jeudi 22 septembre 2011

Biographie de Sidi Ahmed Zarrouqq

traduit par Al fûqaraa l'équipe du site Soufisme-fr.com.

                                                 Tombeau de Sidi Ahmed Zarrouqq à Masrata (Lybie)


Naissance et évolution

Ahmed Zerrouk est né à Fès, au Maroc, un jeudi à l’aube du 28 muharram en l’an 846 de l’hégire. Ses parents moururent alors qu’il était encore un enfant. Il fut élevé par sa grand-mère qui veilla sur son éducation. Ainsi l’emmenait – elle avec elle au conseil (majliss) de son chaykh, le bon savant Abou Ahmed Al Aâbdouss chaque fois qu’elle s’y rendait en compagnie de ses sœurs Fatima et Oum Hani. C’est comme si elle voulait par ce fait que son petit fils s’abreuve de la quintessence du Fiqh et du savoir. Ce qui lui favorisa une évolution harmonieuse du corps, de l’âme, de l’esprit et de la raison. Il grandit dans l’attachement au savoir et à la science, influencé par un environnement érudit et sain. A peine a-t-il atteint l’âge de seize ans qu’il apprît et maîtrisât l’essentiel du monothéisme (attawhid) et du Fiqh par amour de la science et de la connaissance. Il a étudié les sciences de la chariâa des grands savants de Fès en la matière. Puis il aspira aux voyages en quête de science et pour mieux approfondir les sciences de la chariâa ;


Ses voyages



Il partit pour la Tunisie et entra à Zaïtouna où il étudia et apprit des oulémas de Tunis. Par la suite il se dirigea vers la Mecque des oulémas et l’attraction des regards de tous les Fouqaha : AL Azhar Al sharif. Il s‘est rendu en Egypte et resta à Al Azhar pendant sept ans, s’abreuvant de ses sources et apprenant de ses oulémas aussi bien en sciences qu’en pratique : fiqh, exégèse, hadith, monothéisme, soufisme, apprentissage du comportement et étique, adoration et piété, autant qu’il acquiert le savoir et autres….
Saisi par la passion des prieurs et la nostalgie des pieux, il partit en pèlerinage aux lieux saints. Il retourna par la suite à la ville de Fès où il diffusa ce qu’il a appris, par fidélité à son pays d’origine et son lieu de naissance. Mais il fut jalousé comme toute personne possédant un quelconque bien,… Ainsi fut-il l’objet d’un complot fomenté par des méchants. Son chayk Zeïtouni lui conseilla de quitter la ville de Fès pour l’Egypte où il demeura un laps de temps et s’y consacra aux sciences du soufisme. Il apprit que le savoir et l’apprentissage n’ont d’intérêt ni de but que s’ils montrent la voie à leur acquéreur et le guider vers la bonne conduite. Il a compris et a eu la conviction que le fruit du savoir et du travail ainsi que le plus haut degré à atteindre par des apprentis, est de conduire au degré de l'excellence de la foi et du comportement (al-ihsân) qui fut mis en évidence dans le hadith réputé de Gabriel au sujet des rangs dans l’Islam, de la foi et d’al-ihsân ; et il a transformé le hadith du prophète (prière de Dieu et paix soient sur lui) en acte et a perçu le véritable soufisme exempt de l’exagération et de l’insuffisance loin des danses, des innovations insolites (bidaâ), des légendes et des chimères.
Quand le moment était venu pour s’établir, et de s’isoler en ermite pour se consacrer à ses prières et à sa piété, le chaykh s’est installé à Oujla à quelques 400 kilomètres de la ville de Benghazi. L’empreinte du passage du Chaykh est apparente à nos jours, en témoigne une mosquée, monument historique où il fut imam. Le toit de cette mosquée se distingue par son architecture singulière en harmonie avec la nature du sahara. Certains habitants de cette oasis ignorent tout sur le savoir du Chaykh Zerrouk. Mais ils connaissent le saint (wali) à qui on attribue quelques prodiges souvent exagérés. Ceci dénote de l’ignorance de nos concitoyens qui ne savent rien de son savoir ni de son fiqh. ;
Il conclut ses déplacements et s’établit, en fin de compte, à Masrata qui se situe à l’Est de la ville de Tripoli à 200 kilomètres du littoral.


Ses maîtres spirituels (chouyoukhouhou)


Chaykh Zerrouk a côtoyé un nombre important de personnes bénies. Parmi elles on peut citer des faquih et savants dont Al Qouri et le grand Al Majjassi qui lui apprirent le Coran selon la lecture de Nafiâ Al Madani. Les deux chaykhs Ali Assatta et Abdallah Al Fakhar qui lui enseignèrent la « Lettre » (Arrissala) de Abi Zaïd Al Kaïrawani dans le fiqh malikite en lecture, recherche et vérification. On peut citer aussi le cheikh Abderrahmane Al Majdouli qui lui apprit « la lettre sacrée » (arrissala Al Qoudsyia) et les « croyances d’ Attawsi en soufisme et en monothéisme » (aâqa’id Attawsi fittassawoufi wa ttawhid).
Le Chaykh a signalé qu’il a appris d’Al Fawri quelques « illuminations » (tanwir) et a beaucoup écouté chez lui Sahih Al Boukhari. Il a pris connaissance de toutes « les règles mineures d’abdel Haq » (Ahkam Abdel Haq assoughra), du « collectif de Tharmidhi » (jamî Attharmidhi) et puisé dans les enseignements des maîtres spirituels dont les maghrébins ont appris la connaissance…..quant aux orientalistes, on peut citer Annour Assanhouri, Al Hafidh Addamiri et Al Hafidh Assakhawi qui a dit dans son livre « la lumière qui brille » (Addaw’e Allamiê) au sujet du chaykh Zerrouk : « il est resté une année chez Al Jorji et autres, persévérant dans l’étude de l’arabe et des origines et a étudié chez lui « l’atteinte des aspirations » (Boulough al maram) et a fait des recherches dans les terminologies (al moustalahat) jusqu’à ce qu’il m’ait rencontré à la Mecque en l’an 894 de l’hégire alors qu’il a déjà acquis des suiveurs, des sympathisants et a eu des écrits ».



Ses disciples



Parmi ses disciples on peut compter : - l’imam Al Qastalani qui a puisé de son savoir et qui a écrit entre autres « le guide du randonneur dans l’explication de Sahih Al Boukhari » (Irchad Assari fi charhi Sahihil Boukhari) ; - -Al Hattab Al Kabir qui a expliqué « les brèves de Khalil et Alkharroubi Assaghir » ( Moukhtassar Khalil wal Kharroubi Assaghir) ; - Zineddine du pays d’Alhijaz qui résidait à la Mecque ; - Le chaykh Abdel Wahab Achchaârani, l’auteur de « la mesure dans le fiqh » (Al mîzane fil fiqh) ; - Al Aârif Billah Chaykh Abdessalam Al Asmar Al Fitouri de Libye résidant à Zliten ; - Les frères Chamsouddine et nassirouddine Allaqqani qui l’ont suivi comme son ombre après avoir quitté leur pays et émigré pour vivre avec lui à Masrata.


Son Œuvre


Chaykh Zerrouk a déployé tous ses efforts pour dispenser les sciences de la Chariaâ et la purifier de tout ce qui aurait pu l’entacher de bizarrerie et d’extravagance. Celui qui eut pris connaissance de la liste de ses écrits, comprendrait que cet homme est considéré comme un cercle de connaissances islamiques et comme une encyclopédie scientifique. Il se référait à une large bibliographie à un moment où les livres étaient encore manuscrits. Il fut un critique expert expliquant beaucoup de trésors ; Il se caractérise par une longue halène dans le domaine de la recherche, fut connaisseur en classification et méthodologie comme s’il avait étudié la science de la recherche et l’art de composer. Il luttait contre les innovations malsaines (al bidaâ) dans le style du missionnaire en expert dans les causes de l’innovation malsaine et de son remède.


Certains de ses écrits imprimés

- Explication de la lettred’Ibn Abi Zaïd : Plus Explication d’Ibn Naji. Plusieurs savants se sont basés sur cet écrit et l’ont complimenté. Parmi eux on peut citer Al Aâdaoui. - Explication des « sagesses donatrices » (Al Hikam Al Aâta’iya) : imprimé et corrigé ; - - « Conseil suffisant à celui que Dieu a distingué par la bonne santé » (Annassiha Al Kafiya Liman KHassahou llahou bil Aâfiya) ; - « la litanie Zerrouki » (al Wadifa Azzerroukia) : Elle comprend certaines idées Et dispose de l’égard de beaucoup d’écrivains et éditeurs ; - « Les règles du soufisme » (qawa’id attasawouf) ;


Les livres manuscrits


Ils sont nombreux, se débattent contre les mites comme c’est le cas de beaucoup de manuscrits islamiques qui n’ont pas bénéficié de l’attention qu’ils méritent de la part d‘écrivains et chercheurs, ni de la part des maisons d’édition dans notre pays. Je souhaite que Dieu attache à ces manuscrits quelqu’un qui les sortira à la lumière pour qu’on ait une bibliothèque islamique coranique spéciale. Hélas, même les livres produits par nos savants et qui ont été imprimés ont déserté nos bibliothèques parce que les maisons d’éditions ne les ont pas réédités. Alors que bons nombres d’écrits en langage futile et recueils de poésie d’un style lourd ou roman menaçant la morale et la bonne conduite et des écrits incitant à la débauche et à l’effondrement social sont publiés dans des formes attrayantes.
Cependant, combien de perles sont enfouies au fond de la mer ! Combien d’or est enseveli au sein de la terre ! Combien de poissons émergeant sont exposés à la surface malgré leur puanteur et que de charognes sur terre nuisent aux gens ! Il n’y a de force et de puissance que par Dieu tout puissant ;
La moindre des choses que nous devrions faire pour rendre hommage à notre Chaykh serait de citer certains de ses manuscrits :
-
Les formalités du pèlerinage dans le fiqh ; - Charh Al Qatabyia dans le fiqh ; - « Explication des particules et des vérités de Tlemsani » (charhouddaka’ik wal haka’iq littalamsani) ; - « Explication de la waghsilyia » ; - « Commentaire sur Al Boukhari » (taâliq âalal Boukhari) ; - « Commentaire sur Mouslim » (taâliq âala Mouslim) ; - « explication du Bref de Khalil » (charh moukhtassar Khalil) ; - « les innovations et les nouveautés » (al bidaâ wal hawadith) ; - « La science de la terminologie du hadith » (îlm moustalahil Hadith) ; - et autres….

Conclusion


Après ses actes d’ascétisme, de prières, de travail, de notoriété, de recherche et de déplacements, le temps est venu pour que l’âme du pieux Faqih monte au ciel. Il est décédé en l’an 899 de l’hégire dans la région de Zerrouk. que Dieu le prenne en sa miséricorde. Il est mort à Masrata où il est enterré et son tombeau est connu à nos jours… Que Dieu le récompense pour l’Islam et le fiqh islamique.

traduit par le frère Baraka

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