vendredi 6 décembre 2013

Salat El-Fatihi - Historique - Mérites et bienfaits - Exégèse

 
 
  
 
 
Information préalable :  "Pour pouvoir profiter des grâces particulières de Salât Fatihi, il faut remplir deux conditions : la première est que l'autorisation soit donnée par ceux qui en ont l'autorité. La seconde est que la personne en question ait la certitude que Salat Fatihi provient de l'invisible et non pas d'une composition humaine." (voir plus loin)
 
 


Allahoumma salli ‘ ala sayidina Mouhammadin el fatihi lima oughliqa

Mon Dieu ! Accorde Ta bénédiction à notre seigneur Muhammed qui a ouvert ce qui était clos,




                                          Wal khatimi lima sabaqa

                                        Qui a clos ce qui a précédé
 
 
 

 
                                           Nasiri l Haqqi bil Haqqi

                                  Défenseur de la Vérité par la Vérité

 
 
 
 
                                  Wal hadi ila siratika l moustaqima


                                          Le guide du droit chemin

 
 
                                      Wa ‘ ala alihi haqqa qadrihi
                                Ainsi qu’à sa famille suivant sa valeur
 
 
 

                                                             wa miqdarihi l ‘ adhim

                                    et l’estimation de son ultime dignité .


 
 
                                   Pour la prononciation, cliquer ici
 
 
 
 
 
Source :  Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe
 
 
 


Cette prière particulière fait partie de ce que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a ordonné à Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) et cela à l'état d'éveil, en pleine journée, de réciter et de transmettre (voir plus loin en bas "Points à éclaircir").

Un Pôle l'avait déjà connu, nommé Sidi Mohamed El Bakri (qu’Allah l’agrée). Il avait fait une retraite de plusieurs années à la Mecque dans l'intention qu'Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) lui enseigne la formule de prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui rassemble toutes les autres prières et leurs secrets.
Et certes, elle lui fut révélée, un ange descendit à lui avec un écriteau de lumière où était inscrite Salat Fatihi. Mais cela lui était personnel, car cette prière était réservée pour l'époque du Pôle Caché et ses disciples.
Il faut savoir que pour pouvoir profiter des grâces particulières de Salât Fatihi, il faut remplir deux conditions : la première est que l'autorisation soit donnée par ceux qui en ont l'autorité. La seconde est que la personne en question ait la certitude que Salat Fatihi provient de l'invisible et non pas d'une composition humaine.
En effet, il est rapporté dans le livre Jama’ de Sidi Mohamed ibn Mechri (qu’Allah l’agrée) que Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« La grâce de la Perle unique (autre dénomination de Salat Fatihi) ne peut être acquise que selon deux conditions
- La première est de recevoir l'autorisation (Idhnou)
- La seconde est la croyance ferme, pour l'évocateur de cette prière, qu'elle fait partie de la parole d'Allah comme le sont les hadiths Qouddoussi et qu'elle ne provient pas de la composition d'un être humain »
Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) ajouta :
« Personne en ce monde ne peut autoriser pour Salat Fatihi à part nous et nos compagnons de la Tariqa ».
 
Mérites et bienfaits
 
[1] - Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) m'a dit : "Personne n'a prié sur moi de la meilleure façon qu'avec Salat Fatihi" »
[2] - Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Je m'occupais de faire Salat Fatihi, de mon retour du pèlerinage jusqu'à Tlemcen (avant l'époque du Fath) ayant vu les mérites qu'elle contenait. En effet, une seule fois équivaut à 600.000 autres prières comme il est rapporté dans Ouird Jouyoub. 
Son auteur a raconté que celui qui l'a mentionné est Sidi Mohamed El Bakri Siddiq (qu’Allah l’agrée) qui était un Pôle et qui a dit : « Celui qui la récite une fois et qui n'entre pas au paradis qu'il m'attrape et m'emmène (le jour du Jugement dernier) devant Allah ».
Je n'ai cessé de l'évoquer, et ce, jusqu'à mon départ de Tlemcen pour Boussemghoune puis lorsque j'ai constaté une prière qui équivalait à 70.000 lectures de Dalaïl El Khaïrat j'ai abandonné Salat Fatihi et ne me suis occupé que de cette prière en question, en raison de ces bienfaits-là.
Ensuite le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) m'ordonna de retourner à Salat Fatihi et je lui ai alors demandé quels en étaient ses mérites.
Il m'informa qu'une seule fois, elle équivalait à toutes les glorifications faites dans la création, ainsi qu'à toutes formules d'évocations et de supplications grandes ou petites [...] »
[3] - Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit à Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret)
« Salat Fatihi n'a pas été composée par El Bakri, mais il s'est orienté vers Allah pendant une longue durée afin que lui soit révélée la prière (sur le prophète) qui contient plus de mérite que l'ensemble des autres prières et qui contient le secret de l'ensemble des autres prières. Sa demande fut longue puis il fut exaucé. Un ange est alors venu à lui avec cette prière écrite sur un écriteau de lumière »
Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Lorsque je me suis concentré sur cette prière, j'ai constaté qu'elle ne pouvait être pesée (par l’étendue de sa récompense) avec l'ensemble des adorations des génies, des hommes et des anges ».
Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui l'a informé, après qu'il lui ait demandé si elle (Salât Fatihi) était plus grande que la récompense du Nom Suprême (Ismou Allah El A’dham) :
« Non, la récompense du Nom Suprême est plus importante, mais aucune autre adoration ne peut faire face (en grâce) à la Salat Fatihi »
Puis Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Une seule fois le Nom Suprême équivaut à 6000 Salat Fatihi et une seule Salat Fatihi équivaut à toutes les évocations, toutes les formules de glorification, toutes les demandes de pardon, toutes les implorations accomplies dans l'univers qu'elles soient petites ou grandes, le tout multiplié par 6000 fois »
[4] - Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Parmi les supplications, il en est qui équivaut à la récompense de la nuit du Destin, tel que Saïfiyou. Or le Nom Suprême équivaut à 36.000.000 de nuits du Destin, car une seule fois le Nom Suprême équivaut à 6000 Salat Fatihi et une seule fois Salat Fatihi équivaut à 6000 supplications telles que celle ci-dessus (Saïfîyou) donc si tu multiplies 6000 par 6000, tu trouves 36.000.000 et cela concerne une seule récitation (de Salat Fatihi) en ne prenant le cas que d'une seule supplication (Saïfîyou) »
[5] - Une personne a interrogé Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) sur le fait que dans la Salat Fatihi il n'y a pas la formule -paix- (salam). Il (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a répondu :
« Quant à votre question sur Salat Fatihi, sachez qu'elle provient de l'invisible sous cette forme. Et tout ce qui vient de l'invisible, sa perfection est confirmée et elle sort des règles connues, car elle ne provient pas d'une composition écrite. Il y a des formules de prières qui proviennent du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et qui ne contiennent pas la formule « salam » et ce sont des formules prophétiques qui sont utilisées pour l'adoration »
[6] - Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Salat Fatihi est un acte Divin (c'est-à-dire une grâce Divine) qui ne laisse pas de place à la raison humaine. S'il y avait 100.000 communautés, et que chacune soit composée de 100.000 tribus et que chaque tribu soit composée de 100.000 hommes et que chacun de ces hommes vive 100.000 ans et récite chaque jour 100.000 prières sur le prophète autre que la Salat Fatihi, et qu'on rassemble toute la récompense de ces communautés durant toute cette période, ils n'arriveraient pas à la récompense de l'évocation d'une seule Salat Fatihi.
Ne la dément pas et ne la critique pas, car la grâce est détenue par Allah et Il la donne à qui Il veut, et Sa grâce sort du cercle des normes et il te suffit Sa parole qui dit : « Et Il crée ce que vous ne savez pas » (Sourate 16 Les abeilles, verset 08).
[7] - J'ai demandé à Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) :
« Est-ce que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était au courant de cette grâce des derniers temps, à son époque ? ».
Il (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit : « Oui, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était au courant ». 
Je lui ai dit : « Pourquoi ne l'a-t-il (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pas dit à ses compagnons (qu’Allah les agrée) sachant ce qu'elle contient comme bien qui n'en finit pas ? ». 
Il (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Deux choses l'en ont empêché, la première est qu'il (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) savait que cela devait arriver dans les derniers temps et que celui qui devait la recevoir n'apparaîtrait pas à son époque. 
La seconde est que s'il (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur avait parlé de cette grâce immense obtenue avec si peu d'œuvres, ils (qu’Allah les agrée) auraient insisté pour la connaître vu leur intense recherche du bien. Or elle ne devait pas apparaître à leur époque, c'est pour cela qu’il (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ne leur en a pas parlé.
Un autre point en dehors de ce qui a précédé : Allah connaissant la faiblesse des gens de cette époque et le chaos et la corruption dans laquelle ils se trouveraient, Il leur fit miséricorde et leur fit don de biens immenses en échange d'œuvres faciles. Il réserve Sa Miséricorde à qui Il veut au moment où Il veut. 
Et Il ne faut pas dire que ce dont le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) nous a informés étant mort, n’est pas comme ce dont il nous a informés étant vivant.
Car ces deux choses sont en vérité similaires dans l'ensemble de ce dont nous a informé le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), à part que ce dont il informe au commun, est alors pour le commun et ce dont il informe au particulier, est pour ces particuliers. 
Sauf en ce qui concerne les actes obligatoires qui sont inchangés et restent inchangés pour tous, comme l'exemple du hadith où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) répond quand on lui demande « quelle œuvre est la meilleure ? » Il (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « La prière faîte en sa première heure » ».
[8] - Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Saches que si tu évoques Salat Fatihi une seule fois, elle équivaut à 600.000 prières (sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)) faites dans l'univers par l'ensemble des génies, des hommes et des anges. 
Ensuite si tu l'évoques une seconde fois tu as la récompense de ce que tu as récolté pour la première fois, mais multipliée 600.000 fois. Ensuite si tu l'évoques une troisième fois tu as la récompense évoquée pour la première fois multipliée 1200000 fois et ainsi de suite, cela est multiplié...
En plus si cela est accompli de nuit une seule Salat Fatihi, en plus du mérite déjà mentionné, équivaut à 500 Salat Fatihi accomplies de jour ».
[9] - Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Si les habitants des sept cieux et tout ce qu'ils contiennent et les habitants des sept terres et tout ce qu'ils contiennent se rassemblent pour décrire la valeur de Salat Fatihi, ils n'en seraient pas capables ».
[10] - Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Tout ce que vous avez entendu sur les mérites de Salat Fatihi comparé à ce qui est resté caché est semblable à une goutte dans un océan ».
Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) en parlant des mérites de Salat Fatihi a dit qu'elle a sept ou huit degrés et que tout ce qui a été dévoilé comme mérites à ses compagnons n'est qu'une partie du premier degré, tout le reste étant caché.
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit aussi que le mérite de cette prière est emmagasiné dans les trésors mystérieux qu'Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) n'a dévoilés à aucun prophète, ni aucun ange, car c'est un secret d'entre les secrets qui sont particuliers au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et qu'il a déversé sur son représentant Abou-l-'Abbas Tidjani (qu’Allah l’agrée).
Qu'Allah nous abreuve, ainsi que tous ceux qui l'aiment, de son océan par les plus grands récipients.
Commentaire de La Salat Fatihi
 
« Ô mon Dieu ! Prie sur notre seigneur Mohammed qui a ouvert ce qui était clos, et qui a clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité et le guide sur Ton droit chemin, ainsi qu'à sa famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité »
Les termes de la Salat Fatihi font référence, dans leur sens, à des passages coraniques :
- « Ô mon Dieu […] » fait référence au verset qui dit : « Gloire à Toi Ô mon Dieu » (Sourate 10 Jonas, verset 10).
- « [...] prie sur [...] » fait référence au verset qui dit : « Certes Allah et ses anges prient sur le Prophète, Ô vous qui croyez priez sur lui et adressez-lui vos salutations » (Sourate 33 Les coalisés, verset 56).
- « [...] notre seigneur [...] » fait référence au verset sur le prophète Yahya (paix sur lui) qui dit : « [...] un seigneur (saïdan), un homme parfaitement chaste […] » (Sourate 03 La famille d’Imran, verset 39).
Le seigneur (dans la noblesse) des créatures est le Messager d'Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et il est permis de le considérer comme tel. En effet, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Je suis le seigneur des enfants d'Adam et sans prétention »
Quant à ceux qui ont prétendu que les compagnons n'appelaient pas le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) par le terme de seigneur (Saïdan) en citant le hadith suivant : « Ne m'appelez pas par le terme de seigneur, car le Seigneur est Allah ». 
Il faut savoir que sa chaîne est faible et il est inutile de le citer, car il nous suffit de citer ce qui a été authentifié par Nassa-i, la parole de Sahl ibn Houneyf (qu’Allah l’agrée) qui a appelé le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) par « Ô mon seigneur.. » ainsi que la parole d'Abou Houreyra (qu’Allah l’agrée) pour Hassen ibn 'Ali (qu’Allah l’agrée) rapporté par El Hakem et la prière d’Ibn Mess'oud (qu’Allah l’agrée) qui est rapporté selon une bonne chaîne et dans laquelle se trouvent ces mots : « Ô mon Seigneur prie sur le seigneur des Messagers… »
- « [...] Mohammed […] » fait référence au verset qui dit : « Mohammed est le Messager d'Allah » (Sourate 48 Al-Fath, verset 29).
- « [...] qui a ouvert ce qui était clos [...] » : fait référence aux versets qui disent : « Nous t'avons ouvert d'une façon manifeste les portes » (Sourate 48 Al-Fath, verset 01) ; « Voilà que vous est venu Notre Messager vous apportant des explications claires après une longue absence des Messagers » (Sourate 05 La table servie, verset 19).  Elle veut dire celui qui a ouvert les cœurs fermés par l'association et l'ignorance.
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Je suis le premier des gens à être créé et le dernier à être envoyé ». Les gens désignent ici les prophètes (sur eux la paix).
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit aussi :
« Je suis le premier sur qui s'ouvrira la terre, je suis le premier à intercéder et le premier pour qui ce sera accepté, je suis le premier à faire passer sa communauté sur le Sirat, et je suis le premier à entrer au Paradis ».
- « [...] qui a clos ce qui a précédé […] » : fait référence au verset qui dit : « mais le Messager d'Allah et le sceau des prophètes » (Sourate 33 Les coalisés, verset 40).
Elle veut dire qu'il est celui qui a clôturé la prophétie et Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) a réuni en lui toutes les grâces. Cela veut dire aussi qu'il a atteint les plus hauts degrés de perfection, il est le plus élevé des savants, des indulgents, il est le maître des sages. Il est le plus proche des rapprochés dans la plus haute des Présences, il est la plus honorable des créatures chez Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté).
- « [...] Le soutien de la Vérité par la Vérité […] »  fait référence aux versets qui disent : « [...] si vous soutenez Allah Il vous soutiendra... » (Sourate 47 Muhammad, verset 07) ; « Et c'est en toute vérité que Nous l'avons fait descendre, et avec la vérité il est descendu... » (Sourate 17 Le voyage nocturne, verset 105).
Elle veut dire qu'il est le soutien d'Allah par Allah, il ne soutient pas le faux et il ne soutient pas la vérité par le faux.
- « [...] et le guide sur ton droit chemin […] » : fait référence au verset qui dit : « [...] et en vérité tu guides vers un chemin droit » (Sourate 42 La consultation, verset 52).
- « [...] ainsi qu'à sa famille [...] » : fait référence au verset qui dit : « Allah ne veut que vous débarrasser de toute souillure, Ô gens de la maison (du Prophète), et veut vous purifier pleinement » (Sourate 33 Les coalisés, verset 33).
C'est-à-dire ceux pour qui il est interdit de prendre l'aumône. Il existe une autre explication, ce sont ses héritiers parfaits qui portent l'apparent de la Loi (Chari'a) et ses secrets. C'est de l'égarement de dire que l'apparence de la Chari'a contredit son sens caché (ésotérique) car ils sont en concordances.
La Vérité (Haqiqa) est le fruit de la mise en application de la Chari'a : « [...] et craignez Allah et il vous enseignera... » (Sourate 02 La vache, verset 282).
- « [...] selon sa valeur [...] » fait référence aux versets qui disent : « Ils n'ont pas apprécié Allah à sa juste valeur... » (Sourate 39 Les Groupes, verset 67) ; « Par ta vie, leur ivresse les laisse agir comme des aveugles ! » (Sourate 15 Al Hijr, verset 72).  « Selon sa valeur » veut dire : « la plus haute station ».
- « [...] à la mesure de son immense dignité [..] » :
« À la mesure » fait référence au verset qui dit : « Et toute chose a auprès de Lui sa mesure » (Sourate 13 Le tonnerre, verset 08).
« Immense » fait référence au verset qui dit : « Et tu es certes d'une moralité immense » (Sourate 68 La plume, verset 04). C'est sa considération et son honneur chez Allah.
Il est rapporté dans la Thora sur la description du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Il (Allah) ne le reprendra pas jusqu'à ce qu'il redresse le peuple tordu, qu'il ouvre des yeux aveugles, des oreilles sourdes et des cœurs fermés et qu'ils disent alors : « II n'y a d'autre divinité qu'Allah » ».
 
 
Points à éclaircir
 
Question : Est-il vrai que les Tidjani affirment que la prière appelée Salat Fatihi est supérieure à la lecture du noble Coran ?
Réponse : Cette affirmation est fausse, Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit dans le livre Djawahirou-l-Ma’ani :
« La prééminence du Coran sur toute autre parole que ce soit des formules de Dhikr et de prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), {y compris Salat Fatihi} est plus éclatante que le soleil. Il est fait cas de cet éclat dans les principes mêmes de la Chari'a (Coran et hadiths prophétiques authentiques) ».
Cette prééminence a deux raisons principales :
1 - Premièrement parce que le Coran est la parole même de l'Être Suprême, donc supérieure à toutes les paroles.
2 - Deuxièmement parce que les commandements coraniques sont uniques dans leur genre et au-dessus de tout autre commandement.
Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) procède au classement du bénéfice que l'on tire de la lecture du noble Coran en quatre catégories suivant la qualité du lecteur.
Il dit en substance :
La première catégorie de personne est un saint homme qui vit dans l'océan de la Vérité Divine, celui-là tire tout le mérite de la lecture du Coran et pour cette catégorie la lecture du Coran est au-dessus de tout Dhikr.
La deuxième catégorie est celle qui connaît parfaitement la signification du Coran et qui en le lisant est émue à tel point qu'il croit entendre l'Être Suprême lui-même le lui dicter et dont la vie est une matérialisation des Textes sacrés. L'avantage qu'il tire de cette lecture est à peu près analogue à celui du premier.
La troisième catégorie est celui qui lit attentivement le noble Coran, mais ne le comprend pas et qui est ému par cette lecture au point de croire entendre le Seigneur et qui suit strictement les commandements enseignés par le Saint Livre tout en se renseignant, celui-là tire par conséquent un grand avantage de cette lecture, mais non égal à celui des deux précédents.
La quatrième catégorie est celle qui lit le noble Coran sans attention, qu'il comprenne ou non la lecture et qui s'adonne aux mauvaises actions ne se souciant nullement des commandements du Coran, celui-là travaille à sa perte et commet un péché autant de fois qu'il le lit comme le témoignent ces passages du Coran :
« Quel pire injuste que celui à qui on a rappelé les versets de son Seigneur et qui en détourna le dos en oubliant ce que ses deux mains ont commis ? Nous avons placé des voiles sur leur cœur, de sorte qu'ils ne comprennent pas (le Coran), et mis une lourdeur dans leurs oreilles. Même si tu les appelles vers la bonne voie, jamais ils ne pourront donc se guider » (Sourate 18 La caverne, verset 57).
« Et quiconque se détourne de Mon rappel, mènera certes, une vie pleine de gêne, et le Jour de la résurrection Nous l'emmènerons aveugle au rassemblement. Il dira : « Ô Mon Seigneur, pourquoi m'as-tu emmené aveugle alors qu'auparavant je voyais ? » Allah lui dira : « De même que nos signes (enseignements) t'étaient venus et que tu les as oubliés et ainsi aujourd'hui tu es oublié » (Sourate 20 Ta-Ha, versets 124, 125, 126).
Pour cette quatrième catégorie de personne seulement, la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui est plus profitable que la lecture du Coran, car de cette dernière il ne s'attire que la malédiction du Seigneur. 
Par contre à chaque fois qu'il récite la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), le Seigneur, les anges et toute la création prient dix fois sur lui à cause de cela, il a tout à gagner à prier sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et tout à perdre à lire le noble Coran ».
Le célèbre Suivant (Tabi’i) et pieux Salaf Hassan Basri (qu’Allah l’agrée) avait dit : « Certes, parmi les plus mauvaises personnes, il y a celles qui lisent le Qoran et qui ne mettent pas en pratique ses principes et qui ne suivent pas son chemin ; voilà ceux qu’Allah maudit et que les maudisseurs maudissent ».
Hassan Basri (qu’Allah l’agrée) avait classifié, pour sa part, les lecteurs du Qoran en trois catégories en disant : « Les lecteurs du Qoran sont de trois catégories :
- Ceux qui le considèrent comme une marchandise avec laquelle ils cherchent à acquérir ce que les gens possèdent
- Ceux qui maîtrisent ses lettres, négligent ses prescriptions, qui soutirent grâce à lui l’argent des autorités et qui s’en servent pour s’enorgueillir devant les gens - ce genre est nombreux parmi ceux qui connaissent le Qoran par cœur – puisse Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) ne pas les rendre nombreux et qu’Il n’éloigne personne en dehors d’eux.
- Et enfin ceux qui lisent le Qoran et qui méditent sur ses versets, qui se soignent avec ses remèdes, qui cherchent à se faire guérir avec ses remèdes et qui l’appliquent aux maux de leurs cœurs. C’est avec ces derniers que l’on demande la descente de la pluie, c’est grâce à eux que les bienfaits sont obtenus et c’est avec leurs invocations que les malheurs sont repoussés. Ils représentent le parti d’Allah et c’est le parti d’Allah qui sera victorieux ».
C'est donc à la lumière de ce qui vient d'être expliqué que nous devons comprendre la parole de Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) qui dit : « Une fois Salat Fatihi équivaut à six mille (6000) fois le mérite de la lecture du Coran ». Ce qui veut dire que par la récitation d'une Salat Fatihi Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) inscrit au serviteur six mille fois la récompense de la lecture entière du Coran.
Il est rapporté que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit dans un style similaire :
« Celui qui récite sourate YASSIN Allah inscrit au serviteur la récompense de dix fois la lecture entière du Coran » 
Cela signifie qu'en récitant une fois la sourate YASSIN Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) inscrit au serviteur la récompense de la lecture entière du Coran dix fois.
Par conséquent, si on comptabilise la récompense de la lecture du Coran en sachant que la lecture d'une seule lettre vaut au minimum dix bonnes œuvres, comme le précise le hadith rapporté par Tirmidhi où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui lit une lettre du Livre d'Allah s'inscrit une bonne action et la bonne action a dix fois son salaire et je ne dis pas que Alif, Lam,Mim est une lettre, mais Alif est une lettre, Lam est une lettre et Mim est une lettre », il suffit donc de multiplier le nombre de lettres dans le Coran par dix au minimum pour avoir la récompense basique du Coran.
Cette récompense est multipliée de nouveau par dix, pour celui qui récite la sourate YASSIN, et inscrite à la personne conformément au hadith prophétique. Le même procédé s'applique à Salat Fatihi, sauf que dans ce cas il faut multiplier la récompense de la lecture du Coran par six mille.
Toujours dans ce sujet il est rapporté dans Djawahirou-l-Ma'ani que Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Il est de forte chance qu'Allah ne montre à certains parmi les faibles d'esprits qui ignorent la portée de l'immensité de la grâce Divine et de sa Générosité, la récompense de Salat Fatihi ».
Ils demandèrent alors : « Si les choses se révèlent de la sorte, vu l'importance de Salat Fatihi, il faut concentrer tous ses efforts dessus au dépend de toute forme de Dhikr et même celle du Coran »
Il répondit : « Non ! La lecture du Coran est prioritaire et elle est exigée par la révélation. Le Coran est le contenant de la grâce, le fondement de la Chari'a et la base du rapport avec le Divin, sans oublier la ferme interdiction de négliger sa lecture. Il est donc strictement prohibé de délaisser sa récitation. Quant à la grâce de Salat Fatihi que nous avons évoquée, elle ne cause aucun tort à celui qui la délaisse puisqu'elle est qu’un acte méritoire ».
Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit dans un autre passage de Djawahirou-l-Ma’ani ceci :
« Le noble Coran est le meilleur Dhikr mais à condition que le cheminant lors de sa lecture considère en son for intérieur que ce n'est autre qu'Allah lui-même qui s'adresse à lui. S'il demeure dans cet état et finit par l'intégrer, il aura alors accès à l'anéantissement spirituel complet. Par la suite, il parviendra à la porte de la Proximité Divine ».
Notre maître Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit aussi :
« Certainement le Coran est le meilleur moyen pour se rapprocher d'Allah, mais pour celui dont les actions et les états ont été assainis en vue de Dieu ».
Il affirme aussi :
« Si tu répliques : « La récompense de la lecture du Coran est comptabilisée indépendamment du lecteur et cette récompense est accordée même au dépravé » alors je te réponds comme suit : « Il est possible qu'Allah lui accorde la récompense de la lecture du Coran, mais cette rétribution se verra annulée d'autre part puisqu'il n'a pas agi conformément aux préceptes du Coran. 
Or la récitation du Coran sans son application est une situation qui rentre dans le cadre de la parabole qu'Allah a établi dans son Livre au sujet des gens de la Torah : « L'image de ceux qui ont été chargés de mettre la Torah en pratique et qui ne l'ont pas fait est celle de l'âne qui porte des livres de grande valeur » (Sourate 62 Le vendredi, verset 05). 
Il est évident que l'âne ne tire aucun profit en portant des livres sur son dos. Puis sache que sa parole qui dit :« Et qui ne l'ont pas fait […] »signifie qu'ils n'ont pas agi conformément aux recommandations de la Torah.
Allah a dit aussi : « Ceux à qui Nous avons donné le Livre, qui le récitent comme il se doit, ceux-là y croient » (Sourate 02 La vache, verset 121). Le réciter comme il se doit consiste en l'application des ordres, celui qui se détourne de cela ne l'a pas lu réellement »
Seïdina Ahmed Tijani (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit encore :
« Si tu veux savoir ce que tu détiens ou ce que les autres détiennent en tant qu’amour pour Allah ou son Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) observe l’amour du Qoran dans ton cœur et si le plaisir à l’écouter est largement supérieur au fait d’écouter les distractions, les chants, les mélodies ». Djawahirou-l-Ma’ani.
De quel droit alors affirmer sans scrupule que par la Salat Fatihi, Seïdina Ahmed Tijani (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a voulu éloigner les musulmans de la lecture et de l’étude du Qoran, n’est-ce pas là un mensonge effronté ?
Il est entièrement faux et coupable, comme l’ont tenté certains, de vouloir faire croire que Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a prétendu que le mérite de Salat Fatihi est supérieur au mérite du Qoran et qu’il incitait ses disciples à délaisser la Parole Divine et sa récitation. Ses propos cités précédemment montrent bien le contraire et lui-même était assidu et très attaché à la récitation du Qoran qu’il a mémorisé dès l’âge de sept ans.
Il est rapporté dans El Ifadat-l-Ahmediya que lorsqu’il s’arrêtait dans une pause au cours de sa récitation, il reprenait au tout début du verset et quand il fût interrogé sur la cause de son agissement, il répondit : « Allah m’a permis de constater ce qu’Il me comptabilise pour chaque lettre aussi je ne laisse pas passer l’occasion ».
Il est rapporté encore dans El Ifadat-l-Ahmediya qu’il a dit :
« Le minimum que doit réciter le détenteur du Qoran c’est deux parties (Hizbaïn) par jour » se conformant en cela à la parole rapportée par les deux Cheikhs selon Abdallah ibn Amrou (qu’Allah l’agrée) : « Lis le Qoran en un mois ».
Aucun disciple qui connaît la Tariqa et son enseignement ne délaisse la lecture et l’étude du Qoran. Bien au contraire, les Zaouiya Tidjaniya à travers le monde sont des centres d’apprentissage et de méditation de la noble parole d’Allah.
Le mérite dans les œuvres est du domaine d’Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté), Il peut accorder un surplus de mérite en une chose sans que cela signifie que cette œuvre est supérieure ou ne la remplace, ainsi comme nous allons l’évoquer, certains ont reçu des particularités en des domaines sans que cela n’implique forcément qu’ils sont supérieurs à ceux qui n’ont pas reçu ces particularités.
De même dans le mérite des œuvres de nombreux hadiths mettent la préférence parfois sur la prière, parfois sur le combat dans la voie d’Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté), parfois sur l’évocation et ainsi de suite et en fait cela varie selon le contexte et la situation. En effet, dans les moments d’affrontement avec l’ennemi le Jihad devient la meilleure œuvre à effectuer, dans d’autres moments c’est la prière etc.
Pour exemple les propos suivants du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) :
« Celui qui accomplit la prière de l’aube en groupe puis il s’assoit pour évoquer Allah jusqu’à ce que le soleil se lève et qu’ensuite il accomplit deux unités de prière, il a comme la récompense d’un Hajj et d’une ‘Omra parfaite, parfaite, parfaite »(Tirmidhi selon Anas (qu’Allah les agrée), authentique - SAHIH)
« Une ‘Omra pendant le Ramadan est équivalent à un Hajj »(Ahmed, Boukhari, Ibn Majah selon Jabir (qu’Allah les agrée)) ainsi que (Ahmed, Boukhari et Mouslim, Abou Daoud, Ibn Majah selon Ibn ‘Abbas (qu’Allah les agrée)) ainsi que (Abou Daoud, Tirmidhi, Ibn Majah selon Oum Ma’aqa (qu’Allah les agrée)) et autres chaînes authentiques – SAHIH)
Ce mérite ne veut point dire que la ‘Omra est comme le Hajj et qu’il nous affranchit de l’obligation de l’accomplir. Cela ne veut pas dire non plus que si on a accompli les œuvres citées par le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dans le premier hadith, on a plus besoin alors d’accomplir son Hajj. Ni que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) nous a incités à délaisser l’accomplissement du Hajj puisqu’il nous offre la récompense d’un Hajj et d’une Omra parfaite, parfaite, parfaite. Il n’y a que l’ignorant pour arriver à une telle conclusion.
Ensuite, certains affirment qu’il n’est permis de prier sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qu’avec la prière Ibrahimiya, car c’est celle qu’il a enseignée à ses compagnons (qu’Allah les agrée).
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a enseigné à ses compagnons une façon de prier sur lui (avec Salat Ibrahimiya) lorsque ceux-ci lui demandèrent « comment pouvons-nous prier sur toi ? », mais en aucun cas cela ne signifie qu’il est interdit de prier sur le Prophète d’une autre façon.
Celui qui affirme cette ignorance, va à l’encontre de ce qu’ordonne Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) qui dit : « Allah et ses anges prient sur le Prophète, Ô vous qui croyez priez sur lui et saluez ».Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) n’a jamais dit : « […] et priez sur lui que de cette manière.. ». De même, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) n’a jamais interdit de prier sur lui d’une autre manière, il a juste enseigné à des compagnons (qu’Allah les agrée), qui le lui ont demandé, une façon de prier sur lui.
Le commandement de la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est venu sous une tournure générale dans le verset : « Certes, Allah et ses anges prient sur le Prophète ; ô vous qui croyez priez sur lui et adressez-lui vos salutations » (Sourate 33 Les coalisés, verset 56).
Et c’est le seul verset se rapportant à ce commandement et de même dans les Hadiths ordonnant la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), ils sont tous selon le cadre général et universel. Or les savants des fondements (Oussoul) disent que la règle est que tout ce qui provient du Livre et de la Sunna dans une tournure générale et bien reste ainsi jusqu’à ce que soit prouvé son aspect spécifique.
En d’autres termes tant qu’il n’est pas prouvé qu’on ne peut exécuter ce commandement qu’en prononçant une seule et même formule spécifique alors on peut prier sur le Prophète >(que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) sous n’importe quel énoncé.
Parmi les éléments qui viennent vérifier ce cadre général, il y a le fait que lorsque les compagnons sont venus l’interroger sur la méthode pour le faire, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur enseigna des formules dont l’énoncé diffère entre elles sans pourtant leur ordonner une formule spécifique par rapport à une autre. C’est pour cette raison qu’ils la rapportèrent avec des termes et des formulations différentes.
C’est pour cela aussi que l’ensemble des savants avait validé tout terme remplissant le critère de prier sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), jusqu’à ce que certains ont dit : « Si on dit dans le Tachahoud : « que la prière et la paix soient sur toi, ô Prophète » cela est valide, tel que l’a mentionné Ibn Hajr ‘Asqalani dans « Fath El Bari ». 
Puis il ajouta : « La raison de cette possibilité de se contenter de ce qui vient d’être évoqué, c’est que ce qui est obligatoire est stipulé dans l’énoncé Qoranique par la Parole d’Allah qui dit : « … priez sur lui et adressez-lui vos salutations ».
Or lorsque les compagnons (qu’Allah les agrée) interrogèrent sur la formule et que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur enseigna, cela fut rapporté avec des formules et des termes différents. Aussi, les savants se sont limités à ce qui faisait l’unanimité des narrations, délaissant le reste, comme pour le Tachahoud » alors, si ce qui en a été délaissé était obligatoire, pourquoi se serait-il tut à son sujet ?
De même est-il nécessaire de préciser que l’ensemble de la Communauté est unanime par ses paroles et ses actes, sur le fait que lorsque le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est évoqué on se limite à dire : « que la prière et la paix d’Allah soient sur lui » alors que cette formulation n’est point rapportée du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).
Ainsi les compagnons eux-mêmes (qu’Allah les agrée), ne se sont pas limités à la prière Ibrahimiya, mais ils priaient sur le Prophète avec d’autres formules tel ce qui est rapporté sur Abdallah ibn Mess’oud (qu’Allah l’agrée) qui a dit :
« Si vous priez sur le Prophète, excellez dans la manière de prier sur lui, car il se peut que cela lui parvienne ». Ils lui dirent : « Enseigne-nous ». Il dit : « Dites : « Ô Allah ! Mets tes prières, ta miséricorde et tes bénédictions sur le maître des envoyés, l’Imam des pieux et le sceau des prophètes, Mohammed ton serviteur et ton Messager, l’Imam du bien, le guide du bien et le Messager de la miséricorde » (rapporté par Ibn Majah et El Hafidh Moundhiri a dit qu’il est Hassan)
De même, il est rapporté de Salama El Kindi que l’Imam ‘Ali (qu’Allah l’agrée) enseignait cette prière aux gens :
« Ô Allah ! Toi qui as arrondi les terres, qui as créé les cieux fermes, qui as donné leur nature primitive aux cœurs des malheureux et des bienheureux, accorde tes nobles prières, tes abondantes bénédictions et ta tendre pitié à Mohammed ton serviteur et Messager, sceau de ce qui a précédé, ouvreur de ce qui était fermé, soutien de la vérité par la vérité, destructeur des armées de l’égarement […] » Voir la suite dans le livre Chifa-a  du Qadi ‘Iyad. El hafidh Ibn Kathir a dit qu’il s’agit là d’une parole connue de l’Imam ‘Ali (qu’Allah l’agrée).
Selon Tawous il rapporte qu’Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) priait sur le Prophète avec ces termes :
« Ô Allah ! Accepte la grande intercession de Mohammed, et élève ses hauts degrés et exauce ses demandes à la fin et au début comme tu as exaucé pour Ibrahim et Moussa […] »
Il est rapporté d’Hassan Basri (qu’Allah l’agrée) qu’il disait :
« Celui qui veut boire dans le récipient le plus parfait du bassin de l’élu qu’il dise : « Ô Allah ! Prie sur Mohammed ainsi que sur sa famille, ses compagnons, ses enfants, ses épouses, sa descendance, les gens de sa maison, ses liens de parenté, ses Ansar, ses partisans, ceux qui l’aiment, sa communauté ainsi que sur nous tous ensemble avec eux, Ô Le plus Miséricordieux des miséricordieux » 
Il y a aussi la prière célèbre que faisait l’imam Chafi’i, grand maître d’une des quatre écoles juridiques des gens de la Sounna, et qui est rapporté dans son Rissala : « Et que la prière d’Allah soit sur Mohammed autant de fois que l’ont mentionné les évocateurs et autant de fois qu’ont oublié de l’évoquer les insouciants »


 

Les propos de Seïdina Ahmed Tijani disant : « la croyance ferme, pour l'évocateur de cette prière, qu'elle fait partie de la parole d'Allah comme le sont les hadith Qouddoussi et qu'elle ne provient pas de la composition d'un être humain. » veut-il dire par là que la Salat Fatihi est la Parole Eternelle de l'Essence Divine tout comme le Qoran ?


 
REPONSE
 
Les propos attribués à Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) sont loin de cette conclusion hâtive et ses propos sont toujours à saisir selon le sens conforme à la Chari’a comme il en a lui-même institué la règle en disant : « Pesez les propos qui me sont attribués à la balance de la Chari’a, ce qui est conforme prenez-le et ce qui diverge délaissez-le. »
Le savant d’Al Azhar, Sidi Mohamed El Hafidh Tidjani (qu’Allah l’agrée) a dit : « Celui qui prétend que Seïdina Ahmed Tijani >(qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit qu’elle (Salat Fatihi) provient de la Parole Eternelle d’Allah, ou qu’elle fait partie du Qoran ou qu’elle fait partie des hadiths Qouddoussi ou encore de n’importe quel autre aspect appartenant exclusivement à la révélation prophétique celui-là invente un mensonge invétéré sur Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret). »
En effet, ce n’est point ce sens qui est voulu, mais ce qui est entendu par « la Parole d’Allah » c’est l’inspiration Divine (El Ilham) et non la révélation prophétique. Dès lors que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a quitté ce monde, la révélation prophétique fut interrompue à jamais : « Mohammed n’a jamais été le père de l’un de vos hommes, mais il est le Messager de Dieu et le dernier des prophètes. Dieu est Omniscient. » (Sourate 33 Les Coalisés, verset 40). 
Il ne peut donc plus y avoir de prophète après lui, c'est-à-dire quelqu’un qui reçoit une révélation Divine législative (instituant une Loi), tout ce qui vient après le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est lié à la législation du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et il est impossible de s’en écarter.
Aussi, tout ce qui est rapporté au sujet des Connaissants et de leur dialogue avec la Présence Divine, tout cela doit être saisis sous le sens lié à la Loi prophétique, car tout ce qui en est exclu est faux et vain et les gens du Vrai sont unanimes et ne divergent point en cela. Ainsi, la porte de la révélation prophétique générale a été fermée après le départ du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) mais, comme le prouve la législation prophétique elle-même, Allah a honoré cette communauté en laissant trois aspects qui permettent l’accès au domaine de l’Invisible (El Ghayb) : il s’agit du regard clairvoyant (El Firasat), de la vision pieuse (Ar-rouiya) et de l’inspiration Divine (El Ilham).
Nous ne pouvons pas nous étendre sur toutes les preuves citées dans le Livre d’Allah, la Sunna et les propos des pieux ancêtres et savants de cette communauté, mais voici un aperçu :
Le regard clairvoyant (El Firasat) : 
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Prenez garde au regard clairvoyant du croyant, car il voit par la Lumière d’Allah et il parle par l’accord d’Allah. » (Rapporté par Ibn Jarir selon Thaouban (qu’Allah l’agrée))
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah possède des serviteurs qui connaissent les gens par leur regard clairvoyant. » (Rapporté par El Hakim Tirmidhi, El Bazzar, Ibn Sana et Abou Nou’aïm selon Anas (qu’Allah l’agrée))
Il a été dit par Ibn Qayyim El Jaouzi (qu’Allah l’agrée) dans son livre Kitêb Rouh : « Il a été fait l’éloge des détenteurs de ce genre de regard dans la parole : « Voilà vraiment des preuves, pour ceux qui savent observer ! » (Sourate 15 Al-Hijr, verset 75) Ibn ‘Abbas (qu’Allah l’agrée) et d’autres ont dit : « C’est à dire les détenteurs du regard clairvoyant (El Firasat) » »
Ibn Qayyim El Jaouzi dit ensuite : « Lorsque le cœur est submergé par la lumière, alors elle déborde aux quatre coins et accourt du cœur jusqu’aux yeux et il dévoile alors à la vue des yeux à la mesure de cette lumière. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) voyait ses compagnons durant la prière alors qu’ils se trouvaient derrière lui et tout aussi bien qu’il les voyait lorsqu’ils étaient devant lui comme cela est rapporté par Boukhari, Mouslim et autres. Il a vu le temple de Jérusalem de visu alors qu’il se trouvait à la Mecque, il a vu les palais du Chêm, il a vu ses émirs durant la bataille de Mouata alors qu’il se trouvait à Médine, il a vu la mort du Négus d’Abyssinie et sortit faire la prière mortuaire sur lui, ‘Omar a vu son escadron militaire qui se trouvait à Nahwand en Perse à combattre les ennemis et il leur cria : « Ô escadron, montez sur la montagne. » »
Il a été rapporté que Chafi’i et Mohamed ibn Hassan étaient assis dans la Mosquée sacrée, un homme est rentré et Mohamed a dit : « Je perçois (par son regard clairvoyant) qu’il est menuisier » et Chafi’i a dit : « Quant à moi, je perçois qu’il est forgeron. » Ils interrogèrent cet homme et il répondit : « J’étais forgeron, mais aujourd’hui je fais de la menuiserie. »
Abou Sa’id Kharraz a dit : « Je suis rentré à la Mosquée sacrée puis est rentré un derviche qui portait deux haillons, il mendiait, je me suis dit en moi-même : « Celui-ci se repose sur les gens. » Il me regarda alors et récita le verset : « […] Sachez qu’Allah sait ce qu’il y a dans vos âmes. Prenez donc garde à Lui » (Sourate 2 La vache, verset 235) je me suis repenti secrètement, alors il m’appela et me récita : « Et c’est Lui qui agrée de ses serviteurs le repentir » (Sourate 42 La consultation, verset 25). »
La vision pieuse (Ar-rouiya) :
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Le songe du croyant fait partie du 1/46ième de la prophétie » comme rapporté par Boukhari et Mouslim ou encore sa parole où il dit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Le songe du croyant provient d’une parole adressée au serviteur par Son Seigneur au cours de son sommeil » qui est aussi authentifié.
Ibn Qayyim El Jaouzi (qu’Alla l’agrée) dit dans Kiteb Rouh:
« Les rêves authentiques sont de plusieurs sortes :
Certains sont une inspiration qu’Allah projette dans le cœur du serviteur, et c’est une parole par laquelle le Seigneur s’adresse à son serviteur dans son rêve comme l’a dit Oubada ibn Samit (qu’Allah l’agrée).
Certains sont des paraboles que l’ange responsable des rêves projette.
Certains sont la rencontre de l’esprit du dormeur avec l’esprit des morts parmi sa famille, ses proches et ses compagnons ou autres qu’eux.
Certains sont l’élévation de l’esprit du dormeur jusqu’à Allah et la conversation avec Lui.
Certains sont la rentrée de l’esprit au Paradis contemplant alors ce qui s’y trouve. »
L’inspiration Divine (El Ilhêm) :
Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) dit : « Et Nous révélâmes à la mère de Moïse : « Allaite-le […] »  (Sourate 28 Le récit, verset 7)
Qourtoubi a dit : « Il s’agit de l’inspiration Divine. Il fait l’unanimité qu’il n’y a point eu de femmes prophètes. »
Il est rapporté que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Il y avait certainement dans les communautés précédentes des « transmetteurs », s’il y en a parmi ma communauté c’est ‘Omar ibn El Khattab qui est parmi eux. » (Rapporté par Mouslim selon ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée))
El Hafidh Baghawi a dit dans Charh Sounna : « Sa parole « des transmetteurs » c'est-à-dire des inspirés qui reçoivent quelque chose en leur cœur. »
Nawawi (qu’Allah l’agrée) a dit dans son commentaire du Sahih Mouslim : « L’inspiration c’est qu’Allah projette en une personne un ordre comportant l’accomplissement d’une chose ou son abandon. » 
Il est rapporté que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Il y avait parmi ceux qui vous ont précédés parmi les Enfants d’Israël des personnes qui transmettaient sans être pourtant des prophètes, s’il y en a un parmi ma communauté c’est ‘Omar. » (Rapporté par Boukhari selon Abou Houreyra (qu’Allah l’agrée)).
Ibn Hajr a dit dans son commentaire du Sahih Boukhari : « « […] s’il y en a un parmi ma communauté », Il a été demandé : pourquoi ces propos sont-ils énoncés dans un sens incertain ? Sa communauté est la meilleure des communautés donc s’il est établi que cela se trouvait dans les autres communautés alors cette communauté est plus en droit de le détenir !? En fait, le sens incertain contenu dans cette parole est similaire au fait que l’on dise : « Si je choisissais un ami sincère parmi tous mes amis ce serait untel » donc ce sens incertain est une façon de montrer la particularité d’untel dans la perfection de son amitié, mais il ne s’agit pas de dire qu’il n’y a point d’ami. » » 
Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) dit : « Ce n’est nullement le fait d’un être humain qu’Allah lui adresse la parole si ce n’est par révélation ou de derrière un écran ou qu’Il envoie un messager pour qu’Il lui inspire avec Sa permission ce qu’il veut. Il est Sublime et Sage. » (Sourate 42 La consultation, verset 51) 
Or l’inspiration est un aspect de la révélation comme ce fut le cas pour la mère de Moïse (paix sur lui), et cela que ce soit par l’apparition d’un ange sans que ce ne soit pourtant une prophétie comme pour le cas de Marie, Allah dit : « Elle se cacha à leurs yeux derrière un écran et Nous lui envoyâmes alors Notre Esprit qui se présenta à elle sous l’aspect d’un parfait être humain. » (Sourate 19 Myriam, verset 17)
Et comme cela est aussi établi dans les deux Sahih au sujet de ‘Imran ibn Housseïne (qu’Allah l’agrée) qui recevait les salutations des anges sans être considéré de ce fait comme un prophète, et comme il y est mentionné aussi la parole de l’ange au lépreux, au teigneux et à l’aveugle. Ce peut être encore sous forme de la parole de l’ange sur la langue de celui qui s’exprime comme cela est cité dans le hadith d’Abou Sa’id el Khoudri (qu’Allah l’agrée) dans lequel le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Les anges parlent par sa langue ».
Ibn Taymiya a dit dans ses Fatawa : « Et quant à ce qu’Il révèle à ses serviteurs cela peut se faire par l’intermédiaire d’un ange ou sans cet intermédiaire et cela concerne l’ensemble des croyants et n’est point réservé aux prophètes, Allah dit :« Et Nous révélâmes à la mère de Moïse : « Allaite-le… » Et Allah dit : « Et quand j’ai révélé aux Apôtres ceci : « Croyez en Moi et Mon Messager. » Ils dirent : « Nous croyons et atteste que nous sommes entièrement soumis. » (Sourate 5 La famille d’Imran, verset 111) » »
Ibn Hajr dit dans Fath Bari : « Il y a un secret dans le fait de la rareté des cas d’inspiration à son époque (au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)) alors que cela abonda après lui, cela afin de faire prévaloir sa révélation reçut à l’état d’éveil et de mettre en valeur son prodige ; or il convenait mieux que cela ne survienne à personne d’autre à son époque, mais lorsque la révélation s’interrompit par sa mort, par conséquent, les cas d’inspiration ont apparu sur ceux qu’Allah a dotés d’être préservé du sentiment d’infaillibilité. Et critiquer que cela ait pu survenir alors que les cas excèdent et sont bien connus n’est qu’une marque d’entêtement de la part de celui qui s’y oppose. »
C’est dans ce domaine que rentrent les formules d’évocations que reçurent les Connaissants, formules qui ne se trouvent pas mentionnés textuellement dans le Qoran et la Sunna mais qui provient du cadre validé par le Qoran et la Sunna à travers une vision pieuse ou l’inspiration que ce soit en le recevant de la Sainte Présence ou le recevant du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ou en entendant une voix lui parvenir ou en le voyant écrit ou sous tout autre aspect. Il n’est donc point permis d’affirmer qu’ils ont rajouté au Livre d’Allah ou à l’enseignement du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ou qu’il s’agit d’une innovation, car c’est de ces deux sources-là qu’ils tirent l’origine de leur évocations ou invocations.
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Vous êtes exaucé tant que vous ne demandez pas un mal ou la rupture d’un lien de parenté. » Ainsi la Loi nous permet n’importe quelle invocation et les compagnons comme les Suivants (Tabi’in) et ceux qui les ont suivis ont aussi bien invoqué directement par ce qui leur étaient inspirés tout comme par ce qui a été rapporté du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et les récits abondent en ce sens.
Pour exemple, il est rapporté de Boureïda (qu’Allah l’agrée) qu’une fois le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) entendit un fidèle invoquer Allah en ces termes : « Ô Allah ! Je te demande en tant que j’atteste qu’en vérité tu es Allah, point de divinité autre que Toi, l’Unique, l’Absolu qui n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus et nul n’est égal à Lui. » Il dit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Par Celui qui tient mon âme entre ses mains, celui-ci a invoqué Allah par son Nom le plus Exalté (Ismou Allah El A’dham) grâce auquel Allah répond à l’appel et satisfait les désirs. »
Ainsi, non seulement le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ne l’a point réprimandé en lui ordonnant de se limiter à la façon dont lui-même invoquait, mais en plus il a mentionné le mérite immense de cette invocation que cet homme fut inspiré de dire.
Il y a aussi ce qui est rapporté par Ahmed selon Anas (qu’Allah l’agrée) qui raconte : « J’étais assis avec le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dans une assemblée quand un homme arriva et salua le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et les présents. Il dit : « Que la paix soit sur vous ainsi que la Miséricorde d’Allah ! » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) répondit : « Et sur vous la paix, la Miséricorde d’Allah et Sa Bénédiction. » L’homme en s’asseyant dit : « Louange à Allah d’une louange grande, bonne et bénie, comme notre Seigneur aime être loué et comme Il en est digne. » Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui demanda : « Comment as-tu dit ? » Il répéta ses paroles et le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main ! Dix anges se sont précipités sur cette parole, chacun voulant l’inscrire ! Ils ne surent comment l’écrire et le rapportèrent au Puissant. Il dit : « Écrivez comme l’a dit mon serviteur. » »
El Moundhiri a dit : « Il est rapporté par Ahmed et ses rapporteurs sont sûrs, ainsi que Nassa-i et Ibn Hibban dans son Sahih mais avec une autre version. »
Il est rapporté par Tabarani avec une chaîne bonne, ainsi que Baïhaqi et Ibn Abi Dounia selon Abou Ayyoub (qu’Allah l’agrée) qui dit : « Un homme dit en présence du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Louange à Allah d’une louange grande, bonne et bénie. » Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) demanda : « Qui a dit cela ? » L’homme se tut et crut que ses paroles étaient déplacées. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) demanda : « Qui est-il ? Il n’a dit que du bien. » L’homme dit : « C’est moi qui l’ai dit en voulant faire le bien, ô Messager d’Allah ! » Il dit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main ! J’ai vu treize anges se précipiter sur ta parole chacun voulant l’emmener à Allah Béni et Elevé. » »
Il est rapporté par Tabarani dans El Aousat selon Anas (qu’Allah l’agrée) qui a dit : « Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) passa près d’un bédouin qui suppliait Allah dans sa prière et disait : « Toi que les yeux ne voient pas, que l’imagination n’atteint pas, qui ne peux être décrit, qui n’es pas affecté par les créatures et qui ne crains pas les retournements. Tu connais le poids des montagnes, les mesures des océans, le nombre des gouttes de la pluie, le nombre des feuilles des arbres, le nombre de ce que la nuit enveloppe dans ses ténèbres et le nombre de ce que le jour éclaire. Pas un ciel ne t’en cache un autre, ni une terre ne t’en cache une autre, ni une mer ne te cache son fond, ni une montagne ne te cache son intérieur. Fais que la meilleure partie de ma vie soit la dernière, que mes meilleures œuvres soient les finales et que mon meilleur jour soit le jour où je te rencontrerai ! »
Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) chargea un homme de rester près du bédouin et il lui dit : « Quand il finira, ramène-le-moi. » Quand il acheva sa prière, il se rendit auprès du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait reçu de l’or en cadeau et en offrit au bédouin et dit : « De quelle tribu es-tu ? » Il répondit : « Des Banou ‘Amir ibn Sa’sa’a, ô Messager d’Allah. » Il lui dit : « Sais-tu pourquoi je t’ai offert l’or ? » Il dit : « Pour la parenté entre nous et toi, ô Messager d’Allah. » Il répondit : « La parenté a effectivement son droit, mais je t’ai offert l’or pour tes belles glorifications d’Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté). »
El Haythami a dit : « Tous les rapporteurs sont ceux du Sahih sauf Abdallah ibn Mohamed El Adrami qui est un homme sûr. »
Concernant Salat Fatihi, Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) n’a point voulu faire allusion à la Parole Eternelle d’Allah et plusieurs aspects le prouvent :
- L’un d’entre eux est qu’il a dit dans Djawahirou-l-Ma’ani : « Concernant les propos des Connaissants lorsqu’ils disent : « Je l’ai entendu […] » c'est-à-dire Allah ou « Il m’a dit […] » cela est limité au domaine suivant : c’est que les paroles qui sont attribuées à ses grands hommes dans ce domaine, dans l’attribution des propos à Allah, c’est une attribution mettant en rapport la créature avec le Créateur et non pas dans l’objectif de mettre en rapport la parole avec le locuteur, celui d’entre ses grands hommes qui penserait qu’il a entendu la Parole de l’Essence Divine comme l’a entendu Moussa (paix sur lui) alors il s’est égaré, s’est détourné du Vrai et s’est perdu et Allah dit : « Ce n’est nullement le fait d’un être humain qu’Allah lui adresse la parole si ce n’est par révélation ou de derrière un écran ou qu’Il envoie un messager pour qu’Il lui inspire avec Sa permission ce qu’il veut. Il est Sublime et Sage. » (Sourate 42 La consultation, verset 51) » »
- Un autre aspect est la confirmation dans ce sens du savant Sidi ‘Arbi ibn Sa-ih (qu’Allah l’agrée), l’auteur du Boughiya, qui a dit : « Cela fait partie des inspirations qui sont possibles concernant les Saints et celui (c'est-à-dire Sidi Mohamed Ibn Mechri) qui a rapporté (au sujet de Salat Fatihi) qu’il s’agissait de la Parole d’Allah voulant énoncer là la parole de Seïdina (qu’Allah sanctifie son précieux secret) il l’a fait en sachant que le sens évoqué est l’inspiration. »
Quant aux mots évoqués par Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) dans Djawahirou-l-Ma’ani c’est : « Elle provient de l’Invisible » et il n’a point dit : « Elle m’a été révélée » ou « Allah m’a parlé ».
- Et encore Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) n’a nullement voulu prétendre que Salat Fatihi est la Parole Eternelle d’Allah et serait donc incréé puisque justement après avoir cités certains de ses mérites il a dit ensuite : « Ne la dément pas et ne la critique pas, car la grâce est détenue par Allah et Il la donne à qui Il veut, et Sa grâce sort du cercle des normes et il te suffit Sa parole qui dit : « Et Il crée ce que vous ne savez pas. » (Sourate 16 Les abeilles, verset 8). Il a évoqué ainsi le caractère créé de Salat Fatihi alors que la Parole d’Allah est une Parole Eternelle et incréé.
- Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a enfin bien confirmé que son origine est du domaine de l’inspiration en mentionnant que le premier qui l’a reçu est le Connaissant Sidi Mohamed el Bakri (qu’Allah l’agrée) et que c’est un ange qui le lui amena sur un écriteau de lumière écrit par la plume de la Toute-Puissance.
Ce genre d’écriture qui sort du cadre de l’ordinaire entre bien dans les catégories d’inspirations existantes et possibles et pour preuve il est rapporté par Ibn ‘Omar (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Il y avait parmi ceux qui vous ont précédé, un homme qui s’appelait Kifl et qui ne renonçait à rien. Une fois une femme se présenta à lui pour satisfaire son besoin (charnel), il lui offrit soixante dinars, lorsqu’il la voulut pour lui-même, elle se prépara et pleura. Il lui dit : « Qu’est-ce donc qui te fait pleurer ? » Elle lui dit : « Je n’ai jamais fait cela auparavant, c’est la nécessité qui m’a poussé. » Il dit : « Et tu es dans cet état à cause de la crainte d’Allah, il serait plus juste que ce soit moi, pars donc et garde ce que je t’ai donné et par Allah je ne lui désobéirai plus jamais après cela. » Il mourut au cours de cette nuit même et lorsque le matin arriva on trouva inscrit sur sa porte : « Allah, qu’Il soit Exalté, a pardonné à Kifl. » Et les gens restèrent étonnés de cela jusqu’à ce qu’Allah révéla son cas au prophète de cette époque-là. » (Rapporté par Tirmidhi dans ses Sunan qui l’a déclaré « bon » (Hasan), ainsi qu’El Hakem et Ibn Hibban qui l’ont authentifié (Sahih))
Ainsi, ce fut une écriture provenant de la Présence Divine dont les gens ne furent pas au courant et même leur prophète n’en fut informé qu’après une révélation. Par conséquent, il est plus que probable que ce genre d’écrit ait pu survenir dans cette noble communauté, car cela entre dans le cadre délimité par la Législation Divine.
D’ailleurs Cheikh Cha’rani (qu’Allah l’agrée) a dit concernant la différence entre l’inspiration des Aouliya et la révélation des prophètes (paix sur eux): « Sache que la révélation des prophètes >(paix sur eux) ne s’effectue que par la langue de Jibril (paix sur lui) à l’état de veille et de vive voix, quant à l’inspiration des Aouliya elle s’effectue par la langue de l’ange préposé à l’inspiration et elle est de plusieurs modes. 
Cheikh Ibn ‘Arabi (qu’Allah l’agrée) a dit : « Certaines inspirations s’obtiennent par des visions comme les annonces dans le monde fictif des visions et c’est la révélation dans les rêves. À ce moment-là, celui qui l’obtient est représenté fictivement, celui qui la transmet aussi, et celui qui l’envoie de même. Certaines autres sont des visions sensorielles par des faits perceptibles (écrits spirituels), d’autres sont des significations que reçoit le sujet de l‘inspiration sur lui et cela sans l’intervention d’un sens, ni d’une vision fictive en ce qui descend sur lui. Ce genre d’écrit spirituel est courant pour les Aouliya, c’est par cette cause que le reçut Abou Abdallah Qoudayb El Banne et d’autres tels que Baqi ibn Moukhalid l’élève de l’Imam Ahmed (qu’Allah l’agrée) et c’est là les moindres de l’ensemble dans ce domaine, ils ne trouvent cela qu’une fois s’être réveillé de leurs sommeils, écrit sur une feuille. »
Cheikh Cha’rani poursuit : « S’il est demandé : Mais quel est le signe apparent de ce genre d’écriture inscrit sur une feuille, qui montre que cela provient d’Allah, ce qui permet ainsi au Waly d’œuvrer en conséquence ?
La réponse est que le signe est comme l’a stipulé le Cheikh Ibn ‘Arabi (qu’Allah l’agrée) : « Ce genre d’écriture peut se lire similairement dans n’importe quel sens, sans que l’écriture ne se modifie, même en retournant la feuille à l’envers l’écriture reste tout de même à l’endroit. J’ai certes vu une de ses feuilles qui était descendues sur un disciple de Moutaf, l’affranchissant de l’Enfer et qui était similaire à ce que l’on a décrit, lorsque les gens la virent ils surent que ce n’était point là l’écriture d’une créature, ainsi si on constate ce signe on sait alors que cela provient d’Allah mais par contre il ne doit être pratiqué que si cela est conforme à la Loi que nous possédons. »
Il a dit aussi : « Ce genre de choses est arrivé à l’une de nos disciples qui a vu en rêve qu’Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) lui a remis une feuille qu’elle enferma dans sa main ; or lorsqu’elle se réveilla personne ne put réussir à lui ouvrir la main, alors Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) m’inspira de lui dire : « Mets l’intention dans ton cœur que si Allah t’ouvrait la main, tu l’avaleras. ». Elle mit l’intention et approcha sa main de sa bouche ainsi la feuille y entra irrésistiblement, puis ils me demandèrent : « Comment as-tu su cela ? » Je leur dis : « J’ai su par inspiration qu’Allah ne voulait pas qu’elle montre cela à autrui. » » Fin de citation de Cheikh Cha’rani.  
Il en est ainsi aussi sur le fait d’entendre une voix nous provenir de manière inhabituelle ou extraordinaire tel que cela survint aux compagnons (qu’Allah les agrée) lorsqu’ils s’interrogèrent sur la manière d’effectuer le lavage mortuaire du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), chacun ayant un avis divergent. Ils furent pris de somnolence et entendirent une voix provenir de la pièce contenant le corps béni du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur ordonnant de le laver par-dessus ses vêtements sans le dévêtir.
Il est rapporté aussi par Tabarani selon ‘Azat bint ‘Iyadh ibn Abi Qirsafat (qu’Allah l’agrée) : « Les Byzantins emprisonnèrent un fils à Abou Qirsafat (qu’Allah l’agrée). À chaque fois qu’arrivait l’heure de la prière, Abou Qirsafat montait sur le rempart de ‘Asqalane et appelait : « Untel ! La prière ! » Et il l’entendait alors qu’il était en terre byzantine. »
El Haythami a dit : « Les transmetteurs sont sûrs. »
Il est rapporté par El Hakem selon Sa’id ibn Joubeyr (qu’Allah l’agrée) qui dit : « Ibn ‘Abbas (qu’Allah l’agrée) mourut à Taïf et j’ai assisté à ses funérailles. Un oiseau arriva, jamais n’avait-on vu pareil oiseau, et il entra dans sa litière mortuaire. Nous regardâmes et nous attendîmes pour voir s’il sortirait, mais on ne le vit pas sortir de sa litière mortuaire. Quand il fût enterré, ce verset fût psalmodié sur le bord de sa tombe, sans qu’on sache qui le récita : « Ô Toi, âme apaisée, retourne vers Ton Seigneur, satisfaite et agréée, entre donc parmi mes serviteurs, et entre dans Mon Paradis. » (Sourate 89 Al Fajr, versets 27 à 30) »
Il existe une autre version de Tabarani. El Haythami a dit : « Ce sont des transmetteurs du Sahih »
Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe

 
 
 

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