samedi 8 février 2020

De Gaulle et la France - J.F.


 
 
 
          En préambule, qu'on nous permette de rappeler ce que nous écrivions dans notre compte rendu du livre de Jean Robin (« La France, Royaume du graal », Trédaniel, 1992) publié sur Internet ([http://www.al-simsimah,2017]

  « Guénon se plaçait à un point de vue véritablement universel (contrairement à Robin) où il n'y a plus ni nations ni races (*); pour nous, son apport à un lieu doté d'une élection divine résidait essentiellement dans un lieu subtil (et non géographique) qui s'appelle « langue française »** dans son aspect ésotérique et eschatologique et qui en effet n'a rien à voir avec une quelconque « idolâtrie nationaliste », comme le dit si bien l'auteur qui, par moments, laisse échapper quelques vérités indépendantes de sa volonté! »

    Ce n'est pas parce que Guénon avait  dit : « il  n 'y a rien de spécifiquement français dans ce que j'écris, sinon la langue »  qu'il se désintéressait du Destin de la France***. Son silence apparent s'explique selon nous parce qu'il jouait discrètement son rôle de Protecteur missionné par le Centre du Monde, indiquant même par sa signature arabe (revue "the Speculative Mason", 1931) (AWY)**** qu'il était une protection, car  le mot arabe « awâ » (terme coranique que l'on retrouve notamment dans la sourate 93 – « Dhuhâ ») a le sens de:  asile, refuge, protection; cette sourate nous semble d'ailleurs désigner en partie la Fonction de Cheykh 'abdel-Wahed Yahya – wa 'Llahu a'lam!
 
 
           Bibliographie (non exhaustive), où nous avons trouvé quelques bases de réflexions et (très rarement) quelques idées traditionnelles:
-"Charles De Gaulle, le Libérateur", Jean Soulairol, 1945
-"De Gaulle", Jean Lacouture (1965)
-"La Vè République de Ch. De Gaulle et G.Pompidou", Pierre Limagne, 1978
-"De Gaulle, les Services secrets et l'Algérie",  C.Melnik, 1988
-"De Gaulle secret", François Broche, 1993
-"Les Hommes de De Gaulle", du même, 2006
-"Gouverner selon De Gaulle", Pierre Lefranc, 2008
-"De Gaulle", Eric Roussel, 2008
-"De Gaulle, la Grandeur et  le Néant", Dominique Venner, 2010
-"Charles le Catholique", Gérard Bardy, 2011
 
 
(*) Ainsi, il était aussi bien opposé au Pangermanisme (celui de Schuré ou de R. Steiner) qu'au Panarabisme (à ne pas confondre avec le panislamisme). Son projet s'appelait: « Union pour une Entente intellectuelle entre les Peuples », et non union raciale ou politique.
(**) Cf. la fin de notre article sur le « Don des Langues »
(***)De Gaulle, à des intimes, parlera de façon très appropriée de sa  Fonction Suprême au service de  la « Mission de la France ». ("sa fonction " désigne ici De Gaulle lui-même et non Guénon.-    cf. F.Broche,"Les Hommes de De Gaulle", p.128)
 
(****) « Ishara » évidemment non remarquée par M.Robin !
 
 
 LE  DESTIN  DE  LA  FRANCE
 
 
        Devançant les considérations que nous aurons ultérieurement  à développer  sur Jeanne d'Arc (1412-1431), nous citerons ces paroles remarquables d'un journaliste allemand:

"Jehanne a marqué la France de l'empreinte divine. Après cela, quiconque touche à la France touche à Dieu(1). Elle a changé en croisade toute intervention de la France, forçant ainsi le monde à prendre  parti. Elle n'a, depuis lors, cessé de diviser les nations"(2) Friedrich Sieburg (1893-1964)

(1)C'est en Allemagne que l'on dit :"Glücklich wie Gott in Frankreich" –
(2)Quant à diviser le monde, on se souviendra de la déclaration inouïe :"Vive le Québec libre!", assénée dans le pays même ! -   ( Les italiques sont de nous.)
 
     Nul doute que  cette idée a guidé De Gaulle dans sa conception du Destin et de la Mission de la France: qu'on l 'écoute ou non, la France avait son mot à dire; et qui sait  si certaines paroles affirmées avec l'Autorité légitime de De Gaulle n'ont pas eu de répercussion plus tard et même encore actuellement, où beaucoup d'imposteurs ont l'outrecuidance de se réclamer de  De Gaulle (cf. les 2 remarquables ouvrages de Jean-Louis Debré, un des derniers "gaullistes" de France : "Ce que je  ne pouvais pas dire" et "Tu le raconteras plus tard";  2016-2018  /Folio/poche).
 
     Ce statut de la France, lieu privilégié, n'a cessé d'exciter les jalousies et les guerres subséquentes; il est la cause de malentendus qu'il faut dissiper avant de poursuivre plus  avant . Nous disions que De Gaulle était le seul homme d'Etat à avoir distingué dans sa pensée comme dans son action la FRANCE et les "Français" : en quelque sorte, les Français sont les "locataires" de la Maison France.  Le fait que la France soit un lieu "élu" n'implique absolument pas que les Français soient une "race " élue" (notion qui a causé bien des dégâts depuis 3000 ans). Rappelons en passant que dans l'Islam , la seule supériorité d'un être tient à sa piété ,et non à sa naissance ,ni à sa richesse.L'orgueil de la "race" a attisé tous les nationalismes et fait le lit de beaucoup  de guerres. Autrement dit , la France est un terreau sur lesquels poussent les meilleures fleurs, lesquelles, n'en déplaise aux chauvins, sont souvent d'origine étrangère, fait qui pulvérise les prétentions des extrémistes de droite, tenants de la race blanche supérieure et de l'Europe "chrétienne", au moment où elle l'est le moins ! Et la France risque de devenir ce pays "moisi" que dénigrait un récent chef d'Etat français, valet de l'américanisation, tout en supprimant les crédits nécessaires pour que vive  la Francophonie; la place vide laissée par la France dans les pays francophones (tout le Maghreb et une bonne partie de l'Afrique noire) a été vite occupée par les "Goethe-Institut, ou les Colleges américains, qui n'avaient aucun lien ni historiques ni culturels avec ces mêmes pays francophones, francophiles et bien déçus de l'être encore, mais jusqu'à quand ?...Ainsi ,les meilleurs étudiants du Tiers-Monde vont maintenant en Belgique, en Roumanie, au Canada, voire aux USA, où ils sont bien accueillis, pays bien contents de damer le pion à cette France prétentieuse et qui n'a plus guère les moyens de ses prétentions, ayant tourné complètement le dos à la conception traditionnelle de la politique instaurée par De Gaulle (ainsi le chef actuel de l'Etat français), comme nous le montrerons plus loin.
 
      Maintenant, nous sommes bien conscients qu'il ne suffit pas d'affirmer que la France est un lieu privilégié, voire le siège d'une élection divine. On a le droit de nous demander des comptes.
 
    Mais pour cela, il faut remonter aux origines de la monarchie française, c'est à dire à Clovis (fin du Vè siècle / env. 566-611), de son nom franc Chlod-wig (= célèbre guerrier); nous disons bien monarchie élective et non royauté, qui viendra après et qu'il ne faut pas confondre. Ce monarque n'est pas seulement le seul ("monos"), c'est surtout le meilleur ("melior inter pares", au contraire du roi qui est "primum inter pares"). C'est cette royauté, devenue  héréditaire, qui sera à l'origine des dégénérescences successives, jusqu'à la fin tragique de Louis XVI et sa famille et le naufrage de l'aristocratie.

D'ailleurs, après l'interruption napoléonienne de la royauté, Louis-Philippe ( 1830-1848) ne sera pas oint (même s'il fut couronné, ce qui n'est pas la même chose) et élu par un parlement, ce qui fera de lui, non pas le roi de France, mais le roi des Français, règne qui aboutira  à des émeutes et une éphémère république pour devenir un nouvel "Empire". De Gaulle qui avait toutes les capacités d'un monarque  - mais qui n'était pas roi – tiendra compte de cette différence et sa Constitution, toujours debout malgré les attaques misérables des Chirac, Sarkozy..etc, aura un style régalien (par ex : le droit de grâce) convenant  parfaitement à la "constitution "  primordiale de De Gaulle : contrairement à ses successeurs, il aura le sens de la Grandeur, qui manquera toujours aux  idolâtres de l' "american way  of life", lesquels ne conçoivent que le gigantisme (condamné depuis longtemps dans certains textes sacrés sur la fin des temps), dont la démesure et le ridicule crèvent les yeux pour qui sait voir dans le sinistre quartier de la Défense.
 
    Il y a ainsi au point de départ, une élection divine qui est symbolisée par la Sainte ampoule apportée par une colombe. Les anglais auraient, paraît-il, une prétention analogue concernant un de leurs rois. Mais on ne nous fera pas croire que la reine Elizabeth II aurait été consacrée avec une Sainte ampoule; de toute façon, devenue chef de l'Eglise ( ce qui est le comble de la parodie anti-traditionnelle) elle aura perdu tout charisme et tout privilège. L'Angleterre conservatrice aura peut-être gardé certains symboles et usages, et un semblant de royauté; il n'empêche, comme Guénon le faisait remarquer à propos de la Maçonnerie anglaise, que les peuples nordiques et surtout anglo-saxons ont perdu l'Esprit et qu'il y a plus d'espoir dans les pays latins, malgré leur côté contestataire et anticlérical, quant aux possibilités de redressement traditionnel, car "on ne met pas de vin nouveau dans les outres vieilles, de peur qu'elles ne se rompent et que le Vin ne se répande à terre" (Le Christ).Un connaisseur des Anglais nous disait il y a une vingtaine d'années: "il suffirait que l'Esprit souffle de nouveau pour que la Tradition se ranime" ... Nous attendons toujours et avons appris avec stupeur que l'Eglise anglicane exigeait maintenant que les Maçons dévoilent publiquement leur secret initiatique! Nous disons bien  Anglais, car il y a plus d'espoir du côté  des Irlandais et Ecossais catholiques (comme par hasard, les seuls francophiles),  qu'il ne faut pas confondre avec les Anglo-saxons, originaires d'Allemagne,  et que Charlemagne  combattit jusqu'au VIIIè siècle, car ils vivaient encore dans le paganisme et la sauvagerie, et se sont très tardivement convertis, pour se jeter quelques siècles après dans le réformisme protestant, très anti-traditionnel de mentalité...
 
    La 2è preuve de la sollicitude divine réside dans l'élection de Jeanne d'Arc et dans l'assistance dont elle bénéficie dans sa Mission, toute jeune fille dirigeant des guerriers, ce qui ne s'était  jamais vu;
   Enfin, ne déparant pas cette triade providentielle, arrive De Gaulle qui sauve 2  fois la France : quelles preuves supplémentaires veut-on du statut privilégié de la France? IL fallait des esprits faux,   haineux (F.N. = F.Haine !) et antitraditionnels pour contester ces évidences (nous voulons dire : la sollicitude divine )  tout en essayant plus tard de s'en emparer   sans vergogne pour rattraper ces erreurs devenues trop aveuglantes, et qui risquaient de leur faire perdre le soutien des catholiques intégristes...Et l'on brandit le slogan "patriotisme" toujours confondu avec le nationalisme le plus agressif et le plus raciste possible, essayant de détourner l'héritage  gaullien (avec une évolution récente intéressante: les Le Pen n'attaquent  plus les Juifs et vont même jusqu'à se faire inviter en Israël - entre colonialistes , on s'entend toujours! - , toute leur haine se déversant sur les Maghrébins qu'ils confondent avec les Arabes d'Orient ; mais en arrière-plan se dissimule la haine de l'Islam).
 
     Un pays (il n'y a pas de "nation" dans un monde traditionnel) est comme un être vivant ; c'est    à dire qu 'il a  un corps, une Ame et un ESPRIT.
 
    Sa forme hexagonale et surtout sa situation dans l'extrême occident (dernier pays avant l'Amérique) lui donne des avantages uniques en Europe : elle  a accès à 3 mers et océans , ses paysages sont très divers ; à part le désert, on trouve toutes les sortes de modes de vie possibles, et, ce qui n'est pas fortuit, des régions indépendantes ayant leur langue et dialectes propres, ce qui n'est le cas dans aucun pays d'Europe : l'Allemagne n'a des variantes que du même fonds germanique, l'Espagne a (à part le basque) des dialectes tous d'origine latine mais la France a au moins 4 ethnies sans rapport structurel ni généalogique entre elles : le provençal, le basque, le breton et l'alsacien, auxquels  on pourra, suivant les régionalismes, ajouter un certain nombre de dialectes  et de patois ( 1). Ceci explique la nécessité d'un certain centralisme (le "jacobinisme")  pour éviter que le pays  n'éclate dans des particularismes chauvins et agressifs. Evidemment, dans un Empire traditionnel (celui de Charlemagne), sans rapport avec cette parodie d'empire de l'europe actuelle, le problème ne se poserait pas, car il y avait de véritables régions que l'on  a fait semblant de récréer pour des raisons européo-mercantiles depuis quelques années. Autrement dit, les républiques successives  ont joué de l'unité de la langue française pour réaliser l'unité sociale et administrative de la France, mais avec une certaine brutalité, notamment envers les Bretons (cf. Le slogan sur certains cafés , en 1900 : "ici, il est interdit de cracher par terre et de parler breton !" -sic
 
Nous n'allons pas revenir sur la question de la langue, traitée déjà par ailleurs, rappelons seulement  la formule de Goethe : "L'AME d'un peuple vit dans sa langue".
 
    Quand les régions traditionnelles sont mortes , on a essayé de les remettre à la mode avec ce "folklore", ( mot anglais, idée anglo-saxonne) que critiquait Guénon, car c'était une tentative de résurrection d'un cadavre. Les jolis vêtements traditionnels régionaux remis à l'honneur étaient portés auparavant par tous les habitants, et correspondaient à leur emploi et leur fonction sociale; cela n'avait rien d'artificiel. C'est à partir de cette époque que l'on crée les musées qui sont des cimetières de vie sociale : quand une civilisation est bien vivante ; elle n'enferme pas ses symboles  culturels dans ces mouroirs que sont les Musées.
 
Cette âme d'un  peuple a été stérilisée, et comme la France est un pays ouvert au monde, malgré ses réactions parfois xénophobes (qui sont des réactions de protection légitimes, car chaque Français, même inculte, a la notion instinctive de devoir préserver une certaine qualité française qu'on ne trouve pas ailleurs) (a), il y a eu une vague d'engouement envers les idées, modes et ...sectes anglo-américaines, surtout après  1945, - et ce n'est pas un hasard – car il y a eu une véritable occupation américaine en France, sous prétexte de plan Marshal, à laquelle De Gaulle a mis le hola en 1963 (au bout de 18 ans!). A cette époque essaiment les propagandistes, par exemple les  Mormons, dont on n'avait jamais entendu parler en France. En 1955, les USA sont déjà le pays des 256 sectes ! Sans De G. nous serions encore colonisés. Alors les Anglo-saxons ont trouvé d'autres moyens : en faisant traduire toutes leurs oeuvres en français et en refusant la réciproque ; idem pour le cinéma , le théâtre. Ils ont réussi à imposer leur "culture" . Depuis, la France n'est plus un pays vraiment libre pour accomplir sa Mission  comme l'aurait voulu le Général, et les petits Giscard, ( 2), Sarkozy et Macron se sont vite attelés à la noble tâche de se rapprocher des nations antitraditionnelles . IL ne manquait plus que l'Europe, ce qui est fait depuis Maastricht (évènement couronné par l'étrange tremblement de terre qui a eu lieu exactement à ce moment en Europe du nord / avril 1992) et le vote anticonstitutionnel de 2007, annulant un référendum, ce qui bafoue la Constitution de la Vè. Après cela, Sarkozy peut bramer aux quatre vents son attachement au gaullisme.
 
          Si la France fut  si souvent attaquée ( et même de l'intérieur, notamment par Sarkozy) et envahie, c'est pour cet attrait mystérieux qu'elle exerce et ce joyau  sacré qu'elle dissimule, invisible pour les esprits grossiers qui pensent que l'on dirige la France comme on fait son "job" (grossière expression reprise par Sarkozy de  George W. Bush.). Comment après cela, s'étonner que De Gaulle ait pensé que la France avait un rôle spécial à jouer dans le monde, et que  quand elle parlait, il fallait sinon lui obéir, du moins l'écouter.                                        
      Après le corps et l'Ame d'un pays, il ne reste plus que l'ESPRIT; et c'est à ce niveau qu'il subsiste encore un espoir; et pourtant Michel Vâlsan avait prévenu ses disciples : "Ne croyez pas que le Dajjal épargnera la France" (hasha 'Llah!).; et selon les Evangiles : "Même les Elus seront en danger d'être trompés".
 
L'HOMME
 
                    Pour une aussi si noble tâche, il fallait un homme hors du commun, et nous allons essayer d'étayer cette thèse par des témoignages, citations et réflexions personnelles.
 
        La différence éclate quand on pense à la haine antigaulliste de Mitterrand et son ambition de toujours (dès 1946, il avait  à peine 30 ans) d'évincer De Gaulle, lequel s'est  très tôt méfié, car il le trouvait louche, chose qui, à ma connaissance n'a jamais été vraiment expliquée : De Gaulle avait ses raisons, notamment le fait que la "résistance "de Mitterrand n'avait pas de bases claires; son réseau n'était ni FFI ni FFL et surtout il s'était abouché avec une bande de cagoulards dont certains trahiront et d'autres se rallieront à la Résistance, celle dirigée par De Gaulle.Mais ses liens avec des ennemis du Chef de la Résistance n'ont pas arrangé les choses (3).Autrement dit, Mitterrand donnait  l'impression de faire de la résistance une affaire personnelle, "à son compte", n'ayant aucun sens de l'abnégation au service du pays; on l'a dit fidèle en amitité, c'est une qualité qui, en politique, présente des revers : un véritable homme d'Etat est toujours seul, c'est à dire qu'il évite au maximum les compromissions et les pressions "tribales": il est au service du pays et non des hommes (donc : au service de la France, et non des Français). Mitterrand était incapable de cette vertu.
 
Par ailleurs, si l'on fait un portrait concis des deux hommes, en notant juste quelques traits pertinents, on remarque que:
-De G. est au-dessus des partis; et il est inexact de le cataloguer "de droite". M., lui, est un politicard arriviste, mangeant à tous les rateliers. (Paul Thibaud a écrit : "Le comportement pervers de Mitterrand consiste à disposer des valeurs en faisant semblant de les incarner")
-De G. est un catholique croyant et pratiquant, mais "laïque";
 
-M. a une vague teinture chrétienne, mais il se conduit comme un mécréant. C'est pourquoi certains ont cru qu'il était maçon; il s'en est toujours défendu : la confusion doit venir d'un autre Mitterrand  (Jacques) du G: O:
 
        Pour compléter le portrait, nous ajouterons que  Mitterrand, à peine élu,  a vite marqué son territoire: il a osé -ce qu'aucun président  n'avait fait -, s'asseoir à l'Elysée dans le fauteuil laissé vide par De Gaulle, et plus tard il a été porter une gerbe au pied de la statue de Jeanne d'Arc! Quand on sait comme il se moquait de De Gaulle en disant qu'il se prenait pour Jeanne d'Arc, on voit le symbolisme  inversé et parodique de ces deux actes. Pour nous, c'était un geste plein d'hypocrisie opportuniste. Son féal sujet, Jack Lang, crut bon d'ajouter cette formule sinistre: "Nous sommes passés des ténèbres à la lumière!." (mai 1981)
Que ceux qui ne croient pas aux symboles ne se mêlent plus de politique !
 
Dans les pays arabes, on remarque qu'il est entouré de sionistes, jusque dans ses ministères, ce qui entrave sa politique extérieure. Mais ça ne gêne pas le français moyen qui ne comprend rien à ces subtilités, surtout quand ces dernières lui sont  soigneusement cachées...(que penser du fait que des hommes comme Minc, Attali et BHL(4) soient les conseillers permanents -  et grassement rémunérés  - de tous les présidents successifs depuis Mitterrand ? Silence complet des médias sur la question ! - le seul qui ait mis les pieds dans le plat récemment est Juan Branco ("Le Crépuscule").
 
       Disons en passant un mot des opposants, notamment Pierre Mendès-France. On lui doit l'indépendance de  la Tunisie ( 1956), ce qui n'est pas rien. Mais ce brave homme qui avait des qualités humaines et aussi certainement bien des illusions sur ses capacités à gouverner en général, et surtout à gouverner la France en particulier, a commis un petit livre haineux et petit comme ses conceptions politiques ( "la République moderne"/idées-Gallimard). N'ayant aucun sens de la grandeur, il fait dans cet ouvrage des critiques contre De Gaulle qui sont une projection de ses propres limites. Il était trop attaché à la cuisine parlementaire de la IVè, qui jouait à gouverner et faisait et défaisait les gouvernements.

Quant  aux autres opposants "en bandes organisées", socialistes, communistes( 5) et extrémistes de droite, ils sont tous d'accord pour faire passer mensongèrement  De Gaulle pour un dictateur, un néo-fasciste ou un putschiste ("le Coup d'Etat permanent" est peut-être  un bon pamphlet, mais pas un livre politique sérieux, tant il sue la jalousie, le dépit des nains qui n'arrivent pas à sauter à la gorge du géant!). A ce sujet, Michel Vâlsan dira :"Les Français ont guillotiné leur roi, ils ne s'en sont jamais remis. Maintenant, ils ont un monarque .De quoi se plaignent -ils ?". En fait, comme le leur reprochera plus tard le Général avant de  démissionner, ils parlent et agissent en boutiquiers qui n'aiment pas que l'on dérange leur petit commerce électoraliste : c'est tout ce qu'ils ont retenu du droit démocratique à voter. On ne sait si la formule  "la droite la plus bête du monde " est de De Gaulle, mais il est sûr qu'il a répondu à quelqu'un qui lui demandait ce qu'il reprochait aux socialistes : "c'est justement qu'ils ne sont pas socialistes!"
 
( 1) Lesquels  ne sont pas des langues, mais de l'ancien français, comme en Vendée, et qui ont donné le parler canadien (le "joual") où l'on retrouve par moments de façon frappante et pittoresque l'accent et l'intonation des régions vendéennes et poitevines des 16è-17è siècles.
(a) Pourquoi, fait unique au monde, y a-t- il chaque année 70 millions de touristes qui visitent la France, soit plus que sa population globale ?
(2)Qu'on se rappelle le lamentable discours en anglais scolaire de Giscard, à peine élu en mai 1974! Aucun président, jusque-là, n'avait  fait preuve de cette allégeance servile
(3 cf. Pierre Péan :"une Jeunesse  française"
(4)Responsable avec Sarkozy de la destruction de la Libye et de l'assassinat ignominieux du chef de l'Etat, Mu'ammar Qadhâfi; dont les répercussions n'en finissent pas de déstabiliser le monde africain. Ce même BHL a claironné fièrement à la radio  peu après: "j'ai défendu les intérêts d'Israël" ! Personne n'a relevé cet aveu compromettant. On croit rêver ! ( idem avec DSK :"Je mobilise toute mon énergie à soutenir Israël" – et cet homme était candidat à la présidentielle de 2012
( 5)Qu'on n'oublie pas que quand le pied-noir Albert Camus, en 1956,  a défendu les droits des Arabes, c'à d des Algériens , il s'est fait traiter de "traître" par le PCF  (cf. Docu. de Benhamou, F3, 22/1/2020) qui avait  voté les pleins pouvoirs à Guy Mollet pour réprimer les autochtones. Le répresseur de l'époque, ministre de l'Intérieur, s'appelait Mitterrand !
(6) Reconnaissons que Mitterrand se rachètera  de bien des erreurs à la fin de sa vie et il reniera son anti-gaullisme primaire; mais le mal était fait...(cf. Entretiens  avec Pierre Péan). Surtout il révélera tardivement les raisons de sa méfiance envers les Américains, montrant qu'il n'était pas dupe :
 
"La France ne le sait pas mais nous sommes en guerre avec l'Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort...apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C'est une guerre inconnue,une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant, une guerre à mort" ("Le Dernier Mitterrand", par G-M Benhamou, 1997)
 
DE GAULLE  SECRET
 
  C'est  le titre même d'une n.ième biographie que nous avons citée dans la bibliographie supra. Ouvrage bien décevant, car l'auteur, François Broche, comme beaucoup d'autres  ne conçoit la biographie que sous l'angle psychologique, ne considérant que le point de vue religieux chez son personnage, ce qui n'est pas inintéressant, mais ne présente rien de mystérieux;

       Les vraies questions à poser, à condition d'avoir autre chose que la culture générale de base des journalistes, aurait consisté à se demander si De Gaulle, comme certains l'ont laissé entendre, connaissait l'oeuvre de René Guénon.(7) Or M. Broche, p.116, cite ingénument les noms de Maritain, Daniel-Rops et Stanislas Fumet, sans en tirer autrement parti. Il serait bien étonnant que ces 3 écrivains qui connaissaient fort bien René Guénon ne lui en aient  jamais dit un mot ! Sans parler  de Michel Vâlsan, qui, lui, était capable de dire à l'avance approximativement ce que le Général allait décider, quand tout le monde était dans l'expectative. Malheureusement, certains parasites de l'oeuvre guénonienne ont fait  courir le bruit que Guénon aurait reçu de M. Vâlsan une "initiation" !!! Ce genre de rumeur typiquement parisienne et occultiste venait sans doute d'un doux illuminé fort en délires du nom de Parvulesco. Qu'est-ce qu'un Cheykh musulman aurait bien pu transmettre à un catholique comme De Gaulle?
 
   A part quelques réflexions intéressantes dans ce livre ,  nous n'avons pas affaire à ce que, suivant Guénon, nous appelons la perspective traditionnelle, éclairage qui aurait fait apparaître justement le côté "secret", en tout cas réservé, de De Gaulle et la signification de cette "Mission " de la France dont il était le serviteur. Nous n'avons pas lu tous les livres écrits sur De Gaulle, évidemment, ce serait impossible et fastidieux , mais tout ce que nous avons pu lire ou entendu dire  omet toujours ce côté des choses. Même Jean -Louis Debré, pourtant  gaulliste authentique, est muet sur ce point. Ce qui brouille un peu les cartes, c'est le style "hagiographique" de la plupart des livres sur De Gaulle , par exemple Pierre Lefranc (  "Gouverner selon De Gaulle"), qui en fait des tonnes; ou, au contraire, les vieux ennemis droitistes comme Dominique Venner qui ne peut voir l'Histoire qu'à travers le prisme du Lepénisme! Ah ! L'Algérie française et l'OAS auront décervelé bien des esprits faibles.!
 
        Certains ont essayé d'aborder le supposé "Gallicanisme" de De Gaulle...A moins de remonter jusqu'à la Pragmatique Sanction de Bourges(1438), décrétée par Charles VII et l'Assemblée des évêques, qui en serait la 1ère affirmation, nous préférons laisser  ce sujet à des théologiens expérimentés! (Pour ceux qui aiment les symboles , nous signalerons  que Colombey-les-deux Eglises, non seulement a deux églises, mais que le " Y" qui termine Colombey exprime aussi une dualité!)
 
          Pour conclure ce portrait, nous constatons que De Gaulle présente 3 qualités traditionnelles rarement réunies:
-c'est un Ecrivain, exposant très tôt sa conception du sort du monde et de la Mission de la France.
-C'est un Homme d'Etat sans aucune ambition personnelle ni désir d'enrichissement; intégre et désintéressé ; vertus inconnues des hommes politiques de la 3è et 4è république.
-C'est un  Homme d'action plus qu'un militaire.
La conjonction de ces 3 qualités fonde sa qualification à régir la France et à s'insérer de façon active dans les "affaires du monde", ce qui a retenu l'attention de l'Autorité traditionnelle qui l'a investi de sa Fonction et lui a donné la protection et les moyens correspondants :
  • il survivra à la guerre de 1914-18,
  • il échappera aux Allemands en 1940;
  • il survivra aux attentats ou tentatives d'attentat de Pont -sur-Seine, du petit Clamart et de Sainte Hermine (Vendée).
  • Nous aimerions ajouter pour le plaisir de l'ironie  qu'il a survécu à 4 ans de vexations de la part des autorités anglaises (notamment, un certain Churchill, qui voulait "le faire mettre aux fers"!     Après, on dira que les militaires sont agressifs!)
  • Mais les héros ont leur lacunes et leurs faiblesses comme nous allons le voir, évitant de céder aux dithyrambes habituelles

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                   Thomas Molnar (1921- 2010), écrivain catholique intégriste, extrémiste de droite et bien sûr colonialiste, a une conception du "héros contre-révolutionnaire" qu'il applique malencontreusement à De Gaulle en le traitant de "faux héros", dans la même charrette que le Pape Paul VI et...Nixon , ce qui est inattendu ! Ce faisant, il ignore  ce qu'est le point de vue traditionnel inauguré par Guénon  et donc tout le côté traditionnel de l'Homme d'Etat De Gaulle ; et quant à la  mission de la France, elle se réduit chez ces gens-là à la politique du "sabre et du goupillon" ! Ainsi, De Gaulle refusant  de continuer l 'occupation et le massacre de la population algérienne est un faux héros et un traître; Comme les choses sont simples avec les colonialistes sûrs de leur bon droit qui confine à une odieuse niaiserie : si les Algériens ont tort de ne pas  se laisser coloniser, pourquoi les Français se battraient-ils contre les envahisseurs allemands ? Là est condamnée toute Résistance légitime. Puisque seule compte la Force et non le Droit. Ce qui explique, en passant, que beaucoup de gens comme  les disciples de Molnar deviendront des collabos, des néo-nazis ou des traîtres à leur  patrie, dont ils ont trop souvent le mot à la bouche.( voir le petit livre de Thomas Molnar: "La Contre-Révolution, 10/18 -1972) .
     
                       In  cauda  venenum ...
 
        Ce n'est pas là-dessus qu'il fallait critiquer  le Général; il y avait d'autres sujets que les hagiographes passent  pudiquement sous silence:
 
-L'énergie nucléaire et les essais atomiques dans le Sahara et le Pacifique, avec son contingent d'irradiés dont il sera interdit de parler (on dit même qu' un ministre de De Gaulle, malgré la protection de son bunker, y aurait perdu un oeil!). Après De Gaulle, il ne sera plus possible de maîtriser le "lobby" nucléaire qui sera un gouffre financier profitant grassement à ses administrateurs...sans parler de ses dangers! Les apprentis sorciers ne savent toujours pas comment arrêter une centrale nucléaire.
 
-Les relations avec la Chine, au prix de l'écrasement du Tibet (dont l'invasion  avait commencé dès oct. 1950, et non en 1956, comme les falsificateurs de l'histoire l' écrivent)) et du massacre de ses moines ;  depuis ce temps -là (1964,) plus personne n'ose prendre leur défense publiquement et même le Dalaï Lama n'est pas reçu officiellement en France, de peur de déplaire aux Maîtres chinois.
-L'abandon du jour au lendemain des ex-colonisés qui ne voulaient pas d'accord  avec la France, craignant un néo-colonialisme (par ex : la Guinée de Sekou Touré, qui basculera dans une dictature "marxiste" sanglante pendant des années).
 
-Le massacre des harkis, prévisible, pour lesquels rien de sera fait, en Algérie et dont les survivants seront hébergés dans des camps dans le sud de la France (Témoignage d'un ancien chef de harkis : "j'ai vu mes hommes bouillis dans des marmites").
 
           Tout cela n'est pas très glorieux  et demande une explication : en fin de cycle, et  a fortiori à la fin des temps, les derniers responsables, même prédestinés et aidés par l'Autorité traditionnelle, présentent des faiblesses, des lacunes quand ce ne sont pas de graves imperfections .
   De Gaulle n'y a pas fait exception,  et la plus dure sanction pour lui sera mai 68 où il comprit que le pouvoir lui échappait. Et comme ce n'était pas un "dictateur", non seulement il ne fit pas tirer sur la foule comme les dirigeants communistes ou fascistes, mais il se retira dignement en 1969 ( b)
 
( b) Coïncidence : c'est cette année que M. Vâlsan publia sa remarquable étude sur Jeanne d'Arc, juste après le départ du Chef de l'Etat (comme nous l'avons signalé dans notre CR du livre de Jean Robin), que seraient  bien en peine d'écrire tous les adulateurs opportunistes de Jeanne, même quand il s'agit de faire du racolage électoraliste. Si Jeanne revenait, gageons qu'elle chasserait à grands coups d'épée tous  ces faux dévots qui essaient chaque année de la récupérer...

(7)Nous savons que Jacques Chirac, lui, mesurait  fort bien l'importance de Guénon (dont il avait sans doute entendu parler par le directeur du Musée Guimet, qu'il fréquentait quand il était étudiant), au point d'envoyer au Caire chaque année  un faire part, le 7 janvier, à la famille Guénon à l'occasion de la commémoration de la disparition de René Guénon (1951); Ce genre de culture  est inexistante chez les 3 présidents suivants !






vendredi 7 février 2020

Les hommes de la fitra - J.F.


     





Il y a des êtres qui ont été préservés dans leur nature primordiale, ; ce terme transcrit assez bien la fitra dans le langage du Tasawwuf (« soufisme »). Il ne s'agit ni de « saints »  au sens chrétiens, ni de génies, mais plus simplement et plus subtilement d'êtres dont le statut est ressenti comme distinct des autres sans qu'on puisse le définir davantage .Au sens strict, la nature primordiale signifie l'état d'Adam et Eve avant qu'ils ne quittent le Paradis, c'est à dire perdent leur privilège qui était essentiellement la Proximité divine; mais il y avait des privilèges annexes, à savoir : le Pouvoir (sur les autres êtres), la Connaissance (donnée par l'Arbre de Vie) et l'Autorité qui va avec… Nous nous poserons la question : de nos jours, y a -t-il encore des êtres qui auraient gardé non pas l'intégrité de leur statut adamique, mais au moins virtuellement les privilèges annexes. D'après les témoignages qui suivront, nous pensons qu'il y en a eu aussi bien dans le milieu littéraire que dans le milieu politique; et peut-être encore dans ce monde de plus en plus envahi de fausses élites et d'arrivistes forcenés qui peuplent les plateaux des médias.



Pour illustrer provisoirement ce statut, nous citerons - sans dire tout de suite de qui il s'agit - ces paroles remarquables de Christian Millau à propos d'un collaborateur et ami:

« Ce qui frappait le plus était que, bien qu'il n'y eût rien chez lui de distant, d'indifférent ou d'arrogant, un fossé invisible mais palpable l'entourait, le protégeait et j'éprouvais une sensation physique très forte..(...) : la révélation d'avoir devant soi non seulement un être supérieur mais absolument d'une autre planète.(1) » Même avis chez un autre écrivain : « On ne dirait pas : ' il est mieux que moi mais il est d'une autre race .' »  . Enfin, de façon plus poétique, Vialatte écrira : « une pelure d'or, un noyau d'ombre ». Millau termine sur cette touche : « Sans mystère, impossible à élucider, il n'y a, en effet, jamais de légende »...

Dans le domaine politique, nous ne voyons guère que De Gaulle (et non « de » Gaulle, comme on l'écrit à tort - il était noble, mais pas « aristocrate ») qui mérite de figurer parmi les « Hommes de la Fitra »,vu son charisme pliocène.

Pour cela, il faut se reporter au portrait qu'en a fait Jean Cau dans ses remarquables « Croquis de Mémoire » (Julliard, 1985) :

« Nous étions gouvernés par un animal préhistorique, d'espèce disparue et dernier représentant surgi des Amazonies françaises. On le regardait comme un monstre et il fascinait...Mais il m'était en même temps complètement étranger....Cet animal ne ressemblait à aucun autre exemplaire de sa race et tout de lui (...) était singulier....Ce n'était pas un homme, mais une étrangeté de la nature, de l'espèce et de l'histoire. ».**

En conclusion, nous dirons qu'il avait l'aspect primordial et archaïque d'un homme d'un autre monde.(2) Cest ainsi que les tenants traditionalistes des faux héros (Maurras, Pétain et plus tard ce pauvre Robert Martel en Algérie! -on a les héros qu'on peut) n'ont jamais perçu cet aspect primordial de De Gaulle (cf. René Génon : la distinction entre Traditionnel et traditionaliste), aveuglés par leur conception exotérique et bornée de l'Histoire. Ainsi, De Gaulle comprenait et appliquait la différence qu'il y a entre la France et les Français, distinction inaccessible aux autres hommes politiques ordinaires (Giscard, Mitterrand...etc) qui étaient des hommes politiques sans doute , mais non des Hommes d'Etat (nuance introduite par De Gaulle dans ses confidences orales).(3)

Dans les deux exemples que nous venons de voir, on remarquera que ces êtres sont, selon les témoignages, à la fois d'un autre temps et d'un autre lieu voire d'une autre race, ce qui pose problème.

** Les italiques sont de nous.

(1)Pour éviter le rejet précipité dû aux idées préconçues, nous avons délibérément fait cette longue citation sans dévoiler tout de suite le nom de cet être exceptionnel ; nous pouvons dire maintenant qu'il s'agissait de l'écrivain Roger Nimier (1925-1962), appelé le « Hussard ». - citations extraites de l'ouvrage indispensable de Christian Millau « Au Galop des Hussards »,pp.26-27 éditions de Fallois, Paris , févr.1999.


(2)Nous avons entendu la même expression, mot pour mot, de la part d'un ami roumain au sujet de Michel Vâlsan: « C'était un homme d'un autre monde »
(3)Ainsi, au grand effroi des gens de droite, il reconnaissait à Maurice Thorez (chef du PCF) la qualité d'homme d'Etat.


Nous développerons un jour le point de vue t
raditionnel sur De Gaulle


Enfin, après ces deux exemples, l'un littéraire, l'autre politique, difficile de ne pas dire quelques mots d'un homme qui n'est ni l'un ni l'autre, et en même temps, difficile d'en parler a vec la délicatesse qu'exige le sujet..
Dans notre traduction, en 1984, de l'ouvrage du Cheykh 'Abdel-Halim Mahmoud sur Guénon – Le Caire,1968,- que nous n'avons pas eu le temps de publier (cela a été fait depuis par M. Jean Gouraud, chez al-Bouraq , en 2007), nous avions été frappé par une formule insolite employée par l'ambassadeur d'Argentine après sa visite chez René Guénon :

  • Nous avons rencontré un être « céleste » !
  • M.Gouraud préfère traduire littéralement par : une personnalité divine!
  • Nous avons préféré ne pas employer cet adjectif, mais le texte arabe dit bien : « shakhsiyya ilâhiyya »(4)
  • Un autre témoignage digne de considération est celui du jeune Najmu-d-Din Bammate (1922-1985) car lui aussi note l'appartenance de Guénon à un autre monde :
  • « je me trouvai en face d'un homme...si transparent qu'il semblait avoir gagné l'autre rive, et que je regardais de temps en temps à nos pieds pour voir si le fleuve noir ne passait pas entre eux ».
  • - « (Ses) yeux paraissaient rapportés, surajoutés.Trop grands, ils semblaient d'une provenance étrangère, sortis d'un autre monde et, justement, ils cherchaient ailleurs ».
  • Enfin, Najmu-d-Din Bammat termine son témoignage lors de sa dernière visite de 1947 (Nouvelle NRF , 1955) par cette image :
  • « Je me rappelle René Guénon, diaphane, cette transparence, et je songe à l'histoire du peintre taoïste : l'artiste vient d'achever sur les murs du palais un paysage de forêts et de cascades. L'empereur et sa cour se sont réunis pour admirer. Jamais paysage n'avait paru si réel. Le peintre s'approche du mur, s'y plaque, palpe de ses mains le paysage. Et son tableau s'ouvre pour lui seul, le transparent, le fluide, et l'absorbe. Le voici qui traverse la muraille, dure et lisse pour les autres. Peu à peu, il s'enfonce et s'éloigne. »
  • Abdel-Halim Mahmoud ayant accompagné le Cheykh lors d'un dhikr raconte : »..Il se plongeait et s'abimait dans le dhikr; je dus ensuite le réveiller jusqu'à ce qu'il se secouât violemment d'un frisson ; j'ai pensé qu'il revenait de contrées lointaines et ignorées »(Chacornac, « la Vie simple de René Guénon »,p.108 – Ed. de 1958).


« Ya, 'Abdel-Wahed, qaddasa Allah sirrak ! » (Formule d'adieu de N-D Bammat)



(4)Si l'on nous permet un apport personnel, nous avons appris, en 1974, d'un collègue de Nancy que son ami (le Dr Janot, éditeur du dernier livre de Guénon : « la Grande Triade »,1946) ayant rencontré Guénon au Caire juste après la guerre, en était revenu très impressionné , répétant à qui voulait l'entendre : » J'ai vu un prophète, un prophète!... ». Malheureusement, bien qu'habitant Nancy à l'époque, nous n'avons jamais réussi à le rencontrer.


En conclusion, nous ferons remarquer la coïncidence quasiment littérale des témoignages de gens ne se connaissant pas entre eux, et concernant des personnalités aussi différentes que Nimier, De Gaulle ou Guénon.


CONTRE TRADITION ET CONTRE-INITIATION


A l'opposé des Hommes de la Fitra, il y a toujours quelques « suppôts » ou supports de la Contra-Tradition. Pour préciser ces concepts guénoniens, nous réservons en principe Tradition pour la Doctrine et Initiation pour les Rites, les deux domaines étant concomitants.


Ainsi les athées militants sont dans la Contre-tradition, et non dans la contre-Initiation; cependant, il peut se faire que l'un mène à l'autre. Nous prendrons l'exemple du Marxisme -léninisme qui, au début, persécutait les Eglises dans sa logique totalitariste. Mais cela ne suffisait pas, et l'on a vu apparaître un prétendu baptême communiste qui ne pouvait qu'être une parodie du vrai baptême ; Là où il y a parodie et inversion, nous a appris Guénon, il y a influences sataniques. Ceci nous rappelle fâcheusement le baptême «  républicain » inventé pendant la révolution française, dont l'inspiration était évidemment non seulement anti-religieuse mais satanique. Et que l'on essaie de relancer depuis peu en France. Ce sont évidemment des pseudo-rites inventés par des individus suspects.


Plus insidieuse est la « pseudo-initiation. Ainsi, l'Ordre martiniste est en fait depuis longtemps l'antichambre de la contre-initiation, du moins il s'y efforce ; IL n'y a pas de pires ennemis de Guénon que dans cette organisation .Ce n'est pas anodin : les pseudo-organisations occultistes peuvent, par leur imprudence, faire le jeu d'influences ténébreuses, sans le savoir. On peut se poser la même question pour deux mouvements, comme la Scientologie qui se fait appeler « Church »  aux USA, ce qui est évidemment un abus de langage intéressé, que gobent volontiers ces gogos que sont les Américains à la religiosité développée mais à l'esprit critique de microcéphales. Et que penser des rosicruciens modernes qui croient au « voyage en astral » !!! Mais la mauvaise foi de ces gens-là est incommensurable : lors d'une conférence en 1988, nous avions demandé à Serge Hutin : »comment pouvez-vous être encore « rosicrucien » après ce qu'en a dit Guénon? » . Sans se démonter, il me répondit : « Mais au contraire, d'autant plus « ( sic !).


Maintenant ,nous voudrions attirer l'attention sur 2 cas de la contre-tradition au XX siècle .


  • Le premier, Sartre, est suffisamment connu pour ses formules : « Si l'homme existe, Dieu n'est rien; si Dieu existe, l'homme n'est rien ». ET aussi : « A peine m'as -tu créé, que j'ai cessé de t'appartenir ».Aucun étudiant n'a osé relever l'insolence facile de telles affirmations, d'autant plus qu'un honnête homme tel que Raymond Aron se faisait copieusement insulter et réduire au silence, chaque fois qu'il tenait tête à Sartre : il y avait un cour de benêts acnéiques qui servait de protection au « Maître »; pendant que Camus était moqué pour sa pauvreté par ces petits bourgeois cossus et haineux .Mais Sartre a fini sa vie dans le droit chemin, c'est à dire le lâchage des Palestiniens (qu'il soutenait autrefois), poussé par son secrétaire, un certain Pierre Victor (Benny Levy), bien content d'avoir récupéré une « plume » célèbre en faveur du sionisme . Ce qui nous avait alerté tardivement, c'est un signe qui ne parle qu'à ceux qui savent interpréter : c'est à dire le timbre non-humain, mécanique, métallique de sa voix : ce n'était plus un homme qui parlait, mais une sorte d'être venu des ténèbres extérieures...
  • Or, quelque temps après la mort de Sartre(1981), entendant parler doctoralement Louis Pauwels, nous fûmes frappé par le même timbre de voix, lui aussi métallique.Or ce Pauwels (1920-1997) dans ses débats sur France-Culture (1972) avec un agent de la contre-initiation (R.A.), avait eu l'audace de prétendre que « Guénon, c'était la selle sans le cheval ! », pour finir par : « [alors que nous ],après tout ce que nous avons fait pour la Tradition ...»(sic!). Personne n'osant interrompre ces grands spécialistes de l'Esotérisme (en fait, de l'occultisme sous forme de « réalisme fantastique »,) nous rapportâmes ces propos à Michel Vâlsan qui nous consola en disant : « Mon cher ami, s'il fallait reprendre toutes les sottises sur Guénon , on n'en finirait pas ! »
  • Inutile d'ajouter à notre panoplie la Duchesse de Bovouar, « sartreuse de Parme », chère à Boris Vian: même voix, même timbre inhumain, sec ,absence totale de coeur...


NB Certains se demanderont quel rapport il peut y avoir entre la politique et la contre-initiation. On peut répondre au moins partiellement que les présidents et chefs de gouvernement ont souvent à leur disposition un(e) voyant(e) et/ou un(e) astrologue, l'exemple étant Mitterrand (Elizabeth Tessier) Drôle de conseilllère qui n'avait rien vu venir le 11 septembre 2001, le jour de l'écroulement des « twin towers » à New York.


On croit savoir que Chirac avait son devin ou magicien dans un pays d'Afrique noire et qu'il le consultait chaque fois qu'il y allait.
Pour l'instant ceci est plutôt anodin; mais il y a pire( a) . Ainsi, nous savons de source sûre que Bush se servait d'un magicien noir pour essayer de neutraliser Saddam Hossein ,l ors de la guerre du Golfe, apparemment avec succès. Idem pour Mu'ammar Qadhdhafi et d'autres que nous ne citerons pas .

La femme du Président Ben Ali se contentait de pseudo-rites « propitiatoires »   pour conjurer le sort . En contrepartie, il y avait une protection spéciale – et invisible – pour certains présidents protégés par ce que Guénon appelle l' Autorité traditionnelle.

Pour conclure, si Guénon fuyait les journalistes, ce n'est pas seulement parce qu'ils se mêlaient souvent de ce qui ne les regardait pas, mais surtout parce que beaucoup étaient en rapports avec les services secrets étrangers, et ,p lus ou moins directement avec la contre-initiation . Dans son premier ouvrage sur Guénon, Robin reproduit une lettre du 4 sept. 1938 (p.286) où nous avons repéré un nom inconnu jusque là : Maurice Verne. Guénon nous apprend qu'il écrivait dan l' Intransigeant, correspondant de l'I.S. en France ! Or ce Maurice Verne, selon Rachel (épouse de Vallette, Dr du Mercure de France) était suspect d'émarger aux service secrets...Elle ne se trompait pas ..et Guénon encore moins !


(a) Certaines civilisations très anciennes ont gardé des rites redoutables, les Hindous (c'est un sorcier hindou qui réussit à immobiliser Guénon pendant plus de 6 mois en 1939), les Berbères et les Hébreux .Ces derniers ont notamment un « rite d'exécration » tellement puissant qu'il peut tuer à distance .Ainsi après la mort subite d'Itzak Rabin, l'un des jeteurs de sort revendiqua la mort du 1er ministre israëlien: « c'est une prière spéciale que l'on récite contre ceux qui menacent le peuple juif . Celle-ci n'a été récitée que deux fois au cours du vingtième siècle : la première contre Trotski le pseudo-prophète sanglant du bolchevisme en Union soviétique.Vous n'ignorez pas qu'il a été assassiné quelque temps après » (extrait d'un entrefilet paru discrètement - ou indiscrètement – dans le Parisien du 20/06/1996 – inutile de dire que cet articulet n'a jamais été repris ni commenté: auto-censure prudente des journalistes !)





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