raccourcir la longueur de l’édifice rectangulaire qui devint un carré. Ce modèle avait l’avantage de solidifier et stabiliser le monument et de le rapprocher dans la forme de la Baïtul Mamur, la Maison fréquentée au septième ciel et qui est carrée. Toutefois, les Quraychites laissèrent vide l’espace non utilisé. Ils y construisirent un mur circulaire qui indique encore aujourd’hui le lieu de la Kaaba Abrahamique. Cet espace s’appelle Hijr et le mur circulaire s’appelle Hatim.



Ils ajoutèrent un toit supplémentaire à la Kaaba mais supprimèrent la porte située sur le côté nord-ouest.

La porte sur le côté sud fut élevée de deux mètres du sol. L’entrée à la Kaaba nécessite l’utilisation d’une échelle. Mais, selon le Prophète Muhammad (pssl ): « Le Hijr forme une partie de la Kaaba ».

Après la conquête de la Mecque en l’an 8 de l’Hégire, Muhammad (pssl) n’altéra pas l’édifice de la Kaaba. Il détruisit par contre toutes les idôles qui s’y trouvaient à l’intérieur. La Kaaba est préservée de toute souillure.


La Kaaba aujourd’hui

Il ne fait aucun doute que la Kaaba est l’édifice le plus honoré de la planète et les musulmans n’arrêteront de demander à Dieu d’accroître son honneur. Chaque année plus de dix millions de pèlerins, en la voyant pour la première fois prononcent la formule suivante : « Seigneur accroît  l’honneur de ce Temple sa considération, sa vénération. Qu’il reçoive un surplus de majesté et de grandeur de la part de tous ceux qui accomplissent le grand ou le petit pèlerinage (Hajj ou Oumra)".

Ceci est la raison pour laquelle la Kaaba est dotée de la porte la plus couteuse du monde. Cette porte contient 280 kilogrammes d’or pur à 99% et vaut une fortune. Elle contient de la calligraphie des versets coraniques. En réalité, la porte de la Kaaba est composée de deux portes ; une donnant vers l’intérieur et l’autre vers l’extérieur. Elle est à 2,25 mètre au dessus du sol.








La Kaaba est couverte en permanence d’une étoffe en soie noire d’une superficie de 650 mètres carrés. Ce tissu contient des motifs de versets coraniques brodés également en or pur. Une industrie spéciale existe pour sa fabrication. Cette usine se situe sur l’ancienne autoroute de Jedda à la Mecque. Elle emploi environ 250 ouvriers qualifiés. Chacun est spécialisé dans une discipline : le tissage, la broderie, la calligraphie etc. L’usine fonctionne en permanence afin qu’elle puisse produire annuellement une nouvelle couverture (Kiswa).

L’édifice de la Kaaba n’est pas exactement cubique. Il est plutôt quadrangulaire car il est de treize mètres de long, douze mètres de large et quinze mètres de haut. Ce ne sont pas les murs de la Kaaba qui sont orientés vers les points cardinaux mais bien plutôt ses quatre angles (Arkan).

L’intérieur de la Kaaba ressemble à une chambre vide avec une copie géante du Coran exposée sur un support. Le mur est revêtu en marbre.

La Kaaba se trouve au milieu de la Mosquée Sacrée (Masjid al Haram). Cette mosquée se situe dans un espace qui s’appelle Bakka.

En l’an 683 de l’ère chrétienne, Abdullah Ibn Az Zubair se rebella contre le calife Yazeed qui transforma la Kaaba comme au temps d’Abraham (as). En 693, Al Hajjaj Ibn Youssouf conquit la Mecque et tua Abdullah Ibn Az Zubair. Avec l’accord du calife de l’époque, Abdul Malik, il démolit la Kaaba et la reconstruisit d’après le modèle des Quraychites, le modèle bâti par le prophète Muhammad (pssl). En l’an 1630, le mur nord-ouest de la Kaaba fut endommagée par une grande inondation. Le Sultan Muraad ordonna sa démolition et la fit reconstruire conformément au modèle des Quraychites et en utilisant les pierres d’origine. Depuis personne n’a changé son modèle de façon drastique. Seulement des rénovations mineures ont eu lieu. C’est cette Kaaba qui existe aujourd’hui.







La Kaaba dispose de plusieurs noms tels Baitullah (Maison de Dieu), Baitul Haram (Maison Honorée), Baitul Atiq (Maison Antique), Al Akdas (le Saint des Saints), Al Muqadassa (la Sacro-sainte) etc.

La Kaaba a un statut privilégié car elle est : « certes le premier temple édifié pour les hommes et sert de direction aux mondes

« Il y a là des signes manifestes. L’oratoire d’Abraham et quiconque y entre trouve un abri sûr. Dieu prescrit aux hommes un devoir envers lui , le pèlerinage à ce Temple. Un devoir pour ceux qui en ont les moyens. Quiconque est infidèle doit savoir que Dieu peut se passer des mondes .( Le Saint Coran, chapitre 3, verset 97.)

Enfin la Kaaba comporte un double aspect terrestre et céleste. L’homme où il se trouve, sur mer ou sur terre ou dans l’air doit tourner vers sa direction pour accomplir ses prières quotidiennes.



Fichier:Kaaba.png



1 - La Pierre noire (angle Sud-est) (arabe : الحَجَر الأَسْوَد [al-hajar al-aswad]). En 684, la Kaaba est endommagée par un incendie, la pierre noire éclate à cause de la chaleur. En 930 celle-ci est prise par les Qarmates, et restituée en 950. Elle est enchâssée dans un cadre en argent.
2 - La porte de la Kaaba (mur Est).
3 - Gouttière (en or) pour évacuer les éventuelles eaux de pluie (mur Nord) (arabe : ميزاب [mīzab], gouttière). En 1626 une inondation fait écrouler trois des quatre murs de la Kaaba. Elle a été reconstruite en 1627. C'est alors qu'on installe cette gouttière et le châdharwân qui protège le soubassement des eaux de ruissellement.
4 - Le châdharwân est une partie du soubassement de la Kaaba (arabe : الشاذَروان [al-šāḏarwān])
5 - La zone appelée hatîm (الحَطيم, [al-haṭīm], partie effondrée ?) est délimitée par le muret appelé pierre d'Ismaël, selon d'autres sources le mot hatîm désigne aussi le muret. Cela correspond à une partie de la Kaaba originelle sous laquelle serait enterrée Agar, la mère d'Ismaël (arabe : (arabe : الحَجَر إسماعيل [al-hajar ismā`īl]).
6 - Al-Multazam (مُلْتَزَم [multazam], lié par un engagement) désigne le pan de mur entre la porte de la Kaaba et la pierre noire.
7 - La station d'Ibrahim (arabe : مقام إبراهيم [maqām ibrāhīm], station d'Ibrahim) : lors de la construction de la Ka'ba par Abraham et son fils Ismaël, celle-ci prenant de la hauteur, le prophète aurait été contraint de monter sur cette pierre, tout en y laissant l'empreinte de ses pieds.
8 - Angle de la Pierre noire (Sud-est).
9 - Angle du Yémen (Sud-ouest). Une grande pierre placée verticalement forme cet angle du bâtiment. La coutume est de caresser ou saluer cette pierre.
10 - Angle de la Syrie (Cham) (Nord-ouest).
11 - Angle de l'Irak (Nord-est).
12 - Kiswa (arabe : كِسْوة [kiswa], vêtement; habit; draperie) Voile brodé d'or, recouvrant la Kaaba (autre nom en arabe : سِتار الكعبة [sitār al-ka`aba], voile / tenture de la Kaaba).
13 - Bande de marbre marquant le début et la fin des tours.
14 - Cet emplacement est parfois appelé la station de Gabriel (arabe : مقام جبريل [maqām jibrīl], station de Gabriel).
        Source Wikipédia


Le premier Hajji





Le pèlerinage est une institution divine obligatoire une fois durant la vie de tout croyant (musulman) en état de l’accomplir. Il a été imposé à l’homme par le Saint Coran et la Sunna. « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils m’adorent ». (Le Saint Coran, chapitre 51 verset 56.)





« Et c’est un devoir vers Allah pour les gens qui ont les moyens d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Quant à l’incrédule, qu’il sache qu’Allah se suffit à Lui-même et qu’il n’a pas besoin de l’univers ». (Le Saint Coran, chapitre 3 verset 97.)





Et le prophète Muhammad pssl a dit : « O les hommes, Allah a prescrit le pèlerinage, accomplissez le donc » (rapporté par Muslim et An Nisal).





L’homme ne peut pas vivre sans l’accomplissement de la prière. Quand Adam as fut descendu sur terre, Dieu envoya une réplique du Baitul-Mamur, temple qui se trouve au septième ciel et où les anges font perpétuellement des tournées rituelles (tawaaf) et des prières, malheureusement les anges sont tellement nombreux qu’ils obtiennent cette faveur (le droit de faire des tournées) seulement une fois durant leur existence.





Abd Allah Ibn Amru précise, alors qu’Allah fit descendre Adam as du Paradis, Il lui dit qu’Il fera descendre un temple autour duquel circulera, comme autour de Son Trône.





La réplique descendue avec Adam as s’appelle la Kaaba Honorée et est située perpendiculairement par rapport à Baitul Mamur, la représentation du Trône Divin qui est une construction splendide faite à partir de l’hyacinthe rouge orangée d’une dimension colossale, d'une grande beauté du septième siècle.





Quand Adam as accomplit ses premières tournées rituelles (tawaaf) autour de la Kaaba Honorée, ce fut la première prière que l’homme  adressa sur terre à Allah, le Tout Puissant. Cette première prière fut retransmise à travers la Baitul Mamur.





Aussitôt que la prière d’Adam as fut terminée, et la gloire d’Allah acclamée dans tout l’univers, quelques anges furent descendus sur terre pour le féliciter.


Chaque ciel planétaire a sa propre maison. Ibn Abbas ra précisa que : « Cette Kaaba visible n’est qu’une maison d’entre les quatorze », correspondant ainsi aux sept cieux et sept terres.



Adam as était tout seul sur terre au début. Il invoqua Dieu afin qu’il puisse rencontrer Eve (Hawa) ra. Il la rencontra sur la colline Jabal al Rahma, mont de la miséricorde située dans une vallée. Puisqu’ils se sont reconnus sur cette vallée, on la nomma Arafat (arafat veut dire reconnaître en arabe), et aussi parce que c’est le mont autour duquel les pèlerin font station jusqu’à l’approche du coucher du soleil le 9 Zil-Hajj, le fait qu' Arafat soit un sympole de la pure connaissance, la connaissance désignée par le terme marifa.





En toute humilité, ils passèrent la journée à Arafat pour prier et remercier Allah. Puis, ils séjournèrent à Muzdalifa durant la nuit en se souvenant d’Allah. Ensuite, ils traversèrent Mina pour arriver à la Mecque pour tourner autour de la Kaaba. Ils voulaient exprimer leur gratitude et ils firent ensemble la Tawaaf, puis ils continuèrent cette pratique durant toute leur vie.





Ce sont les mêmes lieux sacrés, Arafat, Muzdalifa, Mina et Makkah qui suggèrent un symbolisme permanent que franchirent à leur tour Abraham as, Ismaël as et Hajra.





Tabari rapporte qu’Adam as faisait sept tournées rituelles (tawaaf) pendant le jour, c’est-à-dire 7 X 7 tours, et cinq durant la nuit (5 X 7 tours).





On rapporte qu’Adam as, l’ancêtre de l’humanité mourût à l’âge de 960 ans, et dicté par l’ange Gabriel as, son fils Sheesh as, officia la prière funèbre (Salat ul Janaza).





On présume qu’Ève ra fut inhumée dans une ville située à environs 75 kilomètres de La Mecque, dont le tombeau d’une longueur exceptionnelle, se trouvait dans un cimetière aujourd’hui englobé dans le centre ville. Puisqu’elle est la Grand-Mère de l’humanité, on nomma cette ville Jedda ( Djeddah). Elle est aujourd’hui la ville la plus lumineuse de l’Arabie Saoudite. (Jeddah signifiant en arabe grand-mère.)








Elle est une ville très élégante avec son jet d’eau qui jaillit au large de la Mer Rouge en s’élevant à 260 mètres en hauteur, artistiquement éclairée.





L'eau de Zam Zam










Abraham (as) avait laissé Ismaël (as) et sa mère Hajar (ra) dans une vallée désertique, devenue ensuite La Mecque.
Le voyant partir ainsi, elle le suivit et lui dit : "0 Abraham ! où vas-tu et comment nous laisses-tu dans cette vallée qui n’abrite ni être humain ni rien ?" Cela, elle le lui dit plusieurs fois. Et, comme il ne se retourna pas, elle l' interrogea : "Est-ce que c’est Allah qui t’a ordonné de faire cela ? — Oui, répondit-il. — Alors, dit-elle. II ne nous abandonnera pas."


Après quoi, elle  retourna sur ses pas. Abraham continua alors son chemin, et  arriva à un col où ils ne pouvaient le voir, il fit face à la Maison et prononca des invocations les mains levées .

La mère d’Ismaël (as) allaita son enfant et donna à boire cette eau jusqu’au moment où toute l’eau fut épuisée. Après quoi, elle eut soif tout autant que son fils. Pour ne pas voir son fils souffrir, elle s’était éloignée, mais arriva à as-Safâ’, la montagne la plus proche, puis fît face à la vallée dans l’espoir de voir quelqu’un arriver. Comme elle ne vit personne, elle descendit d’as-Safâ’. Atteignant la vallée, elle courut jusqu’à la limite de la vallée. A al-Marwa, elle scruta [les alentours] dans l’espoir de voir quelqu’un venir mais elle ne vit personne. Elle fit cela par sept fois.
Puis, tout d’un coup elle vit apparaître l’ange Gabriel (as). Celui-ci  remua la terre et l’eau se mit à jaillir. Hâjar (ra) se mit alors à retenir l’eau comme dans un bassin ; et à la prendre avec ses mains pour en remplir l’outre. L’eau jaillit chaque fois qu’elle en puisa.
Les invocations sortant d’une mère, Hajra (ra), ont créé une source d’eau miraculeuse qui  incita la tribu de Jurham de s’établir à la Mecque. Après la mort d’Ismaël (as), leur nombre  augmenta considérablement, mais en même temps les membres de la tribu régressèrent en spiritualité. Ils furent complètement déviés de l’enseignement d’Ismaël (as) à tel point que les descendants de celui-ci  durent les chasser de cette localité sacrée. Leur état de débauche était outrageant. Avant de partir la tribu  contre-attaqua en remplissant le puits de zam zam avec tout ce qu’ils pouvaient trouver sur place. Ils  recouvrirent le lieu avec des monts de sable. Par conséquent, le puits resta invisible pendant plus de mille ans. En revanche, la Kaaba  demeura le centre du pèlerinage pour les descendants d’Ismaël (as) aussi bien que pour ceux venant de loin.

Malgré la disparition du puits, l’hospitalité des gens  voulut qu’il procurât de l’eau à tous les pèlerins. Abdul Monaf (ra), descendant direct d’Ismaël (as), et l’ancêtre du Prophète Muhammad (pssl) avait cette responsabilité honorable. Le privilège de distribuer de l’eau, qu’on appelle 'siqaya' fut transféré de père en fils. Abdul Mutallib (ra), chef de la famille Bunu Hashim et également le grand-père du Prophète (pssl) reçut cette honorable charge. Le titulaire du titre de distributeur d’eau avait une fonction difficile. Sans les puits de Zam Zam, il fallait transporter de l’eau de très loin. Néanmoins, Abdul Mutallib (ra) accomplît son devoir avec ferveur puisqu’il crut fermement en cette cause.

Par ailleurs, Abdul Mutallib (ra) connaissait bien l’histoire de la Mecque ancienne. Il savait qu’il existait au temps d’Ismaël (as) un puits dans l’enceinte de la Kaaba. Il  essaya donc de le localiser. Mais celui-ci  demeura introuvable.

Un soir, alors qu’il dormait dans le Hijr, il vit en songe que le site du puits de Zam Zam était situé sous l’emplacement de l’autel du sacrifice à peine quinze mètres de la Kaaba. Pour vérifier, il lui fallait déplacer les idoles qui l’entouraient. Cependant aucune tribu ne voulut approuver sa proposition de déplacer les idoles. Ainsi, Abdul Mutallib (ra)  retourna vers Dieu et le pria de l’aider dans sa tâche. Il  prit l’engagement que si Dieu l’aida à retrouver le puits de Zam Zam et le bénit de dix fils, il sacrifierait l’un d’eux à la Kaaba en signe de remerciement. D’emblée, il  informa les Quraichites de son serment de sacrifier un de ses fils sur l’autel en cas de réussite. Avec cette nouvelle proposition, les tribus cessèrent de s’opposer à son idée d’effectuer une fouille. Toutefois, elles ne l’ aidèrent pas dans cette entreprise. Téméraire, il  commenca la fouille avec l’aide de son fils Harith sous les regards ironiques des Quraichites.

Après avoir beaucoup creusé avec persévérance, et par la Grâce de Dieu, le puits fit jaillir de l’eau cristallisée. Ce fut une découverte phénoménale en ce sens que l’eau fut convoitée comme de l’or. Abdul Mutallib (ra)  reçut les félicitations et les remerciements de toute part. Il  devint un héros très respecté et fut considéré par tous comme un dirigeant en matière d’eau.

Le temps passa et Abdul Mutallib fut aussi béni de dix fils avec la volonté divine et tous étaient devenus adultes. Etant un homme de parole, il n’ oublia pas sa promesse faite à Dieu. Il dut sacrifier un de ses fils. Il fallut en choisir un, et ce fut la grande difficulté.

A cette époque de l’ignorance (jahiliya) et lorsque les gens avaient un choix à faire, ils avaient pour habitude de procéder à un tirage au sort. Il  réunit ses dix fils autour de la Kaaba et les mit au courant de son dilemme. Avec le consentement de tous ses fils, il fit un tirage au sort. Par trois reprises, le sort  tomba sur Abdallah (ra), le benjamin et celui qui fut le plus aimé de tous.

Sans perdre de temps, Abdul Mutallib (ra)  commença les préparations pour le sacrifice de son fils Abdallah. La nouvelle fut propagée très vite dans le quartier et déclencha une protestation de grande ampleur.

Abdallah était le bien aimé de tous pour ses bonnes manières. Une délégation mecquoise était venue convaincre Abdul Mutallib (ra) à changer d’avis. Mais ce dernier était déterminé dans sa démarche. Il accepta qu’un groupe de gens aille consulter la célèbre prêtresse Shia en Syrie pour trouver une solution. Celle-ci, après avoir écouté l’histoire, dît : « Notre coutume ici est de payer dix chameaux en guise de compensation pour un homme assassiné, ainsi Abdul Mutallib doit placer dix chameau d’un côté et Abdallah de l’autre et ensuite tirer au sort. Si le sort est du côté d’Abdallah, il faut y ajouter dix chameaux jusqu’à ce qu’il plaise à Dieu de faire tomber le sort du côté des chameaux ».

En toute hâte, la délégation  retourna à la Mecque pour informer Abdul Mutallib (ra) de la suggestion de la prêtresse Shia. Guidé par la sagesse divine, Abdul Mutallib  obtempéra. A neuf reprises le sort  tomba sur Abdallah et le dixième tomba du côté des chameaux. Il lui fallut sacrifier cent chameaux pour sauver la vie d’Abdallah et honorer sa promesse à Dieu (après cet évènement là, il était devenu une coutume en Arabie de payer cent chameaux en guise de compensation pour la vie d’un homme).

Très enthousiasmé, il  organisa une grande fête et  invita tous les habitants de la Mecque et de la banlieue afin de sacrifier les cent chameaux. Il décida ensuite de trouver une conjointe pour Abdallah (ra). C’est dans le désert de la Mecque, dans une famille de noble lignée que Abdul Mutallib (ra),  maria son fils Abdallah (ra) à la plus pure et la plus chaste des filles, une fille de grande beauté physique et morale, Amina bint Wahab bin Abd al Manaf bin Zouhra bin Kilab bin Moora bin Kaab, al Zahira, la Quraychite.

C’est ainsi qu’à l’âge de vingt ans Abdallah  épousa Amina, la vertueuse et ravissante fille de la tribu Banu Zahra. Il  eut avec elle, Muhammad (pssl), le dernier des prophètes sur terre.

Après un millénaire de disparition, l’apparition du puits de Zam Zam avant même la naissance du Prophète est très significative et annonça la venue d’un nouveau régime. Aussi doit-on noter que depuis la naissance du Prophète (pssl), l’eau de Zam Zam n’a jamais cessé de jaillir.


Actuellement la consommation moyenne par jour par les pèlerins seulement est de 10,000 mètres cube sans compter les 40 tonnes envoyées quotidiennement à Médine et l’énorme quantité expédiée à l’extérieur.

Les études scientifiques ont démontré que l’eau de Zam Zam est pure comme le cristal et est naturellement potable sans traitement. Elle est conforme aux normes internationales de pureté.

Par un surcroît de prudence, l’eau est traitée sous les rayons ultra violets pour sa stérilisation. Ceci n’affecte ni le goût, ni la couleur, ni la composition et l’eau parvient aux consommateurs sans que rien n’y soit ajouté.

La Zam Zam contient un taux de magnésium, de sodium et de potassium plus élevé que dans une eau de source ordinaire. Par contre, la qualité de fer qu’elle contient est juste inférieure à la maximale recommandée par l’Organisation mondiale de la santé.

Sa conductivité électrique est trois fois supérieure. Enfin, il ne faut pas oublier qu’elle possède beaucoup d’ions qui sont très nutritifs.

Nous pouvons conclure qu’elle est la meilleure eau minérale qui existe sur terre.

Etant situé à peine quinze mètres de la Kaaba dans le Mataf, la maison qui recouvre le puits a dû être transférée au sous-sol afin d’agrandir l’espace du Mataf pour faciliter la tawaaf.

Le plafond de la nouvelle maison du puits adhère au sol du Mataf. Le puits est doté d’une paroi en demi cercle faite de panneaux transparents permettant de le voir. L’emplacement du puits est indiqué sur le sol du Mataf par un cercle en marbre noir. La grande salle du puits est entièrement climatisée et illuminée et est équipée d’unités en marbre avec environ cinq cent robinets chromés. De plus, l’eau est repartie dans toute la Mosquée passant par des réfrigérateurs situés au sous-sol. Le pompage et la réfrigération sont commandés par ordinateurs.

Outre ces réseaux de distribution, il y a en permanence 8000 thermos contenant 50 litres d’eau éparpillés dans toute la Mosquée, tout près des prieurs accompagnés de millions de gobelets. Pendant le pèlerinage, l’eau est aussi distribuée par des camions frigorifiques stationnés dans les lieux de rassemblement des pèlerins.

L’eau de Zam Zam a cette particularité. Pour ceux qui dans leur vie ne peuvent s’approcher du puits de Zam Zam, alors c’est elle qui ira à leur rencontre où qu'ils se trouvent. L’eau est gratuite en soi. Les éventuels acheteurs ne payent que le coût du transport et du contenant.

L’eau de Zam Zam est la preuve que la bénédiction divine, la baraka, est inépuisable.

Il faut souligner que selon un récit traditionnel concernant l’eau de Zam Zam, le Prophète pssl a dit : « L’eau de Zam Zam est efficace pour tous les buts que vous voudrez atteindre » et selon un autre récit, Hazrat Omar (ra), en buvant l’eau de Zam Zam a dit : « Seigneur, je bois l’eau de Zam Zam pour étancher ma soif le jour du jugement dernier ». Selon un autre hadith, le Prophète (pssl) a dit que : « L’eau de Zam Zam est efficace contre la soif et la faim. Elle est aussi efficace si vous la buvez avec l’intention d’avoir la guérison contre une maladie ».

Enfin, lors de l’ascension (miraj), l’ange Gabriel (as) a apporté le Buraaq et un récipient en or du Paradis, mais il n’a pas apporté avec lui l’eau du Paradis. Il a utilisé celle de Zam Zam pour laver le cœur du Prophète (pssl) avant de partir pour la grande aventure.

En buvant l’eau de Zam Zam, le Prophète (pssl) priait Allah en ces termes : « Je te demande la connaissance utile, suffisamment de nourriture et la guérison contre toute maladie ».

Il est à noter qu’il est strictement défendu d’utiliser l’eau de Zam Zam pour les toilettes et celui qui boit cette eau doit se tenir debout et faire face à la Kaaba (comme pour la prière).

La source Zam Zam est un miracle actuel et vivant. Rationnellement, on ne peut pas expliquer son abondance. Il n'y a pas de rivière, de lac ou une autre source proche. Cette eau coule, en tout cas, depuis au moins l'époque du Prophète (pssl), c'est-à-dire depuis plus de quatorze siècles.

Abdool Cader DOOKHY





A voir aussi : 
  • Du Pèlerinage (extrait de : La Balance de la loi musulmane (Kitâb el-Mizân) – Cheikh Charani ou Esprit de la législation islamique et divergences de ses quatre rites jurisprudentiels (extraits) sur le site "Le Porteur de Savoir" ici

  • Les "Photographies anciennes de La Mecque et Médine, 1880, 1947 " ici






A suivre inchAllâh








Ar-Râzî Traité sur les Noms divins












                                                               
      
Auteur : Cheikh Ar-Râzî
Traduction,introduction et annotations : M. Gloton
Nombre de pages : 660
Edition : Al Bouraq
Langue : Français



Description :

Le présent Traité sur les Noms Divins s'inscrit dans ses oeuvres théologiques et illustre la méthode propre à la perspective du Kalam. Il constitue une petite somme théologique mais aussi un ouvrage de piété clair, concis et profond. Il montre toute l'importance que l'Islam attache à la connaissance et à la litanie des 99 Noms Divins arrêtés par la Tradition. Ce traité comprend en première partie : l'étude du nom, du nommé, de la qualité ou attribut, de l'invocation et du souvenir de Dieu par Ses Noms, du Non suprême, etc. ; en deuxième partie : l'exposé sur le pronom Huwa (Lui), sur le Nom Allah, sur la formule sacrée de l'Unicité divine La ilâha illâ Llâh (Nul Dieu adoré sinon Allah) est sur chacun des 99 Noms divins ; en troisième partie : une rapide étude sur d'autres Noms considérés par certains comme divins

Voir aussi dans ce Blog : Les 99 Noms - Attributs d'Allâh

L'histoire du cheikh Ahmadou Bamba et du mouridisme

 

 

Histoire

Fils de marabout de la confrérie de Xaadir (Qadiriyya) (La plus ancienne du Sénégal).Cheikh Ahmadou Bamba était un musulman ascétique et mystique qui écrivait sur la méditation, les rituels, les études coraniques. Bien que ne supportant pas la conquête française, il ne suivit pas la guerrilla que faisait les plus célèbres marabouts Tidjanes. Il prèche cependant avec succès la paix et promet le paradis à ces disciples. Il fonde la ville de Touba en 1887. Ayant parvenu à convertir plusieurs rois de la région et pouvant mobiliser de très nombreux disciples, il est accusé par administration coloniale française de préparer une guerre sainte. Aussi, il est exilé en 1895 au Gabon. Il est libéré en 1902 et retourne à Dakar en 1902, après 7 ans et 9 mois d’exil dans la forêt équatoriale, puis envoyé en Mauritanie entre 1903 et 1907. De ses exils, de nombreuses légendes sont nées. Après 1910, les autorités françaises réalisent que Bamba ne désirait pas la guerre , ainsi puisque la doctrine de Bamba les servaient, elles décident de collaborer avec lui. Bamba reçu la Légion d'honneur pour son aide dans le recrutement militaire pour la Première Guerre mondiale. Son mouvement pris de l'ampleur en 1926 quand la construction de la Grande Mosquée de Touba, ou il est inhumé, commença. Son tombeau est lieu de pèlerinage. Après sa mort la confrérie des Mourides, fut dirigée, avec une absolue autorité sur ses disciples, par ces héritiers.

Sa Légende

Appelant les hommes à se tourner vers Dieu, prêchant la non violence, la quête du savoir utile, le travail, le courage pacifique, la détermination et la foi en Dieu. Il déclarait : "Je ne crains que DIEU, je porte mes espoirs en DIEU, rien ne me suffit si ce n’est la religion et la science." le Cheikh fut l’objet de plusieurs épreuves parmi lesquelles, celle du lion affamé du jardin zoologique de Sor. " Ce jour, il fut enfermé avec un lion qui se montra aussi docile qu’un mouton. " Le Cheikh paisible et sage, déclarait toujours : " Jamais je ne porterai préjudice à qui que ce soit. " Enfermé dans un cachot, le Cheikh récite les sourates de la vache et de la famille d’Imrane.
Le père des historiens et poètes de la confrérie des Mourides Serigne Moussa Ka nous raconte : " Ce jour, le Cheikh eu une vision de sa mère Sokhna Diarra qui l’exhorta à continuer à servir Dieu et son Prophète. Une nuit de vendredi, ses ennemis l’enfermèrent dans une cellule obscure où étaient plantés des poignards et des pointes. " Envoyé par son Seigneur, l’Ange Gabriel protégea Cheikh Ahmadou Bamba qui ne fut pas blessé. Il fut conduit dans une ruelle où un taureau dressé à tuer fut lancé contre lui. A sa première charge, il tomba raide, mort devant le Cheikh grâce à l’assistance de l’Ange Gabriel. A bord du navire, au moment de faire ses ablutions pour la prière de midi (Zuhr), une dame se présente devant lui avec la ferme intention de l'en empêcher. C'est alors qu'intervinrent les anges. Ils portèrent le Cheikh à la surface de l'eau où il fit, dans la paix et la tranquillité sa prière. Au Congo, le Cheikh connut toutes les difficultés. Il fut jeté dans le feu par des mercenaires voulant faire leur propre loi, mais les flammes épargnèrent le serviteur du Prophète. " Ce jour il fut précipité dans un feu par ses ennemis enterré à l’image du Prophète Abraham, le père du monotéïsme. "


Le Mouridisme


Définition

« Je n ’ai point fondé une confrérie (TARÎQA), j’ai plutôt trouvé la voie qu’avait scrupuleusement suivie le Prophète et ses compagnons entièrement flétrie, je l’ ai défrichée le plus proprement, je l ’ai également rénovée dans toute son originalité et lancé l’ appel suivant : Tout pèlerin qui désire partir peut venir voici la voie réhabilitée : cette voie est celle du pacte d’allégeance » dixit : Cheikh Ahmadou Bamba
Ces propos du fondateur du Mouridisme ne laisse aucun doute sur sa mission et la raison fondamentale : la réhabilitation des valeurs culturelles de base de l’Islam dans le service du meilleur des envoyés Mohamadou Rassouloul Lah (Paix et salut sur lui). Selon toujours les propos de son fondateur, le Mouridisme est né de « La FOI par le TAWÎD, la LOI par le FIQ et la VOIE par le TAçAWWUF » et se fixe comme unique objectif la FACE de DIEU, le TRES HAUT le GENEREUX. C’est ainsi que tous ceux qui ont répondit à l’appel son désignés sous le terme de Mouride autrement dit un Aspirant à DIEU (Murîdul-l-lâh).

Historique

DAROU SALAM 1304-1305H. (1886-1887)


C’est à Dârou SaIâm où le SEIGNEUR qui efface les épreuves de ceux qui sont constants dans Sa Cause lui indiqua une Terre qu’iL a LUI-MEME promue au rang de Cité Bénite, de Maison de DIEU. DIEU la lui indiqua parce que l’endroit manifestait des Signes de la TOUTE-PUISSANCE DIVINE. C’est une Demeure qui dans toutes ses limites sacrées est sous Protection Absolue de DIEU ; c’ est également une Demeure dont l’ inviolabilité est entièrement du ressort du GARDIEN-VIGILANT . Son nom de baptême est TOUBA, elle fut fondée à la fin de 1305.h (1887) et au début de 1306.h (1888).


Touba Fin 1305H. - 1312H. (1886-1895)


Le TRES-HAUT et servir le Prophète, en dispensant une éducation spirituelle aux Mourides : ceux-là qui sont préoccupés par l’Agrément de DIEU. L’installation de la Cité se poursuivait, les disciples affluaient sans cesse quant à lui, il s’engageait davantage, persévérant plus profondément dans ses convictions et ses aspirations. Et sa détermination fut telle que le Prophète formula dans son pouvoir discrétionnaire une requête, auréolant la si haute fidélité de son disciple. Ecoutons le Cheikh : "l’Envoyé de DIEU a sollicité auprès de LUI (DIEU ) que je sois son serviteur tout en restant l’esclave de DIEU" C’est là ou sept années d’intenses activités de dévotion furent couronnées par la retraite spirituelle du Ramadan 1312.h (1895), dans la Mosquée érigée dans sa demeure à Dâru Quddûs. Lors de cette retraite spirituelle ( Ictikâf), le Prophète, son Maître, lui apparut, escorté par la légion des vaillants combattants de Bedr pour l’élever au rang de Pôle de son Epoque, alors qu’il était à trois mois de la quarantaine. Nul avant lui n’ avait accédé à ce mérite sans voir atteint les quarante ans fermes. Les honneurs attachés à la cérémonie ne suffirent pas pour assouvir ses aspirations, car en voyant ceux qui sont inséparables de l’Elu et connaissant ce qui leur accordât ce rang qui est selon le Coran "Un degré supérieur" , il eut l’ambition d’être un des leur. Ces derniers, les Gens de Bedr, ont fait leurs preuves avec le sacrifice suprême par le sang pour élever la Voix de DIEU par conséquent, l’ambition du Cheikh était d’accepter de faire ce que ces nobles avaient fait contre les infidèles pour témoigner leur soumission à DIEU et leur allégeance à l’Elu. Le sacrifice du sang étant une prescription abrogée, le Prophète lui signifia que la contrepartie est une somme d’épreuves trop lourdes ayant fait échouer tous les prétendants avant lui et n’eut été son secours, ils tomberaient tous dans la disgrâce. L’avertissement de son Maître ne dérangea aucunement sa détermination, et ce, pour trois raisons s’octroyer le monopole définitif de la Voie du Pacte d’Allégeance éprouver sa foi à travers les divers aspects de la sagesse Divine comme l’Elu intercéder en faveur des disciples auprès de l’ELU. Le Pacte des épreuves fut signé. Il fut mis en confrontation avec ses ennemis contemporains. Il quitta TOUBA qui est sous une protection absolue pour subir ces épreuves et s ’installa à MBacké Bâry, après la rupture du jeûne de l’an 1312.h (1895). DIEU ne déçoit jamais l’attente , la requête de l’Elu ; IL venait de mettre le Cheikh sur les traces des épreuves du Meilleur Serviteur.


MBACKE BAOL 1301-1304H. (1806-1887)


La même aspiration exceptionnelle qu’il avait en DIEU fut convertie dans le service de son Maître Spirituel MOUHAMMAD l’Envoyé de DIEU (Rasûlal-Lâh) son Patron, car c’est auprès de ce dernier que DIEU l’envoya. Et l’aspiration qu’il avait envers l’Elu était telle qu’il passa tout le temps à faire le Panégyrique de Celui au sujet de qui il nous dit Je Lui dois, pour la Face de DIEU et non pour autre chose, quelque chose qui l ’enchante, cela est en effet un service qui confond tous les autres services." Dans cette profonde aspiration à servir le Prophète, il se confronta constamment à toutes les difficultés sur son chemin, comme trouver une terre d’accueil où dominerait la Voix de DIEU. A Mbacké Baol, son influence s’agrandissait il était devenu le point de mire de la Communauté Musulmane. L’approbation des disciples était non seulement massive, mais ses adhérents appartenaient a toutes les catégories de l’échiquier social (princes, personnalités religieuses et le petit peuple). Sa constance dans le service de l’Elu semblait être la solution des maux du Dâr al Islâm.Il y’avait autour de lui les opprimés, d’anciens ennemis de la France et des vertueux qui attendaient un Guide Spirituel. Le Cheikh faisait subir à ses disciples des exercices pieux interminables par l’alchimie spirituelle de ses écrits et les initiait dans toutes les branches et disciplines du travail. C’est ainsi qu’ils avaient atteint un degré de perfection tel qu’ils surpassèrent leurs semblables dans le sacrifice de l’âme et des biens pour la Face de DIEU. Avec cette émergence dynamique, le Cheikh était devenu insupportable aux yeux de ses proches, des administrateurs et des aristocrates. Devant la double pression de ceux qui affluaient vers lui et de ceux qui lui furent hostiles, il émigra à la recherche d’une terre de paix avec ses disciples, considérant les autres comme les feux de l’alchimie dans son objectif - L’Islam ne donne pas de Promotion à quelqu’un sans l’avoir éprouvé - il quitta MBacké Baol en 1304.h (1886).


1300.h (1882) - 1301.h (1883)


Dès le début de 1300.h (1882) le Cheikh révéla son ambition : la providence lui offrit le contexte exceptionnel de prouver la foi exclusive qu’il témoignait a DIEU et d’obtenir une promotion publique au rang de vertueux. Il déclina l’offre du notable chargé alors de l’oraison funèbre de son père Serigne MBacké Mor Anta Sally et lui rétorqua après les civilités d’usage : "Quant au Damel (Roi), je regrette vivement, il n’est pas de mes usages de fréquenter les souverains ; je ne suis pas tenté par leurs biens, encore moins par leur prestige. Je ne cherche des honneurs qu’auprès du SOUVERAIN SUPRÊME." Et, séance tenante, il fit couler redoutablement son encre contre cette tentative de corruption manifeste : Ils m’ont dit "penche vers les portes des sultans et tu seras comblé infiniment." J’ai répondu : je me suffis à DIEU et ne trouve satisfaction qu’en LUI et jamais je ne donne mon agrément en dehors de la Religion et de la Science" Je n’ai de crainte ou d’espoir qu’en mon ROI, IL me protège et m’enrichit. Comment disposerais-je d’ailleurs ma destinée entre les mains de ceux qui, de leur sort, sont aussi indigents que les pauvres ? Et comment donc la satisfaction des besoins me pousserait-elle à fréquenter les parterres de Satan ? Si je suis dans l’affliction ou dans la nécessité, j’invoque le MAITRE du TRÔNE ; IL est l’ASSISTANT, l’OMNIPOTENT ; DIEU commande à Sa guise à qui relève de Sa VOLONTE. S’IL veut hâter une chose, celle-ci se réalise rapidement ; S’IL veut l’ajourner, cette dernière s’attarde momentanément. O toi qui me blâmes ! n’abuse pas outre mesure ; cesses de me blâmer ! car mon renoncement au Bas-Monde ne m’afflige guère. Donc , Si mon seul défaut est mon rejet des biens des roitelets, c’est là un précieux défaut qui ne me déshonore pas. CHEIKH AHMAD0U BAMBA lança ainsi un défi foudroyant aux sultans et aux dignitaires religieux et s’adonna davantage à DIEU. Le Cheikh ne se sentait plus orphelin, car DIEU LUI-MEME déclare Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de moi par des actions dévotes, jusqu’a ce que je l’aime ;et quand je l’aime je devient les oreilles par lesquelles il entend, l’œil par lequel il voit, la bouche par laquelle il parle et les pieds par lesquels il marche. Il dit également : "Quiconque se rapproche de Moi de l’espace d’un empan je m’approche de lui de l’espace d’une aune " Et dans cette profonde aspiration à DIEU, en qui il avait sans conteste une soif ardente qui limitait ses activités d’enseignant, il déclara "DIEU m’a révélé Sa Face sans m’égarer, agréant ainsi ma vie." Il devint ainsi un esclave de DIEU agrée. La grandeur de DIEU fut telle qu’en la découvrant, il sentit aussitôt la nécessite d’honorer le Pacte Primordial de soumission qu’Il (le Cheikh) avait engagé avec LUI (DIEU) depuis la Pré-éternité (Azal). Face à cette ambition, DIEU lui indiqua le Prophète MOUHAMMAD à qui IL a disposé la Sagesse du Pacte Primordial. Alors le Cheikh déclara : "DIEU m’a indiqué le Prophète MOUHAMMAD" Et, solennellement, il rendit un hommage : "Accorde ta prière et ton salut à celui qui a répondu le premier par "oui sans doute !" le jour de l’interrogation "Ne suis je pas..." (Yawma Alastu) avant la prononciation des autres." DIEU procéda ainsi parce que notre Seigneur MOUHAMMAD est le Maître de toutes les Voies menant à DIEU. Il est aussi celui qui proposa aux croyants la Voie du Pacte d’Allégeance, et dont la réhabilitation nécessitait un candidat qu’Il cherchait en vain jusqu’au début du 14ème centenaire. En 1301 .H (1883), le Prophète lui apparut, venant de la Part de son SEIGNEUR, le Cheikh se confia entièrement à Lui, Lui prêta serment d’allégeance pour impétrer l’Agrément de DIEU. Le Prophète devint son Maître Spirituel et il abandonna toutes les voies spirituelles qu’il avait adoptées, les reniant même, il avait rencontré le Maître des Voies qui lui ordonna de ne plus dispenser un enseignement théorique, mais plutôt une éducation spirituelle. Aussitôt après cette rencontre, le Cheikh s’adressa à ses disciples en ces termes "Ceux d’entre vous qui étaient venus ici dans ledessein d’acquérir la science religieuse sont priés désormais d’aller chercher un autre maître ; par contre, ceux parmi vous qui ont la même ambition que moi peuvent rester avec moi, mais seront tenus d’observer scrupuleusement ce que je leur ordonnerai de faire." Cette déclaration fut étrange pour certains, ils l’accueillirent comme un coup de foudre ; pour eux, une pareille attitude confirma la calomnie de certains dignitaires qui le qualifièrent de par son zèle de dèsiquilibrè et se retirèrent purement et simplement. Cependant, un petit nombre d’entre eux reçut cette déclaration comme une aubaine . Ce fut pour eux l’occasion de prouver qu’ils étaient à la recherche d’un Homme comme lui. CHEIKH AHMADOU BAMBA proclama : " Je n’ ai Point fondé une confrérie (Tarîqa), j’ai plutôt trouvé la Voie qu’avaient suivie le Prophète et ses compagnons entièrement flétrie, je l ’ai défrichée le plus proprement, rénovée dans toute son originalité et j’ai lancé l’appel suivant : tout pèlerin qui désire partir peut venir ; voici la voie réhabilitée." Cette Voie est celle du Pacte d’Allégeance." Par conséquent, le groupuscule qui resta était lié à lui par un serment d’allégeance CHEIKH AHMADOU BAMBA était alors leur Maître spirituel. La vie du Cheikh et de ses partisans prit un tournant décisif. Cette phase dans laquelle la tournure se produisit est celle de la révélation, écoutons le Cheikh pour plus de précisions Il est parmi les prodiges du fils d’Abdallâh - Puisse DIEU lui accorder Paix et Salut, (DIEU) le SUBSISTANT Qui éclaire l’humanité par l’intermédiaire des Saints jusqu’à la fin des temps, chacun (d’eux) étant garant de la Coutume Sacrée (Sunna) de l’Elu, la préservant des innovations blâmables (Bidda) d’avoir inspiré à son serviteur "Proclame ce qu’on te demande d’annoncer" (Façdac). De lui avoir ordonné sur lui sur sa famille et sur ceux qui l’ont suivi la plus pure prière de DIEU D’instruire ses aspirants et quiconque accepte ses conseils parmi les gens de l’époque et il l ’a fait accéder à la proximité de DIEU après l’avoir dépouillé des tares et honoré de parure. (in Illimunation des cœurs "Munawwiru çudûr" vers 203-208) Toujours en 1301.h (1883) à MBacké Kajoor, avant de partir pour MBacké Baol, le Cheikh fit la déclaration suivante : l’OMNISCIENT m’a abreuvé des sciences et de leur charisme, certes IL est l’OMNISCIENT Je détiens une science autre que livresque alors ne ménage point ton ardeur dans le service que tu me rends. Par considération pour l’Elu (Al Muçtafâ) - sur Lui la Paix et le Salut de DIEU - le GENEREUX m’a accordé le charisme du Coran et des Sciences Religieuses. DIEU a mis dans mes Ecrits les secrets de la formule : "Il n’y a point de divinité si ce n’est DIEU" IL m’a accordé des faveurs irréversibles et, grâce à LUI, je suis devenu un rempart et un asile ; c’est là la faveur que DIEU accorde à qui IL veut, LUI Qui m’a donné l’ordre de proclamer "Venez chercher refuge auprès de moi". Ce qui veut dire : DIEU m’a donné l’ordre de proclamer que je suis un asile et un recours, quiconque veut le bonheur ICI-BAS et dans l’AU-DELA doit chercher refuge auprès de moi. Désormais, CHEIKH AHMADOU BAMBA était sous la tutelle spirituelle légale de notre Seigneur, du prophète Mahomet l’Envoyé de DIEU - Paix et Salut sur Lui, son Maître à qui il vouait une dévotion exemplaire, un amour profond. Il le dit lui-même. "la Raison de mon service rendu au Prophète est l’amour intime que j’ai de l’essence de son être." Avant la fin de l’année 1301.h (1883), il avait une influence considérable, les souverains locaux, les dignitaires religieux parlaient de lui, les disciples affluaient de toutes parts et lui témoignaient les égards au-dessus de ce qu’ont voulu lui faire prétendre auprès des rois. Il entreprit alors d’émigrer à MBacké Baol.


Le pacte d’allégeance 1300-1301.H / (1882-1883)


C’est un parcours qui fut un marathon de 12 ans - allant du mois de Muharram 1300.h au mois de Ramadan 1312.h -. CHEIKH AHMADOU BAMBA confirma avec un groupe de mourides bien connu le Pacte d’Allégeance "Bayca" Le Prophète MOUHAMMAD ( Paix et Salut sur Lui) est le Premier à témoigner le Pacte Primordial de soumission à DIEU: l’homme ne remplira sa mission sur terre qu ’en se soumettant exclusivement à DIEU - c’est pourquoi au terme de sa mission, il nous laissa l’Islam comme Voie Royale du Pacte d’Allégeance. Les fils d’Adam qui eurent la Faveur DIVINE de répondre les premiers lorsque DIEU dit : "Ne Suis-je pas votre SEIGNEUR ?" sont ceux qui, Ici-bas, sont restés par pure Faveur DIVINE fidèles à leur engagement : ce sont les vertueux. Au terme de la vie du Prophète, le vertueux en qui DIEU trouvera une foi exclusive intacte, au-dessus de toutes les autres aspirations, héritera de la Mission de l’Elu et servira de modèle de soumission à la communauté musulmane. Ce dernier assumera le combat suprême par son âme vis-à-vis des autres dépendances en dehors de DIEU c’est le combat de l’indépendance du culte exclusif à rendre à DIEU qui valut la satisfaction de DIEU au Prophète et à ses compagnons qui ont versé le sang pour adorer leur SEIGNEUR exclusivement. C’est le Prophète qui proposa l’Agrément de DIEU aux musulmans à Hudaibiya, c’ est Lui qui leur indiqua la voie de cette Faveur Suprême du succès . Les musulmans engagèrent le Pacte d’Allégeance et exécutèrent scrupuleusement ses ordres sans jamais contrarier sa volonté, en Lui disposant la leur, leur raison et leurs désirs. Le Pacte de la Guerre (Baycatul Harb), les musulmans l’engagèrent à cAqaba ils mirent en gage leur vie et leurs biens jusqu’à ce que l’Islam se répande. Cela fut fait sur le champ de Bedr où les martyrs ont, dans leur agonie attesté qu’on leur a ouvert les portes du Paradis et, chacun d’eux fut pressé d’y entrer et de quitter la terre. "DIEU s’est fait céder par les croyants et leur vie et leurs biens, il leur a donné en échange le Paradis. Ils combattent sur le chemin de DIEU en tuant et se faisant tuer. C’est là une promesse authentique de DIEU dans la Thora, l’Evangile et le Coran. Qui tient mieux que DIEU ses engagements ?" (s9V111) Après la bataille de Bedr, le Prophète fut convaincu que la Religion de DIEU s’était répandue et qu’avec cette victoire de l’Islam, l’infidélité était vaincue pour de bon. Allors, il proposa aux musulmans le Pacte d’allégeance et ce, en contrepartie de la Satisfaction du TRES-HAUT. "DIEU a été réellement satisfait des musulmans lorsqu’il te prêtait Serment d’Allégeance sous l’arbre."(548V18) Au 14 ème siècle, il fut très aisé de retrouver celui qui allait dominer le siècle par sa foi exclusive en DIEU.


De la Réhabilitation du Pacte d’Allégeance au Rang de Serviteur Privilégié.


Conformément à la démarche que nous avons empruntée, la séquence présente des thèmes qui matérialisent la déclaration eschatologique du Prophète . C’est une phase qui renferme un enseignement religieux profond et non un récit très plat de faits et d’évènements. Cette étape est un marathon de 12 ans parsemé d’épreuves, mais plein de profits spirituels et de bienfaits, et riche en enseignement religieux. La séquence se bâtira donc sur quelques thèmes essentiels qui inculquent aux musulmans, et particulièrement aux mourides, les valeurs culturelles de base de l’Islam, réhabilitées de façon vivante par CHEIKH AHMADOU BAMBA. Le découpage de la séquence est ainsi agencée : le Pacte d’Allégeance ; - 1300-1301 H (1882-1883) : l’Etape de Mbacké Cayor ou la foi exclusive du Cheikh en DIEU et sa promotion publique au rang de vertueux. - 1301-1304 H. (1883-1886) : Mbacké Baol - 1304 H. (1886) : Dârou Salâm - 1305 et 1306 H. (1887-1888) : TOUBA

Les Khalifes ou Successeurs

Statut et Mission


Bien qu’étant tous des fils de Cheikh Ahmadou Bamba, chacun d’eux à troqué le lien de sang contre un lien d’allégeance se réclamant tous ses fervents disciples et ses serviteurs infatigables. Leur statut et leur mission seraient compris d’avantage en faisant un rappel sur le sens et le rôle du Khalifat en Islam. Seydouna Abou Bakr, Seydouna Oumar, Seydouna Ousmane, et Seydouna Alioune avaient comme tâche entre autre d’assurer la bonne gestion du patrimoine islamique, de veiller au respect stricte de la ligne de conduite islamique, de guider la communauté musulmane dans la bonne voie. Ce sont ces mêmes rôles qu’assurent les nobles khalifs au nom de Cheikh Ahmadou Bamba. Magistères suprêmes du mouridisme, ils sont les garants de l’héritage que nous a légué Cheikh Ahmadou Bamba, porte parole de Serigne TOUBA ils sont ainsi les guides de la communauté mais aussi les références mieux, l’incarnation des recommandations du Cheikh a tous les disciples : l’adoration de DIEU et le travail. Représantants de Cheikh Ahmadou Bamba, ils orientent les discilpes leur donnent les recommandations qu’ils doivent observer strictement en vu d’obtenir l’agrément de leur maître Cheikh Ahmadou Bamba ce qui n’est autre que celui du prophète donc celui de DIEU le TRES HAUT. L’actuel khalif et ses prédécesseurs ses vénérables aînés ont fait revivre chaleureusement aux mourides toutes les vertues attachées à la personne du Grand Cheikh et ils se sont aussi distingués par des actions qui réalisent le voeux de leur maître.


Premier Khalife: Cheikh Mouhamadou Moustapha MBACKE, né en 1888 à Darou Salam: (Khalife de 1927 à 1945). Second Khalife: Cheikh Mouhamadou Fadilou MBACKE, né en 1888 à Darou Salam: (Khalife de 1945 à 1968). Troisième Khalife: Cheikh Abdoul Ahad MBACKE, né en 1914 à Diourbel (Khalife de 1968 à 1989). Quatrième Khalife: Cheikh Abdoul Khadr MBACKE, né en 1914 à Daroul Alim: (Khalife de 1989 à 1990). Cinquième Khalife: Cheikh Saliou MBACKE, né en 1915 à Diourbel(Khalife de 1990 à 2007). Actuel Khalife Cheikh Mouhammadou Lamine Bara Mbacké Falilou (Khaliffe depuis décembre 2007)

Expansion et développement

Traiter de l’expansion du mouridisme et de son développement reviendrait à faire la géographie du mouridisme et un tour d’horizon des réalisations qui ont jalonné son parcours séculaire. Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme qui contrairement à ce qui semble répandu n’est pas une confrérie mais l’Islam réhabilité, dès le début de sa mission a inquiété plus d’un à cause de l’engouement des disciples, de leur ardeur et de la foi inébranlable qu’ils portaient à ses enseignements. En 1304h (1886) déjà, à Mbacké Baol, l’affluence des disciples était tel que la route menant à sa maison pouvait se comparer à celle qu’empruntaient chaque matin les hommes et femmes se rendant au marché. Vers les années 1925, l’administration coloniale après une étude commanditée pouvait espérer qu’au terme du séjour terrestre du vénéré Cheikh, le mouridisme ne serait qu’une ’’multitude de petites chapelles’’ avec à la tête de chacune un marabout se réclamant du leadership. Certaines autorités religieuses non mourides devant l’ardeur et l’enthousiasme des disciples avaient vite conclu que le mouridisme n’était qu’un feu follet. En 1913 déjà AUJAS, un administrateur colonial écrivait : " Le mouridisme étend son action partout. Il n’y a presque plus un coin au Saloum qui ne renferme quelques mourides. Les colonies mourides sont surtout nombreuses à Gossas Guinguinéo, à Kaolack, à Sokone, à Birkilane, à Kaffrine, et à Koungheul. Les Peuhls eux-mêmes sont travaillés et deviennent adeptes de la secte. Le Sérère sollicité se fait aussi mouride.... "

Le mouridisme au Sénégal et à l’étranger

Au Sénégal


Toute fois, ce qui est sûr et aisément vérifiable c’est l’implantation et l’omniprésence du mouridisme partout au Sénégal. Il n’existe de régions, de villes ou de villages même les plus reculés qui n’enregistrent des membres de la communauté mouride. Les villages du nom de TOUBA plus une particule telle que TOUBA-Sanogo, TOUBA-Mouride, TOUBA-Saloum, TOUBA Toul etc. pullulent partout au sénégal. Il n’existe pas de ville au Sénégal où l’on ne peut noter une forte concentration de mouride et de résidences construites pour SERIGNE TOUBA. Dans certaines villes ces résidences sont déjà achevées et gérées comme des centres d’accueil, de rencontre, pour les mourides mais aussi des espaces où l’on se réunit pour la célébration des évènements mourides. Dans d’autres elles sont en cours de construction. De Dakar à Ziguinchor, du Fouta à Kédougou, le disciple mouride en voyage n’est jamais solitaire ; il est sûr de rencontrer quelque part un frère condisciple mouride. Une précision de taille s’impose à cet égard : le Mouridisme, loin d’être un simple mouvement patriotique sénégalais encore moins l’expression d’un "Islam noir", est la réhabilitation de l’Islam dans toute son authenticité. Son fondateur dans son appel dira : "Tout pèlerin qui désire partir peut venir ; voici la voie réhabilitée". Autrement dit, il transcende les clivages géographiques ou ethniques et culturels. On peut en trouver l’illustration dans les multiples adhésions d’hommes et de femmes provenant des quatre coins du monde. Au Grand Magal de TOUBA il est aisé de rencontrer une colonie de Socès, de Diolas ou de Bambaras parlant très difficilement le Wolof quand ils s’y essaient.


Hors du Sénégal


Quant à l’extérieur on peut relever que les pays de forte émigration sénégalaise sont également ceux dans lesquels les mourides sont plus nombreux : la Côte d’Ivoire, le Congo, le Cameroun, l’Afrique du Sud mais aussi la France, l’Italie, l’Espagne ou encore les Etats Unis et le Canada. Les mourides étant entreprenants et travailleurs, ils n’hésitent pas à s’expatrier pour la recherche d’un gain licite. Dans ces pays étrangers où ils vivent, ils se sont organisés en ’’Dahira’’ où fonctionne la solidarité mouride mais aussi où l’on tente de recréer un espace socioculturel qui à tout point de vue rappelle TOUBA la sainte. Les résidences de SERIGNE TOUBA à l’étranger ne sont plus une nouveauté pour personne : Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké en Côte d’Ivoire, Johannesburg en Afrique du Sud, Libreville au Gabon, Bergamo, Brescia en Italie, Taverny à Paris, New York ...., toutes ces villes comptent un nombre important de mourides qui y exportent leur culture et leur civilisation. Ces pays étrangers méritent notre attention en raison des importantes manifestations que les mourides y tiennent périodiquement mais aussi en raison de leur forte organisation. Le Cheikh Mourtada Mbacké fils cadet de SERIGNE TOUBA vole de victoire en victoire dans la vulgarisation de l’Islam aux USA où résident une importante population mouride. Des journées culturelles sont dédiées à SERIGNE TOUBA dans certaines villes telles que Atlanta, New York.Brescia en Italie vient de lui emboîter les pas en en faisant de même.


Cheikh Mouhamadou Moustapha MBACKE


En tant que premier Khalif, il a annoncé l’ère des grands travaux, par l’esquisse de l’urbanisation de la ville, par la construction du chemin de fer de Diourbel à TOUBA, par l’engagement de l’édification de la Grande Mosquée de TOUBA, dont la première pierre fut posée en 1932.


Cheikh Mouhamadou Fadilou MBACKE


Le deuxième Khalif Cheikh Fallou MBACKE a poursuivi le lotissement de la ville, ainsi que la construction de la Grande Mosquée qu’il a inaugurée en 1963.


Cheikh Abdoul Ahad MBACKE


Le troisième Khalif, Cheikh Abdoul Ahad MBACKE, surnommé le Bâtisseur, a maintenu sans relâche cette dynamique pendant vingt ans avec de très grandes réalisations. Nous citerons le lotissement de la ville et la distribution gratuite de parcelles à usage d’habitation, la construction de la Bibliothèque Cheikhoul Khadim (en 1977), L’extension de la Grande Mosquée de TOUBA pour un coût d’un milliard cinq cents millions de francs CFA (1 500 000 F CFA) (1987), le démarrage de la construction de l’université islamique de TOUBA, l’implantation de nombreuses infrastructures socio-économiques. TOUBA est le plus grand sanctuaire du mouridisme. Son imposante Grande Mosquée, ses innombrables centres d’éducation et de formation spirituelle, le respect par ses habitants des prescriptions et proscriptions divines témoignent incontestablement de son statut de cité de DIEU, conformément à la volonté de son fondateur. C’est une ville très prospère. Elle constitue l’une des meilleures réussites urbanistiques à l’échelle planétaire. En atteste sa désignation comme ville modèle par la IIème conférence des Nations Unies sur les établissements Humains, tenue à Istanbul en 1995. Cette ville-Pélerinage accueille chaque jour des visiteurs provenant de partout pour se recueillir au mausolée du vénéré Cheikh Ahmadou Bamba, en quête de grâces et de bénédictions.
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Cheikh Saliou MBACKE


Le cinquième Khalif Cheikh Saliou MBACKE depuis son accession au Khalifat en 1990 n’a cessé de perpétuer l’œuvre de ses illustres prédécesseurs. Poursuite des travaux de réfection et d’embellissement de la Grande Mosquée pour un coût de plus d’1 milliard de franc CFA (1 000 000 000 F) Poursuite des travaux de l’université Islamique de TOUBA Travaux d’assainissement de la ville (canalisation des eaux de pluies notamment) Extension de l’électrification de la ville de TOUBA Mise en valeur des terres de Khelcom (Exploitation de 45 000 ha) Implantation de centre de formation aux valeurs religieuses appelé Daara (Enseignement religieux, formation spirituelle, initiation au travail) Construction de luxueuses résidences au nom de Cheikh Ahmadou Bamba dans les quartiers de la cité Bénite de TOUBA. etc. Cette énumération n’est qu’un aperçu qui est loin de retracer exhaustivement les réalisations du Khalif effectuées toutes sur fonds propres. Pour mesurer davantage le développement de TOUBA il faut interroger les statistiques concernant la consommation en l’eau, en électricité et en téléphone. TOUBA à elle seule compte plus d’abonnés au téléphone que le reste de la région de Diourbel dont elle fait partie ainsi que celle de Louga et de Saint-Louis réunies. Concernant l’électrification de la ville les nouveaux quartiers qui sortent de terre comme des champignons malgré les efforts consentis par les autorités sont toujours dans l’attente Le taux d’urbanisation en cette période de récession économique est galopant à TOUBA ; elle vient juste après Dakar avec un taux de ....%. Les prévisions des statisticiens sont toujours dépassées quelque temps après leur énonciation. Les villages environnants la cité bénite ont tous été phagocytés.


dahira mathlaboul fawzaini 18 safar thiès/sénégal