بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلِّمْ السلام عليكم و رحمة الله و بركاته
jeudi 28 mars 2013
Martin Lings - Le sens intérieur du Jihad, (fragment)
De Qu’est-ce que le soufisme, pp. 34-35.
Dans de nombreux versets, les sens extérieur et intérieur s’appliquent à des domaines très différents. Un jour, au retour d’une bataille contre les infidèles, le Prophète dit: «Nous sommes revenus de la petite Guerre saint à la grande Guerre sainte.» Ses compagnons demandèrent: «Qu’est-ce que la grande Guerre sainte?» et il répondit: «La guerre contre l’âme.» On trouve ici la clé du sens intérieur de tous les versets du Coran se rapportant à la Guerre sainte et aux infidèles. Admettons que ce dire du Prophète apporte quelque chose à chacun, et la plupart des musulmans pourraient prétendre avoir l’expérience de la lutte contre les infidèles de l’intérieur, c’est-à-dire contre les éléments rebelles et non musulmans [insoumis à Dieu] de l’âme. Mais résister de temps en temps à la tentation est une chose, et faire la guerre en est une autre. La grande Guerre sainte dans son sens plénier est le soufisme, ou, plus précisément, elle en est un aspect et ne regarde que les soufis. Le Coran déclare: «Combattez les idolâtres totalement» (IX, 36), et ailleurs: «Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition, et que la religion soit toute à Dieu» (VIII, 39). Cela, seul le mystique est capable de le réaliser intérieurement, et lui seul sait ce que cela veut dire de maintenir une opposition méthodique contre ses propres possibilités inférieures et de porter la guerre dans le territoire de l’ennemi, de manière que l’âme soit tout entière «à Dieu». C’est à cause des dangers de cette guerre qu’aucun ésotérisme n’est aisé d’accès. En fait, mais non de propos délibéré, l’exotérisme est un état de trêve avec des escarmouches occasionnelles et livrées de façon décousue; et il est bien préférable de demeurer exotériste que de susciter toute la fureur de l’ennemi [du diable] et, ensuite, d’abandonner la lutte, laissant les possibilités inférieures envahir l’âme.
Abdul Hâdî Aguéli - L'Identité suprême dans l’ésotérisme musulman (suite et fin).
Abdul Hâdî, La Gnose - Juillet 1911, n° 7 -
deuxième année
(Risâlatul-Ahadiyah)
(Suite)
Celui qui est ainsi qualifié possède des attributs
innombrables. Comme celui qui meurt, dans le sens propre du mot, est séparé de
tous ses attributs louables ou blâmables, de même, celui qui meurt, au sens
figuré, est séparé de tous ses attributs louables ou blâmables. Allah — qu’Il
soit béni et exalté — est à sa place dans toutes les circonstances (1). La «
nature intime d’Allah tient lieu de sa « nature intime » ; les « attributs »
d’Allah tiennent lieu de ses « attributs ». C’est pourquoi le Prophète —
qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « Mourez avant que vous ne mouriez
», c’est-à-dire : « connaissez vous-mêmes (vos âmes, votre « proprium ») avant
que vous ne mouriez ». Il a dit encore : « Allah dit : Mon adorateur ne cesse
de s’approcher de Moi par des œuvres surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime.
Et lorsque Je l’aime, Je suis son ouïe, sa vue, sa langue, sa main, etc. (2). »
Le Prophète veut dire : Celui qui tue son âme (son « proprium »), c’est-à-dire
celui qui se connaît, voit que toute son existence est Son existence. Il ne
voit aucun changement en sa « nature intime », ou en ses « attributs ». Il ne
voit aucune nécessité à ce que ses attributs deviennent les Siens. Car (il a
compris qu’) il n’était pas lui-même l’existence de sa propre « nature intime
», et qu’il avait été ignorant de son « proprium » et de ce qu’il était au
fond. Lorsque tu prends connaissance de ce que c’est que ton « proprium », tu
es débarrassé de ton dualisme (3), et tu sauras que tu n’es autre qu’Allah. Si
tu avais une existence indépendante, une existence « autre qu’Allah, tu
n’aurais pas à t’effacer ni à connaître ton « proprium ». Tu serais un Seigneur
Dieu autre que Lui. Qu’Allah soit béni, de sorte qu’il n’y a pas de Seigneur
Dieu autre que Lui.
L’intérêt de la connaissance du « proprium »
consiste à savoir, mais à avoir la certitude absolue que ton existence n’est ni
une réalité ni une nihilité, mais que tu n’es pas, que tu n’as pas été et que
tu ne seras jamais. Tu comprendras clairement le sens de la formule : Lâ ilaha
ill’Allah (= il n’y a pas de Dieu si ce n’est Le Dieu) (4), c’est-à-dire il n’y
a pas de Dieu autre que Lui, il n’y a pas d’existence autre que Lui, il n’y a
d’autre autre que Lui, et il n’y a pas de dieu si ce n’est Lui.
Si quelqu’un objecte : « Tu abolis Sa Seigneurie
(5) », je réponds : Je n’abolis pas Sa Seigneurie, car Il ne cesse pas d’être
(Seigneur) magnifiant, non plus qu’Il ne cesse d’être (adorateur) magnifié. Il
ne cesse pas d’être Créateur, non plus qu’Il ne cesse d’être créé. Il est
maintenant (6) tel qu’II était. Ses titres de Créateur ou de Seigneur
magnifiant ne sont point conditionnés par (l’existence) d’une chose créée ou
d’un (adorateur) magnifié. Avant la création des choses créées, Il possédait
tous Ses attributs. Il est maintenant tel qu’Il était. Il n’y a aucune
différence, dans Son Unité, entre la création et la préexistence. Son titre de
L’Extérieur implique la création des choses, comme Son titre de L’Occulte ou de
L’Intérieur implique la préexistence. Son intérieur est Son extérieur (ou Son
expansif, Son évidence), comme Son extérieur est Son intérieur ; Son premier
est Son dernier et Son dernier est Son premier ; le tout est unique et l’unique
est tout. Il est qualifié : « Tous les jours Il est en l’état de Créateur
Sublime ; rien d’autre que Lui n’était avec Lui; Il est maintenant tel qu’Il
était. » En réalité, autre-que-Lui n’a pas d’existence. Tel qu’II était de
toute éternité, tous les jours en l’état de Créateur Sublime. (Il n’y a) aucune
chose (avec Lui) et aucun jour (de création, à l’exclusion d’un autre), comme
il n’y a dans la préexistence de chose ni de jour (7), car l’existence des
choses ou leur néant est tout un. S’il n’en était pas ainsi, il aurait fallu la
création de quelque chose de nouveau qui ne fût pas compris dans Son Unicité,
ce qui serait absurde. Son titre de L’Unique Le rend trop glorieux pour qu’une
pareille supposition fût vraie.
Lorsque tu peux voir ton « proprium » ainsi
qualifié sans combiner l’Existence Suprême avec un adversaire, partenaire,
équivalent ou associé quelconque, alors tu le connais tel qu’il est
(c’est-à-dire tu te connais réellement). C’est pourquoi le Prophète a dit : «
Celui qui connaît son « proprium » connaît son Seigneur. » Il n’a pas dit : «
Celui qui éteint son « proprium » connaît son Seigneur. » Il sut et il vit
qu’aucune chose n’est autre que Lui. Ensuite, il dit que la connaissance de
soi-même, du « proprium » (de son âme), c’est là la Gnose ou la connaissance
d’Allah. Connais ce que c’est que ton « proprium », c’est-à-dire ton existence
(8) ; connais qu’au fond tu n’es pas toi, mais que tu ne sais pas. Sache que
(ce que tu appelles) ton existence n’est (en réalité) ni ton existence ni ta
non-existence. Sache que tu n’es ni existant ni néant, que tu n’es pas autre
qu’existant ou autre que néant. Ton existence et ta nihilité constituent Son
Existence (absolue, telle que l’on ne peut ni doit discuter si Elle est ou si
Elle n’est pas) (9). La substance de ton être ou de ton néant est Son
Existence. Donc, lorsque tu vois que les choses ne sont pas autres que ton
existence et la Sienne, et lorsque tu peux voir que la substance de Son Être
est ton être et ton néant dans les choses, sans (toutefois) voir quoi que ce
soit avec Lui ou dans Lui, alors tu connais ton âme, ton « proprium ». Or, se
connaître soi-même d’une telle manière, c’est là la Gnose, la connaissance
d’Allah, au-dessus de toute équivoque, doute ou combinaison d’une chose
temporaire avec l’éternité, sans voir dans l’éternité ou par elle ou à côté
d’elle autre chose que l’éternité.
Si quelqu’un demande : « Comment alors s’opère
l’Union (El-wiçal), puisque tu affirmes qu’autre-que-Lui n’est pas ? une chose
qui est unique ne peut s’unir qu’avec elle-même », la réponse est : En réalité,
il n’y a ni union (waçl) ni séparation (façl), comme il n’y a ni éloignement
(buud) ni rapprochement (qurb). On ne peut parler d’union qu’entre deux, et non
lorsqu’il s’agit d’une chose unique. L’idée d’union ou d’arrivé comporte
l’existence de deux choses, analogues ou non (10). Analogues, ils sont
semblables. S’ils ne sont pas analogues, ils se font opposition. Or, Allah —
qu’Il soit exalté — est exempt de tout semblable ainsi que de tout rival,
contraste ou opposant. Ce qu’on appelle ordinairement « union », proximité ou
éloignement (12), ne sont point tels (dans le sens propre du mot). Il y a union
sans unification, approchement sans proximité, et éloignement sans aucune idée
de loin ou de près.
(A suivre)
(1) Allah est ici a considérer comme la formule de
la Destinée, universelle ou individuelle.
(2) Une célèbre « Tradition sainte » (Hadît qodsî)
(voir La Gnose, 2ème année, n° 6, p. 174, note 7).
(3) Itnaïniyah = dualisme ; bi-existence ;
croyance en deux divinités ; de Itnaîn = deux. Dans quelques manuscrits, je
trouve : Ananiyah = égoïsme, de Ana = je, moi.
(4) Voir La Gnose, 2ème année, n° 2, p. 64, et
n°3, p.111 (errata du n° 2).
(5) Er-rubûbiyah, c’est-à-dire l’influence
seigneuriale, magnificatrice, glorifiante.
(6) Il s’agit toujours de la « Permanente
Actualité ».
(7) C’est-à-dire : Il n’y a actuellement, à notre
point de vue humain, de chose avec Dieu ni de jour de création particulière,
pas plus maintenant qu’avant la création du monde.
(8) C’est-à-dire ce que pouvait être ta vie
individuelle séparée de la vie universelle.
(9) Les mots entre parenthèses sont les tentatives
du traducteur pour préciser le sens du texte selon la pensée dominante de
l’auteur. Une traduction (Tarjumah) de l’arabe ou du chinois en une langue
occidentale correspond exactement à un commentaire indigène, dans la langue
même du texte.
(10) Mutasâwi = parallèle.
(11) Wiçâl, qurb, buaud ; termes soufites très fréquents.
Désignant des phénomènes psychologiques, ils s’emploient surtout en morale.
C’est pourquoi ils sont tombés, plus que les autres idées soufites, dans la
vulgarité sentimentale, après avoir perdu leur véritable signification. Il
incombe aux métaphysiciens de rendre le sens primitif aux mots qui désignent
les principes.
(12) Comme un grand artiste transforme un
fait-divers banal en un monument immortel, de même le métaphysicien purifie les
lieux communs en débarrassant la Tradition de la routine.
L'IDENTITÉ
SUPRÊME DANS L’ÉSOTÉRISME MUSULMAN
Abdul Hâdî, La Gnose - Août 1911, n° 8 - deuxième
année
Le Traité de l’Unité
(Risâlatul-Ahadiyah)
par le plus grand des Maîtres spirituels
(Suite et fin)
(Dans notre exemple), Mahmûd n’a jamais rien
perdu. Mohammad n’a jamais vécu (mot à mot : respiré, nafasa) dans Mahmûd,
n’est jamais entré dans lui ou sorti de lui. De même Mahmûd par rapport à
Mohammad. Aussitôt que Mahmûd a connu qu’il est Mahmûd et non Mohammad, il se
connaît, c’est-à-dire il connaît son « proprium », cela par lui-même et non par
Mohammad. Celui-là n’était pas. Comment aurait-il pu informer d’une chose
quelconque ?
Donc, « celui qui connaît » et « ce qui est connu
» sont identiques, de même que « celui qui arrive » et « ce à quoi on arrive »,
« celui qui voit » et « ce qui est vu » sont identiques. « Celui qui sait » est
Son attribut (çifa) ; « Ce qui est su » est Sa substance ou « nature intime »
(dât). « Celui qui arrive » est Son attribut ; « Ce à quoi on arrive » est Sa
substance. Or, la qualité et ce qui la possède sont identiques. Telle est
l’explication de la formule : Celui qui se connaît, connaît son Seigneur. Qui
saisit le sens de cette similitude comprend qu’il n’y a ni union (jonction ou
arrivée) ni séparation. Il. comprend que « Celui qui sait est Lui, et que « Ce
qui est su » est encore Lui. « Celui qui voit » est Lui ; « Ce qui est vu » est
encore Lui. « Celui qui arrive » est Lui ; « Ce à quoi on arrive » dans l’union
est encore Lui. Aucun autre que Lui ne peut se joindre à Lui ou arriver à Lui.
Aucun autre que Lui ne se sépare de Lui. Quiconque peut comprendre cela est
tout à fait exempt de la grande idolâtrie (3)
La plupart des initiés qui croient connaître leur
« proprium » ainsi que leur Seigneur et qui s’imaginent échapper aux liens de
l’existence disent que la Voie n’est praticable ou même visible que par «
l’extinction de l’existence » (El-fanâ) et par « l’extinction de cette
extinction » (Fana-el-fana’i). Ils ne dogmatisent ainsi que parce qu’ils n’ont
point compris la parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. Comme
ils ont voulu remédier à l’idolâtrie (qui résulte de la contradiction) (4), ils
ont parlé tantôt de « l’extinction », c’est-à-dire celle de l’existence, tantôt
de « l’extinction de cette extinction », tantôt de « l’effacement » (El-mahw)
et tantôt de « la disparition » (El-içtilam). Mais toutes ces explications
reviennent à l’idolâtrie pure et simple, car quiconque avance qu’il existe quoi
que ce soit autre que Lui, laquelle chose s’éteint par la suite, ou bien parle
de l’extinction de l’extinction de cette chose, un tel homme, disons-nous, se
rend coupable d’idolâtrie par son affirmation de l’existence présente ou passée
d’un autre que Lui (5). Qu’Allah —que Son nom soit exalté - les conduise, et
nous aussi, dans le vrai chemin.
(Vers :) Tu pensais que tu étais toi. Or tu n’es
pas et tu n’as jamais existé. — Si tu étais toi, tu serais Le Seigneur, le
second de deux ! Abandonne cette idée, — Car il n’y a aucune différence entre
vous deux par rapport à l’existence. — Il ne diffère pas de toi et tu ne
diffères pas de Lui. Si tu dis par ignorance que tu es autre que Lui, Alors tu es d’un esprit grossier. — Lorsque
ton ignorance cesse, tu deviens doux, Car ton union est ta séparation et ta
séparation est ton union. Ton éloignement est une approche et ton approche est
un départ (6). C’est ainsi que tu deviens meilleur. — Cesse de faire des
raisonnements et comprends par la lumière de l’intuition, — Sans quoi t’échappe
ce qui rayonne de Lui (7). Garde-toi bien de donner un partenaire quelconque à
Allah, Car alors tu t’avilis, et cela par la honte des idolâtres.
Si quelqu’un
dit : « Tu prétends que la connaissance de ton « proprium » est la Gnose,
c’est-à-dire la connaissance d’Allah que Son nom soit exalté ; — l’homme est
autre qu’Allah, dût-il connaître son proprium » (8), or, celui qui est autre
qu’Allah comment peut-il arriver jusqu’à Lui ? » la réponse est : « Qui connaît
son « proprium » connaît son Seigneur » (9). Sache que l’existence d’un tel
homme n’est ni la sienne, ni celle d’un autre, mais celle d’Allah (10) (sans
une fusion quelconque de deux existences en une), sans que son existence entre
dans Dieu, sorte de Lui, collatère avec Lui ou réside dans Lui. Mais il voit
Son existence telle qu’elle est (11). Rien n’est devenu qui n’a pas existé
auparavant (12), et rien ne cesse d’exister par un effacement, extinction ou
extinction d’extinction. L’annihilation d’une chose implique son existence
antérieure. Prétendre qu’une chose existe par elle-même signifie croire que
cette chose s’est créée elle-même, qu’elle ne doit pas son existence à la
puissance d’Allah, ce qui est absurde aux yeux et aux oreilles de tous. Tu dois
bien noter que la connaissance que possède celui qui connaît son « proprium »,
c’est là la connaissance qu’Allah possède de Son « proprium », de Lui-même, car
Son « proprium » n’est autre que Lui. Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le
salue — a voulu désigner par « proprium » (nafs) l’existence même. Quiconque
est arrivé à cet état d’âme, son extérieur et son intérieur ne sont autres que
l’existence d’Allah, la parole d’Allah (13) ; son action est celle d’Allah, et
sa prétention de connaître son « proprium » est la prétention à la Gnose,
c’est-à-dire à la connaissance parfaite d’Allah (14). Tu entends sa prétention,
tu vois ses actes, et ton regard rencontre un homme qui est autre qu’Allah
(comme tu te vois toi-même autre qu’Allah), mais cela ne provient que du fait
que tu ne possèdes pas la connaissance de ton « proprium ». Donc, si « le
Croyant est le miroir du croyant » (15), alors il est Lui-même (par sa
substance, ou par son œil) (16), c’est-à-dire par son regard. Sa substance (ou
son œil) est la substance (ou l’œil) d’Allah ; son regard est le regard d’Allah
sans aucune spécification (keifiyah) (17). Cet homme n’est pas Lui selon ta
vision, ta science, ton avis, ta fantaisie ou ton rêve, mais il est Lui selon
sa vision, sa science et son rêve (18). S’il dit : « Je suis Allah », écoute-le
attentivement, car ce n’est pas lui, mais Allah Lui-même qui (par sa bouche)
prononce les mots : « Je suis Allah ». Mais tu n’es pas arrivé au même degré de
développement mental que lui. Si tel était le cas, tu comprendrais sa parole,
tu dirais comme lui et tu verrais ce qu’il voit.
Résumons : l’existence des choses est Son
existence sans que les choses soient. Ne te laisse pas égarer par la subtilité
ou l’ambiguïté des mots, de sorte que tu t’imagines qu’Allah soit créé. Certain
initié a dit : « Le çûfî est éternel », mais il n’a parlé ainsi que depuis que
tous les mystères (lui) ont été dévoilés et que tous les doutes ou
superstitions ont été dispersés. Cependant, cette immense pensée ne peut
convenir qu’à celui dont l’âme est plus vaste que les deux mondes. Quant à
celui dont l’âme n’est qu’aussi grande que les deux mondes, elle ne lui
convient pas (19). Car, en vérité, cette pensée est plus grande que le monde
sensible et le monde hypersensible, tous les deux pris ensemble.
Enfin, sache que « Celui qui voit » et « Ce qui
est vu », que « Celui qui fait exister, et « Ce qui existe », que « Celui qui
connaît » et « Ce qui est connu », que « Celui qui crée », et « Ce qui est créé
», que « Celui qui atteint par la compréhension » et « Ce qui est compris »
sont tous Le-même. II voit Son existence par Son existence, Il la connaît par
elle-même et Il l’atteint par elle-même, sans aucune spécification, en dehors
des conditions ou formes ordinaires de la compréhension, de la vision ou du
savoir. Comme Son existence est inconditionnée, Sa vision de Lui-même, Son
intelligence de Lui-même et Sa science de Lui-même sont également
inconditionnées.
Si quelqu’un demande : « Comment regardez-vous ce
qui est repoussant ou attrayant ? Si tu vois par exemple une saleté ou une
charogne, est-ce que tu dis que c’est Allah ? ». La réponse est : Allah, est
sublime et pur, Il ne peut être ces choses. Nous parlons avec celui qui ne voit
pas une charogne comme une charogne ou une ordure comme une ordure. Nous
parlons aux voyants, et non aux aveugles. Celui qui ne se connaît pas est un
aveugle, né aveugle. Avant que cesse son aveuglement, naturel ou acquis, il ne
peut comprendre ce que nous voulons dire. Notre discours est avec Allah, et non
avec autre que Lui, ou avec des aveugles-nés. Celui qui est arrivé à la station
spirituelle qu’il est nécessaire d’avoir atteint pour comprendre, celui-là sait
qu’il n’y a rien qui existe, hormis Allah. Notre discours est avec celui qui
cherche avec ferme intention et parfaite sincérité à connaître son « proprium »
(au nom) de la connaissance d’Allah — qu’Il soit exalté —lequel, en son cœur,
garde en tout sa fraîcheur la forme (20) dans sa demande et dans son désir
d’arriver à Allah. Notre discours n’est pas adressé à ceux qui n’ont ni
intention ni but.
Si quelqu’un objecte : « Allah — qu’Il soit béni
et saint — a dit : Les regards ne peuvent L’atteindre, mais Lui, Il atteint les
regards (21) ; toi, tu dis le contraire ; où est la vérité ? », la réponse est
: Tout ce que nous avons dit revient à la parole divine : Les regards ne
peuvent L’atteindre, c’est-à-dire ni personne, ni les regards de qui que ce
soit ne peuvent L’atteindre. Si tu dis, qu’il y a dans ce qui existe un autre
que Lui, tu dois convenir que cet autre que Lui puisse L’atteindre. Or, (dans
cette partie de Sa parole arabe) : « les regards ne peuvent L’atteindre »,
Allah avertit (le croyant) qu’il n’y a pas un autre que Lui. Je veux dire qu’un
autre que Lui ne peut L’atteindre, mais celui qui L’atteint, c’est Lui, Allah,
Lui et aucun autre. Lui seul atteint et comprend Sa véritable « nature intime »
(Ed-dât), pas un autre. Les regards ne L’atteignent pas, car ils ne sont autre
chose que Son existence (22).A propos de celui qui dit que les regards ne peuvent l’atteindre, car ils sont créés, et le créé ne peut atteindre l’incréé ou l’éternel, nous disons que cet homme ne connaît pas encore son « proprium » (23). Il n’y a rien, absolument rien, regards ou autres choses, qui existent hormis Lui, mais Il comprend Sa propre existence sans (toutefois) que cette compréhension existe d’une façon quelconque.
(Vers :) « J’ai connu mon Seigneur par mon
Seigneur sans confusion ni doute. — Ma « nature intime » (dât) est la Sienne,
réellement, sans manque ni défaut. Entre nous deux il n’y a aucun devenir (24),
et mon âme est le, lieu où le monde occulte se manifeste. — Depuis que je
connus mon âme sans mélange ni trouble, — Je suis arrivé à l’union avec l’objet
de mon amour sans qu’il y ait plus de distances entre nous, ni longues ni
courtes. — Je reçois des grâces sans que rien descende d’en haut (vers moi),
sans reproches, et même sans motifs. Je n’ai pas effacé mon âme à cause de Lui,
et elle n’a eu aucune durée temporelle pour être détruite après (25).
Si quelqu’un demande. (Tu affirmes l’existence
d’Allah et tu nies l’existence de quoi que ce soit (hormis Lui) ; que sont donc
ces choses que nous voyons ? », la réponse est : Ces discussions s’adressent à
celui qui ne voit rien hormis Allah. Quant à celui qui voit quelque chose
hormis Allah, nous n’avons rien avec lui, ni question ni réponse, car il ne
voit que ce qu’il voit ; tandis que celui qui connaît son « proprium » ne voit
pas autre chose qu’Allah (en tout ce qu’il voit). Celui qui ne connaît pas son «
proprium » ne voit pas Allah, car tout récipient ne laisse filtrer que de son
contenu — Nous nous sommes déjà beaucoup étendu sur notre sujet. Aller plus
loin serait inutile, car celui qui n’est point fait pour voir ne verra pas
davantage (au moyen de nos efforts). Il ne comprendra pas et ne pourra
atteindre la vérité. Celui qui peut voir, voit, comprend et atteint la vérité
(d’après ce que nous avons dit). A celui qui est (hyperçonsciemment) arrivé, il
suffit d’une légère indication pour qu’à cette lumière il puisse trouver la
vraie Voie, marcher avec toute son énergie et arriver au but de son désir, avec
la grâce d’Allah.
Qu’Allah nous prépare à ce qu’Il aime et agrée en
fait de paroles, d’actes de science, d’intelligence, de lumière et de vraie
direction. Il peut tout, et Il répond à toute prière par la juste réponse. Il
n’y a de moyen ou de pouvoir qu’auprès d’Allah, le Très-Haut, l’Immense. Qu’Il
prie sur la meilleur de Ses créatures, sur le Prophète ainsi que sur tous les
membres de sa famille. Amen.
(1) Par la synthèse transformée et vivifiée des
connaissances détaillées et précisables.
(2) Mes manuscrits diffèrent beaucoup les uns des
autres. Dans quelques-uns, je lis : «.... si tu étais Lui ou bien un autre que
Lui ». Ailleurs je trouve : « ... si tu étais Lui ou que Lui était autre que
Lui ». Une troisième catégorie de manuscrits donne : «.... si tu étais Lui ou
que Lui était Lui ». La confusion n’est qu’apparente, car la tradition est,
comme nous le verrons plus tard, qu’Il est la Gnose et que la Gnose est Lui. On
voit Dieu par l’œil de Dieu.
(3) Mot à mot l’idolâtrie de l’idolâtrie,
Shurkus-Shurki.
(4) L’idolâtrie de la bi-existence (le dualisme)
n’a échappé à aucun théologien islamite qui a pensé en arabe. Cette langue est
algébrique, de sorte que l’étude de sa grammaire est, pour ainsi dire,
l’exposition du mécanisme de la pensée. Il est difficile de faire un faux
raisonnement en arabe sans faire des fautes de syntaxe, de lexique ou autres.
La perspicuité de la phrase arabe est la meilleure preuve de la sainteté de
cette langue, c’est-à-dire de sa primordialité ou de son édénisme. Dans le
chinois, et en partie dans le malais, on trouve des choses analogues.
(5) C’est-à-dire : il est dualiste, car il croit à
la bi-existence de ce qui existe.
(6) Fa waçluka hijrun wa hijruka waçlum — Wa
bu’duka qurbun wa qurbuka bu’dun.
(7) Lecture incertaine ; je traduis ce dernier
vers au hasard.
(8) La nuance accentuée vient du traducteur ; mot
à mot, on lit : Celui qui connaît son « proprium » est autre qu’Allah.
(9) L’auteur répond, à son tour, par la formule
dogmatique. Cette attitude dans la discussion est facile à comprendre ici.
(10) C’est-à-dire : il est devenu parfaitement
fataliste. Il connaît sa destinée, c’est-à-dire sa raison d’être dans
l’économie universelle, sa place dans la hiérarchie de tous les êtres. Il
exécute volontairement sa mission cosmique. Il est dans l’obéissance directe,
ce qui donne à son progrès l’harmonie des lignes. Cet abandon à la Volonté
d’Allah est « l’Islam ».
(11) Bihalihi, c’est-à-dire : il voit sa place
dans l’ordre. Maintenant, l’ordre est tel que tout est chacun et chacun est
tout. Chaque place, chaque « détail » comporte tout l’ensemble, et tout l’ordre
se retrouve dans chaque place. C’est pourquoi chaque chose qui est à sa place,
si infime qu’elle soit, représente la totalité. Qui est dans l’ordre est
l’ordre lui-même. Or, Dieu est l’ordre.
(12) Nous considérons ce traité comme la meilleure
exposition de la pensée islamo-sémitique, à cause de sa négation du temps et du
progrès. Sans cette notion, on ne peut rien comprendre de la vivante
immobilité, laquelle, sous différentes nominations, est le principe de l’art,
de la magie, du moral et de l’ésotérisme.
(13) Ailleurs, en d’autres manuscrits, on trouve :
« ... sa parole est la parole d’Allah », ce qui est plus conforme à la
tradition.
(14) Variante : «... sa prétention de connaître
son « proprium » est la prétention divine à Se connaître Soi-même. » Autre
variante : «... sa prétention à la Gnose est la connaissance de son « proprium
».
(15) El-mu’minu mir’atul-mu’mini, célèbre
tradition qui peut s’interpréter de différentes manières, car El-mu’min = le
croyant est aussi un nom d’Allah). On peut lire : le croyant est le miroir du
croyant, ce qui est l’interprétation socialo-morale ; ou : le croyant est le
miroir du Croyant, ce qui est l’idée dans l’ordre psychologique. Celle que nous
avons préférée dans le texte est l’idée dans l’ordre métaphysique.
(16) Biaïnihi ; Aïn = œil, puis source, substance
; s’emploie ordinairement dans le sens de « même », ainsi que les expressions :
binafsihi, bidâtihi, etc.
(17) Mot scolastique tiré de la particule keïf =
comment.
(18) Il est inutile de dire aux lecteurs de La
Gnose qu‘il est Lui selon Sa vision.
(19) Dans le texte : Cette bouchée est pour celui
dont le gosier est plus large que les deux mondes. Elle ne convient pas à celui
dont le gosier n’est qu’aussi grand que les deux mondes.
(20) Çurah, la forme, l’image. J’ai préféré la
forme : 1° pour éviter l’anthropomorphisme autant que possible : 2° parce que
la forme, voire même la formule, a une importance beaucoup plus grande et tient
une place plus élevée en l’Islam qu’ailleurs. Je me propose de développer ce
sujet plus tard.
(21) Qorân, ch. VI, v. 103.
(22) A un certain point de vue, qui cependant
n’est pas le nôtre, on pourrait dire que c’est la matière qui prend conscience
d’elle-même. Un athée qui n’est pas un cynique est, en général, assez bien
préparé pour comprendre la métaphysique de l’Islam.
(23) Variante : « est loin de connaître ».
(24) Donc pas de transsubstantiation,
d’incarnation, etc. Variantes : Hijrân = évasion, émigration ; Haïrân =
étonnement, etc.
(25) Plusieurs variantes, plus obscures les unes
que les autres, surtout à cause du mauvais état des manuscrits qui rend la
lecture incertaine. Quelques manuscrits ont même un verset de plus qui commence
: Wa niltu = je suis arrivé. Le reste est illisible.
Abdul Hâdî Aguéli - L'Identité suprême dans l’ésotérisme musulman (I)
Place Ivan Aguéli à Sala, Suède
Le petit traité que nous voulons traduire est un
des plus intéressants qui existent sur la question. Le texte arabe n’a jamais
été imprimé nulle part, autant que je le sache. Les manuscrits abondent, mais
ils sont rarement exacts et présentent beaucoup de variations du texte
primitif. Celui-ci est donc à restituer, mais ce travail n’offre pas de grandes
difficultés en la circonstance. La pensée dominante est très claire, de sorte
que les différentes rédactions et les nombreuses fautes des copistes ne constituent
aucun obstacle à l’intelligence parfaite du texte. Les seuls points
contestables sont le titre de l’ouvrage et le nom de l’auteur.
L’ouvrage est souvent désigné par : « L’épître de
la connaissance du Seigneur par la connaissance de soi-même ». C’est aussi le
sujet de la dissertation. Autres titres : « Le traité de la connaissance de
soi-même » (La clef de la connaissance (d’Allah) - Kitâbul-Alif - «
Kitâbul-Ajwibah » - « Le traité de Balabâni » (d’après le nom d’un auteur
présumé). Le titre le plus fréquemment employé par les écrivains aussi bien que
par les Derwishes est : « Risâlatul-Ahadiyah », ou l’épitre de l’Unité. C’est
celui-ci que nous avons adopté.
La question de l’auteur ne laisse pas d’être
discutable. Nous pouvons affirmer qu’il s’appelle toujours Mohammad Abd-Allah,
mais cela ne nous avance pas beaucoup. Les manuscrits qui précisent davantage
le nom de l’auteur se divisent en deux catégories : les uns disent que l’auteur
est Mohammad Abu Abd-Allah ibn Ali Mohyiddin ibn Arabi el-Hâtimi et-Tâ'i
el-Andalûsi, surnommé le plus grand des Sheikhs (m. 638 H.). Je suis persuadé
que notre grand Maître est, en effet, l’auteur de cet admirable traité. Le
style l’indique d’une façon assez suffisante. D’autres manuscrits l’attribuent
à un Mohammad ou à un Abd-Allah Balabâni, Bilbâni ou même Balayâni. Quel est ce
Sheikh ? Il y a un Awhadud-Din Abd-Allah el-Balayâni (m. 686 H.). Il se
pourrait aussi que Balabâni soit un surnom kurdo-persan, de Bala = haut, et Bân
= voix. Les savants kurdes ont toujours eu, plus que les autres, une grande
vénération pour Mohyiddin. Balabâni serait donc une paraphrase kurde de
Es-Sheikhul-Akbar = le plus grand des Sheikhs ou Maîtres spirituels. Allah
connaît le mieux la vérité là-dessus.
J'ai entendu dire que quelques manuscrits
attribuent la paternité de ce traité à un des Soyûtis. Il me parait
invraisemblable qu’un pareil ouvrage ait pu sortir d’aucun de ces deux savants,
car il n’est pas un produit d’érudition, mais de maîtrise ésotérique. La
question du véritable auteur reste pourtant ouverte jusqu’à nouvel ordre. Je
suis intimement persuadé que l’auteur en est Mohyiddin ibn Arabi, mais je ne
puis à l’heure actuelle, réfuter scientifiquement une opinion contraire.
J’ai à ma disposition une dizaine de manuscrits,
dont aucun n’est correct, même à peu près. Ma traduction était aux trois quarts
terminée lorsque appris que l’ouvrage à déjà été traduit en anglais, je ne sais
où quand et par qui. Dans tous les cas, il n’en existe aucune traduction
française. Nous ferons suivre la nôtre de la rédaction définitive du texte
quand l’imprimerie arabe de cette revue sera bien installée.
LE TRAITE DE L'UNITE
(Risâlatul-Ahadiyah) par le plus grand des Maîtres
spirituels
Mohyiddin Ibn Arabi
Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux
Nous implorons Son secours.
Gloire à Allah, avant l’Unité (1) duquel il n’y a
pas d'antérieur, si ce n’est Lui qui est ce Premier (2) ; après la Singularité
(3) duquel il n'y a aucun après, si ce n’est Lui qui est ce Suivant (4). A
propos de Lui (5) il n’y a ni avant, ni après, ni haut, ni bas, ni près, ni
loin, ni comment, ni quoi, ni où, ni état, ni succession d’instant, ni temps,
ni espace, ni être (6) : « Il est tel qu’Il était. » - « Il est l’Unique, le
Dompteur » (7) sans (les conditions ordinaires de) l’Unité (8). Il est le
Singulier (9) sans singularité (10). Il n’est pas composé de nom et de nommé,
car le nom est Lui et le nommé est encore Lui (11). Il n’y a pas de nom sauf
Lui. Il n'y a pas de nommé en dehors de Lui. C’est pourquoi il est dit qu'Il
est le nom et le nommé (12). Il est le Premier sans antériorité. Il est le
Dernier sans les conditions ordinaires de la finalité, c’est-à-dire sans
finalité absolue. Il est l’Évident sans extériorité. Il est l’Occulte sans
intériorité. Je veux dire qu’Il est l’existence des « Glyphes » (13) de
l'externe comme Il est l’existence de ceux de l’interne. Il n'y a ni externe ni
interne hormis Lui, et cela sans que ces Glyphes se changent pour devenir Lui,
ou que Lui, Il se change pour devenir ces Glyphes. Il importe de bien
comprendre cet arcane, de peur de tomber dans l’erreur de ceux qui croient aux
incarnations de la Divinité. Il ne se
trouve pas dans quelque chose et aucune chose ne se trouve dans Lui par une
entrée ou une sortie quelconque (14). Il faut le connaître de cette façon, non
par la science, l’intelligence, l’imagination, la sagacité, les sens, la vision
extérieure, la vision intérieure, la compréhension ou le raisonnement. Personne
ne peut Le voir, sauf Lui (-même). Personne ne Le saisit, sauf Lui (-même).
Personne ne Le connaît, sauf Lui (-même). Il Se voit par Lui (-même) (15). Il
Se connaît par Lui (-même). Autre-que-Lui ne peut Le voir. Autre-que-Lui ne
peut Le saisir. Son impénétrable voile est Sa propre Unicité. Autre-que-Lui ne
Le dissimule pas. Son voile est Son existence même. Il est voilé par Son
Unicité d’une façon inexplicable. Autre-que-Lui ne Le voit pas : aucun prophète
envoyé, aucun saint parfait ou ange approché (16). Son prophète est Lui
(-même). Son messager (apôtre) (17) est Lui. Sa missive (apostolat) est Lui. Sa
Parole est Lui. Il a mandé Son ipséité par Lui-même de Lui-même vers Lui-même,
sans aucun intermédiaire ou causalité (extérieure) que Lui-même ! Il n’y a
aucune disparité (de temps, d’espace ou de nature) entre Celui qui envoie,
entre le Message, et le Destinataire de cette missive. Son existence est celle
des Lettres de la prophétie, pas d’autre. Autre-que-Lui n’a pas d’existence (ou
de nominalité), et ne peut donc s'anéantir (n'ayant jamais existé). C’est
pourquoi le Prophète a dit « Celui qui connaît son âme (c’est-à-dire soi-même)
connaît son Seigneur » Il dit encore « J’ai connu mon Seigneur par mon
Seigneur. » Le Prophète d’Allah a voulu faire comprendre par ces mots que tu
n’es pas toi, mais Lui ; Lui et non toi ; qu’Il n'entre pas dans toi et tu
n’entres pas dans Lui ; qu'Il ne sort pas de toi et tu ne sors pas de Lui. Je
ne veux pas dire que tu es ou que tu possèdes telle ou telle qualité. Je veux
dire que tu n’existes absolument pas, et que tu n’existeras jamais ni par
toi-même ni par Lui, dans Lui ou avec Lui. Tu ne peux cesser d’être, car tu
n’es pas. Tu es Lui et Lui est toi, sans aucune dépendance ou causalité. Si tu
reconnais à ton existence cette qualité (c’est-à-dire le néant) alors tu
connais Allah, autrement non.
La plupart des initiés disent que la Gnose, ou la
Connaissance d'Allah vient à la suite du Fanâ el-wujûdi et du Fanâ el-fanâ'i,
c’est-à-dire par l’effet de l’extinction de l’existence et de l’extinction de
cette extinction. Or, cette opinion est tout à fait fausse. Il y a là une
erreur manifeste. La Gnose n’exige pas l’extinction de l’existence (du moi) ou
l’extinction de cette extinction ; car les choses n’ont aucune existence, et ce
qui n’existe pas ne peut cesser d’exister. Dire qu’une chose a cessé d’exister,
qu’elle n’existe plus, équivaut à affirmer qu’elle a existé, qu’elle a joui de
l'existence. Donc, si tu connais ton âme, c’est-à-dire toi-même, si tu peux
concevoir que tu n’existes pas et, partant, que tu ne t’éteins pas, alors tu
connais Allah, autrement non. Attribuer la Gnose au Fanâ et au Fanâ el-fanâ'i est un crédo idolâtre.
Car, si tu attribues la Gnose au Fanâ et au Fana el-fanâ'i, tu prétends
qu’autre-qu’Allah puisse jouir de l’existence. C’est Le nier, et tu es
formellement coupable d’idolâtrie. Le Prophète a dit : « Celui qui connaît son
âme (18) (c’est-à-dire lui-même) connaît son Seigneur. » Il n’a pas dit : «
Celui qui éteint son âme (19) connaît son Seigneur. » Si l’on affirme
l’existence d’un autre, on ne peut plus parler de son extinction, car on ne
doit parler de l’extinction de ce qu’on ne doit affirmer. Ton existence est
néant, et néant ne peut s’ajouter à une chose, temporaire ou non. Le Prophète a
dit : « Tu n’existes pas maintenant, comme tu n’existais pas avant la création
du monde. » Le mot « maintenant » (est pris ici dans son sens de présent
absolu,) signifie l’éternité sans commencement, aussi bien que l’éternité sans
fin. Or, Allah est l’existence de l’éternité sans commencement, et de
l’éternité sans fin, ainsi que la préexistence. Ces trois aspects de l'éternité
sont Lui. (Allah est l’existence de ces trois aspects de l’éternité, sans qu’Il
cesse d’être l’Absolu.) S’il n’en était pas ainsi, Sa Solitude ne serait pas ;
Il ne serait pas sans partenaire. Or, il est d’obligation (rationnelle,
dogmatique et théologique) qu’Il soit seul et sans compagnon aucun.
Son partenaire serait celui qui existerait par
lui-même, non par l’existence d’Allah. Un tel n’aurait pas besoin d’Allah, et
serait, par conséquent, un second Seigneur Dieu, ce qui est impossible. Allah
n’a pas de partenaire, de semblable ou d’équivalent. Celui qui voit une chose
avec Allah, d’Allah ou dans Allah, même en la faisant relever d’Allah par la
Seigneurie (20) rend cette chose partenaire d’Allah, relevant de Lui par la
Seigneurie. Quiconque prétend qu’une chose puisse exister avec Allah (peu
importe que cette chose existe par elle-même ou bien par Lui), qu’elle
s’éteigne de Son existence ou de l’extinction de son existence, un tel homme,
dis-je, est loin d’avoir la moindre perception de la connaissance de son âme et
de soi-même (21). Car celui qui prétend qu’autre-que-Lui puisse exister (peu
importe que ce soit par lui-même ou bien par Lui ou dans Lui), puis disparaisse
et s’éteigne, puis s’éteigne dans son extinction, etc., etc., un tel homme
tourne en un cercle vicieux par l’extinction sur l’extinction indéfiniment.
Tout cela est idolâtrie sur idolâtrie et n’a rien à faire avec la Gnose. Un tel
homme est idolâtre, et il ne connaît rien ni d’Allah ni de lui-même ou de son
âme.
Si l’on demande par quel moyen on arrive à
connaître son « âme » (c’est-à-dire le « proprium » ; soi-même) et à connaître
Allah, la réponse est : La voie vers ces deux connaissances est indiquée par
ces paroles : « Allah était et le néant avec Lui (22). Il est maintenant tel
qu’Il était. » Si quelqu’un dit : « Je vois mon âme (mon « proprium »,
moi-même) autre qu’Allah, et je ne vois pas qu’Allah soit mon âme », la réponse
est : Le Prophète veut dire par le terme « âme » le « proprium », ton existence
(particulière), ce que tu appelles « moi-même », et non pas l’élément psychique
qui s’appelle tantôt « l'âme impérieuse » ou « celle qui pousse
irrésistiblement vers le mal », « l’âme qui reproche », « la rassérénée »,
etc., etc. (23) ; mais il veut dire par « âme » tout ce qui est autre qu’Allah,
comme il a dit : « Fais-moi » voir (ô Dieu !) les choses telles qu’elles sont
», désignant par « les choses tout ce qui n’est pas Allah (qu’Il soit exalté)
». Il a voulu dire : « Fais-moi connaître ce qui n’est pas Toi, afin que je
sache et afin que je connaisse (la vérité sur) les choses, si elles sont Toi ou
bien autre-que-Toi ; sont-elles sans commencement ni fin, ou bien ont-elles été
créées et vont-elles disparaître ? » Alors, Allah lui fit voir que tout ce qui
n’est pas Lui est (l’homme) lui-même, et que tout ce qui n’est pas Lui n’a
aucune existence. Et il vit les choses telles qu’elles sont ; je veux dire
qu’il vit qu’elles étaient la quiddité d'Allah, hors du temps, de l’espace et
de toute attribution (24). Le terme « les choses » peut s’appliquer à l’âme
comme à n’importe quoi. L’existence de l’âme et celle des choses s’identifient
dans l’idée générale de chose (25). Donc, celui qui connaît les choses connaît
son âme, son « proprium », c'est-à-dire lui-même, et celui qui se connaît
soi-même connaît le Seigneur (26). Car ce que tu crois être autre-qu’Allah
n’est pas autre-qu’Allah, mais tu ne le sais pas. Tu Le vois, et tu ne sais pas
que tu Le vois. Du moment que ce mystère a été dévoilé à tes yeux, que tu n’es
pas autre-qu’Allah, tu sauras que tu es le but de toi-même, que tu n’as pas
besoin de t’anéantir, que tu n’as jamais cessé d’être, et que tu ne cesseras
jamais d’exister jamais, comme nous l’avons déjà expliqué. Tous les attributs
d’Allah sont tes attributs (27). Tu verras que ton extérieur est le Sien, que
ton intérieur est le Sien, que ton commencement est le Sien et que ta fin est
la Sienne, cela incontestablement et sans doute aucun. Tu verras que tes
qualités sont les siennes et que ta nature intime est la Sienne, cela sans que
tu sois devenu Lui ou que Lui soit devenu toi, sans (transformation) diminution
ou augmentation quelle qu’elle soit. « Tout périt sauf Sa face » (28), dans
l’extérieur et dans l’intérieur. Cela veut dire qu’il n’existe aucun
autre-que-Lui ; qu’autre-que-Lui n’a aucune existence, mais est fatalement
perdu, de sorte qu’il ne reste que Sa figure ; autrement dit : rien n’est
stable hormis Sa figure (29). (Quelques manuscrits ajoutent : « Partout où vous
vous tournez, vous vous tournez vers la Face de Dieu » : Qôran, II, 109.) Un
exemple : Un homme ignore quelque chose, puis il l’apprend. Ce n’est pas son
existence qui s’est éteinte, mais seulement son ignorance. Son existence reste,
elle n’a pas été changée contre celle d’un autre ; l’existence du savant n’est
pas venue s’ajouter à l’existence de l’ignorant ; il ne s’agit d’aucun mélange
de ces deux existences individuelles ; il n’y a que l’ignorance qui a été
enlevée. Ne pense donc pas qu’il est nécessaire d’éteindre ton existence, car
alors tu te voiles avec cette même extinction, et tu deviens toi-même (pour
ainsi dire) le voile d’Allah (30). Comme maintenant le voile est
autre-qu’Allah, il s’ensuit qu’autre-que-Lui puisse Le vaincre en repoussant
les regards vers Lui, ce qui est une erreur et une méprise grave. Nous avons
dit plus haut que l’unicité et la singularité sont les voiles d’Allah, pas
d’autres. C’est pourquoi il est permis au Wâçil, c’est-à-dire à celui qui est
arrivé à la Réalité (personnelle) (31), de dire : « Je suis le Vrai Divin », ou
bien : « Gloire à moi que ma celsitude est grande ! » Un tel Wâçil n'est pas,
arrivé à un degré aussi sublime sans avoir vu que ses attributs sont les
attributs d’Allah et que son être intime est l’être intime d’Allah, sans aucune
transformation d’attributs ou transsubstantiation d’être intime, sans aucune
entrée dans Allah ou sortie de Lui (ou vice versa). Il voit qu’il ne s’éteint
pas dans Allah et qu’il ne persiste avec Allah non plus. Il voit que son âme
(c’est-à-dire son « proprium ») n’existe pas du tout, non pas comme ayant
existé, puis s’étant éteinte, mais il voit qu’il n’y a ni âme ni existence sauf
la Sienne. Le Prophète a dit : « N’insultez pas au Siècle » (32), car il est
Allah. Il a voulu dire par ces paroles que l’existence du Siècle est
l’existence d’Allah (qu’il soit glorifié et magnifié). Il est trop élevé pour
avoir un partenaire, un semblable ou un équivalent quelconque. Le Prophète dit
dans une tradition Qodsî (33) : « Allah dit : Mon serviteur ! J’étais malade et
tu ne M’as pas visité. J’avais faim, et tu ne M’as pas donné à manger, Je t’ai
demandé l’aumône, et tu l’as refusée. » Il a voulu dire que c’était Lui qui
était le malade et le mendiant. Comme le malade et le mendiant peuvent être
Lui, alors toi et toutes les choses de la création, accidents ou substances,
peuvent aussi être Lui. Quand on découvre l’énigme d’un seul atome, on peut
voir le mystère de toute la création, tant intérieur qu'extérieure. Tu verras
qu’Allah n’a pas seulement créé toutes choses, mais tu verras encore que, dans
le monde invisible aussi bien que dans le monde visible, il n’y a que Lui, car
ces deux mondes n’ont point d’existence propre. (Tu verras) qu’Il n’est pas
seulement leur nom, mais aussi Celui qui (les) nomme et Celui qui est nommé
(par eux), ainsi que leur existence. Tu verras qu’Il n’a pas seulement créé une
chose une fois pour toutes, mais tu verras « qu’Il est tous les jours en l’état
de Créateur sublime » (34), par l’expansion et l’occultation de Son existence
et de Ses attributs en dehors de toute condition intelligible. Car Il est le
Premier et le Dernier, l’Extérieur et l’Intérieur. Il paraît dans Son unité et
Se dissimule dans Sa singularité. Il est le Premier par Sa perséité. Il est le
Dernier par Son éternelle permanence. Il est l’existence des Glyphes du Premier
et du Dernier, de l’Extérieur et de l’Intérieur, comme l’existence de ces
Glyphes est Lui. Il est Son nom ; Il est celui qui est nommé. Comme Son
existence est fatale, logique et dogmatique, de même est fatale la
non-existence de tout autre-que-Lui. Ce que nous pensons être autre-que-Lui
n’est pas, au fond, une bi-existence, car Son existence a Lui signifie qu’une
bi-existence n ’existe pas ; sans quoi cette bi-existence serait Son semblable.
Or, autre-que-Lui n’est pas, car Il est exempt de ce qu’un autre-que-Lui soit
autre-que-Lui. Cet autre est encore Lui sans aucune différence intérieure ou
extérieure. Celui qui est ainsi possède des attributs sans nombre ni fin.
(1)
El-Wahdaniyah.
(2) Qablu.
(3)
El-Fardâniyah.
(4) Baadu
(5) Mot à mot : avec Lui, Maaho
(6) Kawn, l'être changeable, conditionné, temporel.
(7) El-Wâhid, El-Qahhâr.
(8) El-Wâhidiyah.
(9) El-Fard
(10) El-Fardâniyah.
(11) Hôa=11=wh (voir La Gnose, 2e année, n°5, p.
151).
(12) Il est encore le nommant, comme nous le
verrons plus tard en traitant de la Seigneurie divine, Er-Rabbâniyah, ou plus
spécialement ici El-Marbûbiyah.
(13) Hurûf =lettres, c’est-à-dire éléments
spirituels (voir le Sépher ha Zohar)
(14) Autrement dit : Il n’entre en rien et rien
n’entre en Lui ; Il ne sort de rien et rien ne sort de Lui.
(15) Nafsaho, mot à mot : Son âme, c’est-à-dire
Lui-même, Son ipséité.
(16) Ghaïroho.
(17) Qorân,
IV, 170.
(18) Man yaraf
nafsaho.
(19) Man afna nafsaho.
(20) Er-Rubûbiyah ; c’est, au point de vue
exotérique et même piétiste, la glorification.
(21) Mot à mot :.... est loin de sentir le parfum
de la connaissance de l’âme, c’est-à-dire de lui-même.
(22) Voir La Gnose, 1ère année, n° 12, p 270.
(23) L’âme, En-nafs, spn, de la racine nafasa,
respirer, souffler. Ce mot signifie beaucoup de choses en arabe, mais surtout :
(a) Le pronom personnel « même », pour accentuer l’individuel d’un être vivant,
de préférence raisonnable. De la le sens de « proprium » chez les Soufites. On
dit communément nafsânî dans le sens d’égoïste. (b) L’âme vitale, animale ou
humaine, dont l’évolution graduelle à travers sept stations est le but moral du
Derwishisme. Ce sujet a déjà été effleuré par plusieurs orientalistes ; nous y
reviendrons plus tard.
(24) Voir La Gnose, 1ère année, n° 12, p. 272.
(25) Sheyyiyah = « choseté », de Shey = chose.
(26) Sic : Er-rabb ; on devrait dire « son
Seigneur » rabbaho, selon la formule consacrée (voir La Gnose, 2ème année, n°
5, p. 152).
(27) Dans quelques manuscrits, on trouve : Tu
verras que toutes tes actions sont celles d’Allah et que tous Ses attributs
sont les tiens.
(28) Voir La Gnose, 1ère année, n° 12, p. 270.
(29) Ce passage peut s’interpréter, donc se
traduire, de différentes façons, mais le sens traditionnel est que les choses
n’existent que par notre ignorance. Elles disparaissent au fur et à mesure que
notre ignorance diminue. Leur existence étant une illusion, leur disparition
n’est qu’une façon de parler. J’ai voulu expliquer cette idée fondamentale de
l’ésotérisme musulman. dans La Gnose : Pages dédiées au Soleil, 2e année, n° 2,
p. 63, et L'Universalité en l’Islam, 2eme année, n° 4, p. 121. J’ai désigné «
les choses » par « la réalité collective ».
(30) Allah n’est jamais voilé. Il paraît ainsi,
mais c’est une illusion. C’est, l’homme qui est voilé, par lui-même ou par les
autres, de sorte qu’il ne peut voir son Seigneur. Telle est la tradition.
(31) Voir La Gnose, 2ème année, n° 2, Pages
dédiées au Soleil, et n° 4, L’Universalité en l’Islam.
(32) Ed-dahru : voir La Gnose, 2ème année, n° 2,
p. 63.
(33) Les traditions ainsi nommées contiennent ce
qu’Allah a dit directement au Prophète. Le Qorân est la Parole d’Allah, révélée
par l’entremise de l’ange Gabriel.
(34) Qorân, LV, 29.
Lettres d'un maître soufi - Le sheikh Al-'Arabi Ad-Darqâwî - Traduit par Titus Burckhardt - Lettre 51 -" Accomplissez l'oraison, donnez l'aumône et tenez-vous fermement à Dieu, c'est Lui votre Patron, et béni soit ce Patron et ce Protecteur! " -
Traduit par Titus Burckhardt
Lettre 51
J'accomplissais
un matin la prière de l'aube auprès du tombeau du saint Ahmed ben Yusûf (que
Dieu nous fasse profiter
de lui) tout en craignant que les gens de l'endroit ne fassent du mal aux
"pauvres" (foqara), chez qui prédominait
alors un état d'expansion (bast) spirituelle, tandis que le monde, à
cette époque, était plongé dans l'indifférence
à l'égard de Dieu et dans l'injustice; rares étaient les hommes qui défendaient
la cause de Dieu. Or voici qu'un
des "pauvres" accourut apeuré, sans doute pour me dire que ce que je
craignais venait d'arriver. Il me rejoignit au
moment même où je récitais ces paroles: "Accomplissez l'oraison, donnez
l'aumône et tenez-vous fermement à Dieu,
c'est Lui votre patron, et béni soit ce patron et ce protecteur!" (Coran,
XXII, 78). Alors toute la peur qui m'avait envahi
me quitta et fit place à l'espoir et à une grande certitude. Je dis donc à ce
"pauvre" (avant qu'il ne me parlât): "Ce
coup a passé à côté; il n'y aura pas de mal sur nous. Toutefois, raconte-moi ce
qui est arrivé". Sur quoi il me fit savoir
que les gens du village s'étaient concertés pour écrire une lettre dans
laquelle ils accuseraient nos frères les "pauvres"
(que Dieu ait compassion d'eux et de nous-mêmes) d'actes détestables; cette
lettre devait être envoyée au gouverneur
de la région et par lui au sultan même, qui à l'heure était Muhammad ben
'Abd-Allâh ben Ismâ'il al- Hassanî
al-'Alâwî (que Dieu lui soit miséricordieux). Cette nouvelle ne me troubla pas,
je restai tranquille et m'apaisai
en attendant le lever du jour lorsqu'un autre "pauvre" arriva plus
apeuré que le premier, car il avait quitté les
gens fermement décidés à exécuter leur dessein. Il s'en plaignait à moi et me
dit: "Voilà que les gens sont en train de
commettre une grande injustice à l'égard de leurs prochains, et toi tu ne fais
rien pour nous". A quoi je lui répondis:
"Que veux tu que je fasse? Veux-tu que je retourne votre village sens
dessus dessous?"
En disant cela, je fis de la main le geste de renverser quelque chose.
Et voici qu'un homme accourut du village, envoyé par ses habitants
qui tout à l'heure voulaient encore nous faire du tort. Il me dit qu'un messager avait été expédié de la part du pacha 'Abd-aç-Çadiq ar-Rîfi de Tanger vers le gouverneur Ahmed ben Nâcir aI'Ayyâshi à Taza avec une charge de dix quintaux de biens appartenant au sultan mentionné ci-dessus et une somme de soixante-dix mithqâl sur lui; or ce messager avait été attaqué et blessé près du village de sorte que le sang colorait son vêtement, et la charge de biens du sultan ainsi que les biens appartenant au messager avaient disparus. Et celui-ci déclara: "C'est vous qui m'avez fait ce mal car sans votre complicité on n'aurait pas pu me prendre". En entendant cela, les habitants du village pâlirent de peur. J'allai donc vers eux et je les trouvai dans cet état sinon pire. Et nous remerciâmes Dieu de nous avoir sauvés de leur méchanceté et de leur ruse. Salut.
mercredi 27 mars 2013
Apprenons à lire les 99 Noms d' Allâh - Vidéo pour la prononciation
Correction en bas ...
1. الله
2. الأحَد
3. الأعْلَى
4. الأكْرَم
5. الإله
6. الأوَّل
7. الآخِر
8. الظاهِر
9. البَاطِن
10. البارِئ
11. البَرّ
12. البَصِير
13. التَّوَّاب
14. الجَبَّار
15. الحافِظ
16. الحَسِيب
17. الحَفِيظ
18. الحَفِيُّ
19. الحقّ
20. المُبِين
21. الحَكِيم
22. الحَلِيم
23. الحَمِيد
24. الحَيّ
25. القَيُّوم
26. الخَبِير
27. الخَالِق
28. الخَلاّق
29. الرَّؤُوف
30. الرَّحْمَان
31. الرَّحِيم
32. الرَّزَّاق
33. الرَّقِيب
34. السّلام
35. السَّمِيع
36. الشَاكِر
37. الشَّكُور
38. الشَّهِيد
39. الصَّمَد
40. العَالِم
41. العزيز
42. العَظِيم
43. العَفُوّ
44. العَلِيم
45. العَلِيّ
46. الغَفَّار
47. الغَفُور
48. الغَنِيّ
49. الفَتَّاح
50. القَادِر
51. القَاهِر
52. القُدُّوس
53. القَدِير
54. القَرِيب
55. القَوِيّ
56. القَهَّار
57. الكَبِير
58. الكَرِيم
59. اللَّطِيف
60. المُؤمِن
61. المُتَعَالِي
62. المُتَكَبِّر
63. المَتِين
64. المُجِيب
65. المَجِيد
66. المُحِيط
67. المُصَوِّر
68. المُقْتَدِر
69. المُقِيت
70. المَلِك
71. المَلِيك
72. المَولَى
73. المُهَيْمِن
74. النَّصِير
75. الوَاحِد
76. الوَارِث
77. الوَاسِع
78. الوَدُود
79. الوَكِيل
80. الوَلِيّ
81. الوَهَّاب
82. الجَمِيل
83. الجَوَاد
84. الحَكَم
85. الحَيِّي
86. الرَّبّ
87. الرَّفِيق
88. السُّبُّوح
89. السَّيِّد
90. الشَّافِي
91. الطَّيِّب
92. القابِض
93. البَاسِط
94. المُقَدِّم
95. المُؤَخِّر
96. المُحْسِن
97. المُعْطِي
98. المَنَّان
99. الوِتْر
2. الأحَد
3. الأعْلَى
4. الأكْرَم
5. الإله
6. الأوَّل
7. الآخِر
8. الظاهِر
9. البَاطِن
10. البارِئ
11. البَرّ
12. البَصِير
13. التَّوَّاب
14. الجَبَّار
15. الحافِظ
16. الحَسِيب
17. الحَفِيظ
18. الحَفِيُّ
19. الحقّ
20. المُبِين
21. الحَكِيم
22. الحَلِيم
23. الحَمِيد
24. الحَيّ
25. القَيُّوم
26. الخَبِير
27. الخَالِق
28. الخَلاّق
29. الرَّؤُوف
30. الرَّحْمَان
31. الرَّحِيم
32. الرَّزَّاق
33. الرَّقِيب
34. السّلام
35. السَّمِيع
36. الشَاكِر
37. الشَّكُور
38. الشَّهِيد
39. الصَّمَد
40. العَالِم
41. العزيز
42. العَظِيم
43. العَفُوّ
44. العَلِيم
45. العَلِيّ
46. الغَفَّار
47. الغَفُور
48. الغَنِيّ
49. الفَتَّاح
50. القَادِر
51. القَاهِر
52. القُدُّوس
53. القَدِير
54. القَرِيب
55. القَوِيّ
56. القَهَّار
57. الكَبِير
58. الكَرِيم
59. اللَّطِيف
60. المُؤمِن
61. المُتَعَالِي
62. المُتَكَبِّر
63. المَتِين
64. المُجِيب
65. المَجِيد
66. المُحِيط
67. المُصَوِّر
68. المُقْتَدِر
69. المُقِيت
70. المَلِك
71. المَلِيك
72. المَولَى
73. المُهَيْمِن
74. النَّصِير
75. الوَاحِد
76. الوَارِث
77. الوَاسِع
78. الوَدُود
79. الوَكِيل
80. الوَلِيّ
81. الوَهَّاب
82. الجَمِيل
83. الجَوَاد
84. الحَكَم
85. الحَيِّي
86. الرَّبّ
87. الرَّفِيق
88. السُّبُّوح
89. السَّيِّد
90. الشَّافِي
91. الطَّيِّب
92. القابِض
93. البَاسِط
94. المُقَدِّم
95. المُؤَخِّر
96. المُحْسِن
97. المُعْطِي
98. المَنَّان
99. الوِتْر
1. الله Allâh => Allâh
2. الأحَد al-Ahad => l'Unique
3. الأعْلَى al-A'lâ => le plus Haut
4. الأكْرَم al-Akram => le plus Généreux
5. الإله al-Ilâh => le Dieu
6. الأوَّل al-Awwal => le Premier
7. الآخِر al-Aakhir => le Dernier
8. الظاهِر az-Zâhir => l'Apparent
9. البَاطِن al-Bâtin => le Caché
10. البارِئ al-Bâri =>le Créateur (celui qui donne forme à ce qu'il a conçu et déterminé)
11. البَرّ al-Barr => le Bienfaisant
12. البَصِير al-Basîr => le trés Voyant
13. التَّوَّاب at-Tawwaab =>le Pardonnant(celui qui accepte sans cesse le repentir)
14. الجَبَّار al-Jabbaar => le trés Imposant
15. الحافِظ al-Hâfidh=> le Bienveillant
16. الحَسِيب al-Hasîb => le Comptable
17. الحَفِيظ al-Hafîz => le trés Bienveillant
18. الحَفِيُّ al-Hafiyy => le trés Bien Renseigné
19. الحقّ al-Haqq => le Vrai
20. المُبِين al-Mubîn => l'Evident
21. الحَكِيم al-Hakîm => le trés Sage
22. الحَلِيم al-Halîm => le trés Doux
23. الحَمِيد al-Hamîd => le trés Loué
24. الحَيّ al-Hayy => le Vivant
25. القَيُّوم al-Qayyûm => le Subsistant (celui qui subsiste lui même et par qui tout subsiste)
26. الخَبِير al-Khabîr => le trés bien Informé
27. الخَالِق al-Khâliq=> le créateur (Celui qui conçoit et détermine)
28. الخَلاّق al-Khallâq => l'Infini Créateur
29. الرَّؤُوف ar-Ra'oûf => le trés Clément
30. الرَّحْمَان ar-Rahmân => l'Infini Miséricordieux
31. الرَّحِيم ar-Rahîm => le trés Misericodieux
32. الرَّزَّاق ar-Razzâq => l' Infini Pourvoyeur
33. الرَّقِيب ar-Raqîb => le trés Observateur
34. السّلام as-Salâm => le Pacifique
35. السَّمِيع as-Samî'=> le trés Entendant
36. الشَاكِر ash-Shâkir => le Reconnaissant
37. الشَّكُور ash-Shakoûr => le trés Reconnaissant
38. الشَّهِيد ash-Shahîd => le Grand Témoin
39. الصَّمَد as-Samad => le Nécessité
40. العَالِم al-'Aalim => le Savant
41. العزيز al-'Azîz => le trés Puissant
42. العَظِيم al-'Azîm => l'Immense
43. العَفُوّ al-'Afuww => le trés Indulgent
44. العَلِيم al-'Alîm => le trés Savant
45. العَلِيّ al-'Aliyy => le trés Haut
46. الغَفَّار al-Ghaffâr => l'Infini Pardonnant
47. الغَفُور al-Ghafoûr => le trés Pardonnant
48. الغَنِيّ al-Ghaniyy => le trés Riche (celui qui ne manque de rien)
49. الفَتَّاح al-Fattâh => l'Illustre Juge
50. القَادِر al-Qâdir => le Puissant
51. القَاهِر al-Qâhir => le Dominateur
52. القُدُّوس al-Quddoûs => le trés Sanctifié
53. القَدِير al-Qadîr => le trés Puissant
54. القَرِيب al-Qarîb => le trés Proche
55. القَوِيّ al-Qawiyy => le trés Fort
56. القَهَّار al-Qahhâr => le Dominateur Absolu
57. الكَبِير al-Kabîr => le trés Grand
58. الكَرِيم al-Karîm => le trés Généreux
59. اللَّطِيف al-Latîf => le Subtil
60. المُؤمِن al-Mu'min => l'Apaisant (ou le confiant)
61. المُتَعَالِي al-Muta'âlî => le Sublime
62. المُتَكَبِّر al-Mutakabbir => le Magnifié
63. المَتِين al-Matîn => le trés Ferme
64. المُجِيب al-Mujîb => l'Exauceur
65. المَجِيد al-Majîd => le trés Glorieux
66. المُحِيط al-Muhît => Celui dont la science et le pouvoir embrassent toute chose
67. المُصَوِّر al-Musawwir => le Façonneur
68. المُقْتَدِر al-Muqtadir => le tout Puissant
69. المُقِيت al-Muqît => le Vigilant
70. المَلِك al-Malik => le Possesseur
71. المَلِيك al-Malîk => le Possesseur Absolu
72. المَولَى al-Mawlâ => Le Protecteur
73. المُهَيْمِن al-Muhaymin => le Dominateur Suprême
74. النَّصِير an-Nasîr => le Grand Défenseur
75. الوَاحِد al-Wâhid => l'Unique
76. الوَارِث al-Wârith => l'Héritier
77. الوَاسِع al-Wâsi' => l'Ample
78. الوَدُود al-Wadoûd => l'Affectueux
79. الوَكِيل al-Wakîl=> le trés Confiant
80. الوَلِيّ al-Waliyy => le Maître (l'Ami,l'Allié)
81. الوَهَّاب al-Wahhâb => le Donateur grâcieux
82. الجَمِيل al-Jamîl => le trés Beau
83. الجَوَاد al-Jawâd => le Donateur trés Généreux
84. الحَكَم al-Hakam => le Juge Equitable
85. الحَيِّي al-Hayyiyy => Le Pudique
86. الرَّبّ ar-Rabb => le Seigneur
87. الرَّفِيق ar-Rafîq => l'Accompagnant
88. السُّبُّوح as-Subboûh => le Sanctifié
89. السَّيِّد as-Sayyid => le Maître
90. الشَّافِي ash-Shâfî => le Guérisseur
91. الطَّيِّب at-Tayyib => l' Infiniment Bon
92. القابِض al-Qâbid => Celui qui Empoigne
93. البَاسِط al-Bâsit
94. المُقَدِّم al-Muqaddim => Celui qui se place au Début
95. المُؤَخِّر al-Mu'akhkhir => Celui qui se place à la Fin
96. المُحْسِن al-Muhsin => le Bienfaiteur
97. المُعْطِي al-Mu'tî => le Donateur
98. المَنَّان al-Mannân => l'Excellent Donateur
99. الوِتْر al-Witr => l' Impair
2. الأحَد al-Ahad => l'Unique
3. الأعْلَى al-A'lâ => le plus Haut
4. الأكْرَم al-Akram => le plus Généreux
5. الإله al-Ilâh => le Dieu
6. الأوَّل al-Awwal => le Premier
7. الآخِر al-Aakhir => le Dernier
8. الظاهِر az-Zâhir => l'Apparent
9. البَاطِن al-Bâtin => le Caché
10. البارِئ al-Bâri =>le Créateur (celui qui donne forme à ce qu'il a conçu et déterminé)
11. البَرّ al-Barr => le Bienfaisant
12. البَصِير al-Basîr => le trés Voyant
13. التَّوَّاب at-Tawwaab =>le Pardonnant(celui qui accepte sans cesse le repentir)
14. الجَبَّار al-Jabbaar => le trés Imposant
15. الحافِظ al-Hâfidh=> le Bienveillant
16. الحَسِيب al-Hasîb => le Comptable
17. الحَفِيظ al-Hafîz => le trés Bienveillant
18. الحَفِيُّ al-Hafiyy => le trés Bien Renseigné
19. الحقّ al-Haqq => le Vrai
20. المُبِين al-Mubîn => l'Evident
21. الحَكِيم al-Hakîm => le trés Sage
22. الحَلِيم al-Halîm => le trés Doux
23. الحَمِيد al-Hamîd => le trés Loué
24. الحَيّ al-Hayy => le Vivant
25. القَيُّوم al-Qayyûm => le Subsistant (celui qui subsiste lui même et par qui tout subsiste)
26. الخَبِير al-Khabîr => le trés bien Informé
27. الخَالِق al-Khâliq=> le créateur (Celui qui conçoit et détermine)
28. الخَلاّق al-Khallâq => l'Infini Créateur
29. الرَّؤُوف ar-Ra'oûf => le trés Clément
30. الرَّحْمَان ar-Rahmân => l'Infini Miséricordieux
31. الرَّحِيم ar-Rahîm => le trés Misericodieux
32. الرَّزَّاق ar-Razzâq => l' Infini Pourvoyeur
33. الرَّقِيب ar-Raqîb => le trés Observateur
34. السّلام as-Salâm => le Pacifique
35. السَّمِيع as-Samî'=> le trés Entendant
36. الشَاكِر ash-Shâkir => le Reconnaissant
37. الشَّكُور ash-Shakoûr => le trés Reconnaissant
38. الشَّهِيد ash-Shahîd => le Grand Témoin
39. الصَّمَد as-Samad => le Nécessité
40. العَالِم al-'Aalim => le Savant
41. العزيز al-'Azîz => le trés Puissant
42. العَظِيم al-'Azîm => l'Immense
43. العَفُوّ al-'Afuww => le trés Indulgent
44. العَلِيم al-'Alîm => le trés Savant
45. العَلِيّ al-'Aliyy => le trés Haut
46. الغَفَّار al-Ghaffâr => l'Infini Pardonnant
47. الغَفُور al-Ghafoûr => le trés Pardonnant
48. الغَنِيّ al-Ghaniyy => le trés Riche (celui qui ne manque de rien)
49. الفَتَّاح al-Fattâh => l'Illustre Juge
50. القَادِر al-Qâdir => le Puissant
51. القَاهِر al-Qâhir => le Dominateur
52. القُدُّوس al-Quddoûs => le trés Sanctifié
53. القَدِير al-Qadîr => le trés Puissant
54. القَرِيب al-Qarîb => le trés Proche
55. القَوِيّ al-Qawiyy => le trés Fort
56. القَهَّار al-Qahhâr => le Dominateur Absolu
57. الكَبِير al-Kabîr => le trés Grand
58. الكَرِيم al-Karîm => le trés Généreux
59. اللَّطِيف al-Latîf => le Subtil
60. المُؤمِن al-Mu'min => l'Apaisant (ou le confiant)
61. المُتَعَالِي al-Muta'âlî => le Sublime
62. المُتَكَبِّر al-Mutakabbir => le Magnifié
63. المَتِين al-Matîn => le trés Ferme
64. المُجِيب al-Mujîb => l'Exauceur
65. المَجِيد al-Majîd => le trés Glorieux
66. المُحِيط al-Muhît => Celui dont la science et le pouvoir embrassent toute chose
67. المُصَوِّر al-Musawwir => le Façonneur
68. المُقْتَدِر al-Muqtadir => le tout Puissant
69. المُقِيت al-Muqît => le Vigilant
70. المَلِك al-Malik => le Possesseur
71. المَلِيك al-Malîk => le Possesseur Absolu
72. المَولَى al-Mawlâ => Le Protecteur
73. المُهَيْمِن al-Muhaymin => le Dominateur Suprême
74. النَّصِير an-Nasîr => le Grand Défenseur
75. الوَاحِد al-Wâhid => l'Unique
76. الوَارِث al-Wârith => l'Héritier
77. الوَاسِع al-Wâsi' => l'Ample
78. الوَدُود al-Wadoûd => l'Affectueux
79. الوَكِيل al-Wakîl=> le trés Confiant
80. الوَلِيّ al-Waliyy => le Maître (l'Ami,l'Allié)
81. الوَهَّاب al-Wahhâb => le Donateur grâcieux
82. الجَمِيل al-Jamîl => le trés Beau
83. الجَوَاد al-Jawâd => le Donateur trés Généreux
84. الحَكَم al-Hakam => le Juge Equitable
85. الحَيِّي al-Hayyiyy => Le Pudique
86. الرَّبّ ar-Rabb => le Seigneur
87. الرَّفِيق ar-Rafîq => l'Accompagnant
88. السُّبُّوح as-Subboûh => le Sanctifié
89. السَّيِّد as-Sayyid => le Maître
90. الشَّافِي ash-Shâfî => le Guérisseur
91. الطَّيِّب at-Tayyib => l' Infiniment Bon
92. القابِض al-Qâbid => Celui qui Empoigne
93. البَاسِط al-Bâsit
94. المُقَدِّم al-Muqaddim => Celui qui se place au Début
95. المُؤَخِّر al-Mu'akhkhir => Celui qui se place à la Fin
96. المُحْسِن al-Muhsin => le Bienfaiteur
97. المُعْطِي al-Mu'tî => le Donateur
98. المَنَّان al-Mannân => l'Excellent Donateur
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