Pages

vendredi 30 décembre 2016

La demeure du Pôle et le sceau du Soleil - Turba Philosophorum

   
    Turba Philosophorum

Médaille offerte au Roi-Soleil par le duc d'Aumont. 



Article paru dans Le Miroir d'Isis N° 20 (novembre 2013)

A.A.


Notre  étude  sur  la  figure  et la  fonction  d'Hermès-Idrîs  telles  qu'elles  apparaissent  dans  la  tradition islamique a montré que celui-ci assume une fonction polaire - il est le « pôle des esprits humains » - mais aussi solaire, puisque sa demeure est dans le ciel du Soleil. Or il se trouve que cet aspect tantôt polaire, tantôt solaire n'est pas sans relation avec certaines correspondances numériques, et c'est ce que nous souhaiterions nous attacher à développer quelque peu dans ce qui suit.








samedi 18 avril 2015

La demande d’intercession (al-tawassul) – Al-du'â al-nâçirî - Imam ibn Nâcir (Mafâtih al-Qurb)




A l’occasion des commémorations de la disparition du vénéré Cheikh Mohammed Zakî Ibrâhîm, les membres de la branche française de la Tariqah Mohammeddiyah Châdhiliyyah Nâçiriyyah sont heureux de présenter le texte bilingue de « La demande d’intercession (al-tawassul) » de l’Imam Mohammed ibn Nâcir Al-Dur’î, qui figure au nombre de leurs principales oraisons.






lundi 6 avril 2015

Compte rendu " Le Royaume du Graal " par Jean Robin





Compte rendu de J.F.      
                                      

De nombreux amis et lecteurs nous ont confié leur perplexité devant l'oeuvre de jean Robin (un livre par an environ de 1978 à 1993) et leur admiration pour sa documentation et ses connaissances . Nous sommes d'accord sur le premier point. En revanche, nous sommes moins admiratifs pour sa documentation,  car nous la possédons en grande partie (avec, en plus, certains documents en plusieurs langues étrangères qui lui sont inaccessibles) . Enfin, pour ce qui concerne ses connaissances, leur mélange délibéré de vérités et d'erreurs, et de propositions indécidables (comme on dit en logique mathématique), quand ce ne sont pas des délires, nous laisse souvent une impression de malaise.

Ibn 'Arabi met en garde contre les connaissances justes mais acquises « frauduleusment », c'est à dire par les seules forces humaines et prométhéennes : c'est le cas de la philosophie profane moderne, et c'est ce qui  la sépare irrémédiablement du Soufisme.

Certaines choses ne sont pas toutes bonnes à dire (par exemple, chiffrer la date de la fin des temps, comme dans le 1er volume -1978).

D'autres affirmations sont faites pour jeter le désarroi et le trouble dans les esprits sains, c'est à dire qu'elles risquent de faire perdre le discernement ou tout au moins, de « décerveler ». Et ce genre de tentative (consciente ou non ) correspond aux techniques de la contre-initiation. M.Robin qui se prétend « guénonien de stricte observance « (sic!) comprendra parfaitement ce que nous voulons dire...C'est pourquoi quand M. J. Parvulesco dédie sa « Spirale prophétique » (chez Trédaniel, également) à « Jean robin, agent d'influence du Regnum Sanctum » ( sic!), nous sommes édifié mais pas du tout rassuré !...

Quant aux renseignements confidentiels dus à l'indiscrétion et la légèreté de certains collecteurs et divulgateurs de lettres de Guénon et de Michel Vâlsan, que faut-il en penser ? Chez ces derniers « chasseurs de courrier », il y a d'ailleurs rétention de l'information et de connaissances légitimes dues aux chercheurs sincères, et au  besoin étalage de détails privés qui ne s'accommodent pas de publicité (1).


(1) Ainsi, que penser de la photocopie d'une lettre de Michel Vâlsan où sont dévoilés son adresse et son n° de téléphone personnel, comme le fait Jean Grangé (= Jean Tourniac), dans la réédition de son livre sur Guénon (Ed. Du Soleil – 1993), sous prétexte d'apporter une preuve épistolaire à ses dires…
Il y étale complaisamment le satisfecit accordé du bout des lèvres par M. Vâlsan à son Ier livre sur Guénon(1973). S'il savait ce qu'en pensait en privé  M.Vâlsan ! D'ailleurs, il le savait sans doute ...Quelle duplicité !
                                                                       

Après ces considérations générales, il va falloir passer à une recension plus détaillée, tâche ardue pour un ouvrage comportant 764 pages !

Il y a notamment tout ce qui concerne le christianisme ou plus exactement le Catholicisme, ce qui n'est pas une simple nuance ; et, dans un perspective eschatologique comme les affectionne Jean Robin, on voit bien qu'il fait son possible pour escamoter le rôle de l'Islam à  la fin des temps, car, depuis certaine préface proprement scandaleuse à la 2è édition de son 1er  livre (« René Guénon, témoin de la Tradition »), il se refuse à admettre l'autorité de Michel Vâlsan en la matière, projetant  les limites personnelles de ses déficiences sur un sujet qui ne souffre pas de point de vue subjectif : en métaphysique, si on n'est pas capable de faire abstraction de son idiosyncrasie, on s'abstient. Guénon disait à peu près que c'est comme en mathématique : on comprend ou on ne comprend pas .

Malgré toutes ses ruses, ses demi-connaissances et  les ressources de son style, il relâche sa vigilance anti-traditionnelle vers la fin ; mais il faut attendre les pages 506-507 pour déceler l'erreur majeure de la thèse de Jean Robin, concernant le rôle du Christ à la fin des temps, oubliant d'ailleurs comme beaucoup de Chrétiens que  le Christ de la 2è venue n'est absolument pas le même que celui apparu il y a environ 2000 ans ( il ne peut pas ne pas le savoir, et c'est ce mélange d'erreurs et de demi-vérités  qui trahit la marque de la contre-initiation) . 

Pour ne pas se perdre dans les  détails (pour cela, on se reportera aux pages citées ci-dessus), disons que par un tour de passe-passe qui est foncièrement malhonnête, Robin s'appuie sur Guénon en lui prêtant une thèse qui ne peut être la sienne. Que l'on en juge...

Robin reprend une longue citation de Guénon de son article « un projet de Joseph de Maistre pour l'union des peuples » (Etudes sur la franc-Maçonnerie, t.I)  : » (...) il s'agit de restaurer l'unité, supranationale plutôt qu'internationale, de l'ancienne Chrétienté, unité détruite par les sectes multiples  qui ont « déchiré la robe sans couture », puis de s'élever de là à l'universalité, en réalisant le Catholicisme au vrai sens du mot, au sens où l'entendait également Wronski, pour qui  ce Catholicisme ne devait avoir une existence pleinement effective que lorsqu'il serait parvenu à intégrer les traditions contenues dans les Livres sacré de tous les peuples . » c'est Jean Robin qui souligne).

  Tout de suite, à moins d'être aveuglé par des préjugés anti-islamiques comme Robin, on remarque que Guénon ne parle pas de Christianisme, encore moins de Christianisme romain, mais de  « Catholicisme au vrai sens du mot ». Même non-linguiste, Robin sait bien que  le sens grec de « katholikos » est : universel ,et que le christianisme romain non seulement n'est pas universel ,mais n'est même pas unitaire, - n'étant reconnu comme autorité ni par les Chrétiens protestants ni par les catholiques orthodoxes – et ne reconnaissant la validité ni du Judaïsme, ni de l'Islam. Or, la seule doctrine, immédiatement vérifiable dans le texte même, qui reconnaît  toutes les traditions non dégénérées, c'est l'Islam, n'en déplaise au petit lobby hindo-bouddhiste (Daniélou, Hapel ,Ricard..etc) .

C'est tout de même un peu fort de faire endosser à Guénon une nouvelle doctrine inventée par Robin et commune aussi aux maçons anti-musulmans du R.E.R ! 
         
           La même erreur est commise de façon intéressée concernant le mot  Israêl dont le sens est purement spirituel (cf. Saint Paul, sans parler du terme coranique « Isra'îl », toujours distinct de « Yahûd ») et n'a rien à voir avec les visées colonialistes bassement terrestres des sionistes...


Jean Robin sent bien que sa thèse ne  tient qu'à un fil, car « la réponse [qu'il apporte] est aussi courte que décisive, pour la véritable compréhension d'un livre [ Le Royaume du Graal] que les « guénoniens » rejetteront ou accepteront ici même »( p.506).C'est d'ailleurs cet aveu déguisé qui nous avait alerté en relisant l'auteur : nous avions trouvé là la pierre d'achoppement. C'est ici que se trouve la « clef » de l'ouvrage. Et en rapport avec la thèse et le sujet de son livre, Robin prétend que Guénon occulta  la »mission de la France » (p.506), autrement dit,  il aurait délibérément menti ou péché par omission pour « détourner l'intérêt de la contre-initiation »(sic!). Il affirme plus loin (p.507) que ceux qui ont compris, non seulement rectifient l' « erreur » de Guénon concernant cette mission de la France, mais ils ne quittent pas le Christianisme pour entrer dans l'Islam, la faute en incombant à M. Vâlsan qui n'aurait pas suivi les mises en garde de René Guénon sur les conversions !   (chapitre XII, »I. &R.S). On se demande comment un homme aussi intelligent que Robin, qui en a donné la mesure dans son 1er livre notamment, se met maintenant à lire Guénon. Quel délabrement intellectuel (ou plutôt : mental) !

Autre obsession robinienne : la « Sainte Eglise » (qui va souvent de pair avec le « sédévacantisme »). Il semble vouloir prouver que le christianisme est bien vivant, invisiblement, quitte à alléguer je ne sais quelle pseudo-papauté « squattant »  le Vatican, pendant que le vrai papae est occulté , mais régit quand même l'Eglise. Il y a là un savant mélange de vrai et d'à peu près ; mais il faudrait faire une double distinction qu'omet ou ignore Robin :

il faut distinguer entre d'une part :

–       Eglise chrétienne et église de Rome; et d'autre part :
–       Eglise céleste et église terrestre.
–       Pour nous, cette double articulation est la véritable clef de la situation du christianisme depuis 2000 ans ;
–       Nous donnerons un exemple (inspiré en partie par le remarquable et unique article de Michel Vâlsan sur Jeanne d'Arc – Et. Trad. - mars-juin 1969) (1) :

–            Jeanne a été condamnée parce qu'elle a obéi à ses voix qui représentaient la véritable Autorité spirituelle  : l'église officielle et exotérique n'a pas admis cette Autorité (cf. la perte du Pouvoir des Clefs de S-Pierre, au moment de la chute des Templiers) et a préféré laisser brûler une sainte (qui représentait aussi le témoignage dans le  domaine « politique » du plus pur Tawhid en mode chrétien : « Dieu premier servi » -devise de Jeanne d'Arc sur sa bannière personnelle).

–      La France  a évidemment une fonction universelle depuis toujours (qu'avait en partie bien comprise le Général De Gaulle, le seul homme « traditionnel » du XXè siècle) ; mais ce n'est pas tout à fait celle que lui attribue M. Robin, et, en tout cas, elle ne s'accomplira pas sans le secours du Seigneur de la fin des temps sous la double action du Mahdi et de Seyydna 'Isa (wa 'Llahu a'lam), que renie évidemment l'auteur avec ses arguments spécieux.


(1) Cet article a été écrit exactement au moment du départ du Général De Gaulle, laissant la France à son sort et estimant (à tort ou à raison) que sa fonction s'arrêtait là. La transition sera assurée par Georges Pompidou qui sera la charnière entre les forces de la tradition et les suppôts de l'action anti-traditionnelle   (de 1974 jusqu'à nos jours).


 On notera que le «règne » de Pompidou durera 5 ans, exactement comme la papauté de Jean XXIII (1958-1963), prenant le nom d'un anti-pape (Jean XXIII) – ce qui est unique dans l'histoire du Christianisme - qui lui aussi a régné 5 ans (1410-1415) ; sinistre coïncidence!...


              Puisque le sous-titre du livre est « Introduction au mystère de la France », nous essaierons d'exposer maintenant succintement sa théorie spécieuse et  par moments échevelée de la « mission » de la France. C'est en effet un thème quasiment absent des ouvrages des historiens comme des géo-politiciens, et alors qu'il y a plus de 10 000 ouvrages d'adulateurs de De Gaulle, aucun, à notre connaissance n'a traité de De gaulle d'un point de vue réellement guénonien et traditionnel. Evidemment,à la place nous avons une pléthore de philosophes à la sauce Luc Ferry, Le Comte-Sponville ou Onfray qui, pleins de bonne volonté anti-traditionnelle, étouffent  comme ils peuvent toute pensée qui sortirait du consensus des bien-pensants (parodie de l' « ijmâ' » des croyants) avec l'aide empressée des médias qui vantent tous les jours l'extraordinaire liberté d'expression qui sévit dans l'hexagone : a-t-on oublié qu'il y a à peine 3 mois, il était interdit de toucher aux figures « sacrées » de Charlie-Hebdo ? Pendant que l'authentique  Sacré, lui, était traîné dans la boue ?

                      M. Robin tombe dans l'erreur dénoncée déjà par Guénon qui critiquait la myopie des voyants, vaticinants et autres pseudo-prophètes qui, voyant midi à leur porte ,voyaient déjà l'Antéchrist épargnant la France ,grâce au  Grand   Monarque venant sur son cheval blanc ! Beaucoup d'escrocs  ont annoncé que la petite ville de Bugarach, dans le sud-ouest pyrénéen serait préservée !! que n'ont-ils écouté Cheykh Mustafa quand il prévenait ses disciples que « La France ne serait pas épargnée par le dajjal »...Faute de bien comprendre la notion d'Universalité, il ramène à la France tout ce qui a une finalité universelle, réductionnisme qui escamote une fois de plus le rôle de l'Islam à la fin des temps. Il  croit par exemple que la mission spirituelle des Juifs -qui auraient failli- aurait été transférée à la France après leur « disqualification ». (cf. pp.477,657,708 – les courageux lecteurs de ce pavé s'y reporteront sans risque d'insomnie!). Toute cette thèse excipe du prétendu  privilège gallican de la France, corollaire du sédévacantisme.(« dada » du fils de Coomaraswamy –  Rama !). Pourquoi pas ? Mais la France est-elle encore « la fille aînée de l'Eglise » ? Et l'Eglise de Rome est-elle encore connectée avec l'Eglise céleste ?

 S'ajoute à cela la thèse pernicieuse selon laquelle  l'Islam serait « dévié »  au même titre que le christianisme, qui, lui, est noyauté depuis longtemps par la contre-initiation. Parallèle affirmé sans arguments...

     On suppose que, niant l'actualisation de la 2è hypothèse de Guénon (pour le devenir de l'occcident à la fin des temps ; cf. « Introd. Générale à l'Etude des Doctrines hindoues »,- Conclusion) interprétée par Michel Vâlsan, Jean Robin s'imagine faire partie de  « l'élite hors de tout milieu défini »( cf. « la Crise du Monde moderne », chap.IX);  Cette 3è hypothèse est évacuée par Michel Vâlsan, dont évidemment Robin refuse l'autorité. IL omet courageusement de dire que Guénon ajoutait que l'efficacité de cette élite dépendrait de « l'appui de l'Orient ». Or Robin est   fâché par tout ce qui n'est pas occidental et  français.; il s'offusque de tout ce qui pourrait s'entendre avec le monde arabo-musulman traditionnel .(1) Ce bel élan patriotique s'accompagne d'ailleurs d'un éloge à peine voilé à l'action du Maréchal Pétain , corollaire de son anti-gaullisme primaire ! (pp.661 à 667)

(1) Il va même jusqu'à affirmer  sans rire que « le Mahdi ne sera pas ...musulman »(sic!) (p.551)

A suivre ....
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...