mardi 26 mars 2013

Lettres d'un maître soufi - Le sheikh Al-'Arabi Ad-Darqâwî - Traduit par Titus Burckhardt - Lettre 50 - Sur la miséricorde



Bismillah Al-Rahman Al-Rahim   - بسم الله الرحمن الرحيم.                                         
                                                         17e siècle, origine inconnue (huppe)




Traduit par Titus Burckhardt
Lettre 50



J'étais à Fès au temps de la disette et je faisais la quête de boutique en boutique. C'était la saison du dénuement, de la pluie, du froid, de la fange, de la faim et de l'obscurité, et ma famille m'attendait comme une nichée d'oiselets affamés.

Et voici qu'un noble (sherti) parmi les gens rassasiés m'insulta et me disputa parce que je mendiais, en me suivant de boutique en boutique partout où je me dirigeais, jusqu'à la tombée de la nuit. La nuit enfin nous sépara, chacun rentrant chez lui. La lueur de l'aube n'étais pas encore apparue lorsqu'un homme vint me trouver de la part du père de ce noble et me dit: "Un tel s'excuse de te déranger et te fait dire: veuille par amour de Dieu assister avec les pauvres (foqarâ) à l'enterrement de mon fils, que Dieu lui soit miséricordieux." Nous nous rendîmes donc à son enterrement. Dieu lui soit miséricordieux ainsi qu'à nous. Salut 1 .

1 On peut se demander pourquoi le sheikh ad-Darqâwî raconte, vers la fin de son recueil de lettres, un certain nombre d'événements miraculeux le concernant. Sans doute voulait-il montrer par là que les grâces inhérentes à la voie n'étaient pas moins efficaces qu'au temps des grands Soufis du moyen âge.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...